Air Cocaïne : un Narbonnais parmi les 4 Français condamnés à 20 ans de prison

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Écrit par Valérie Luxey
Le Narbonnais Alain Castany risque 20 ans de prison pour trafic de drogue en République Dominicaine.
Le Narbonnais Alain Castany risque 20 ans de prison pour trafic de drogue en République Dominicaine. © ERIKA SANTELICES / AFP

L'Audois Alain Castany fait partie des 4 Français condamnés ce vendredi à 20 ans de prison pour trafic de drogue en République Dominicaine. L'homme d'affaires avait été appréhendé après la saisie de 680 kilos de cocaïne dans l'avion dans lequel il voyageait, en mars 2013.

L'homme d'affaires narbonnais Alain Castany (69 ans) figure parmi les 4 Français condamnés à 20 ans de prison dans l'affaire dite Air Cocaïne. Les 4 hommes ont été reconnus coupables par la justice de la République Dominicaine de "crime d'association en vue de posséder des drogues illicites". Les délibérations ont duré 10 heures et depuis l'annonce du jugement, les réactions se multiplient.

Des peines différentes pour une même accusation

Car à l'inverse, sur les 10 Dominicains poursuivis pour complicité, 6 ont été acquittés, 4 autres ont écopé de peines allant de 5 à 10 ans de prison. Dans leurs plaidoiries, les avocats des Français avaient tous demandé leur acquittement, alléguant que rien ne prouvait qu'ils savaient que de la drogue se trouvait à bord de leur avion.

Retour sur l'affaire "Air Cocaïne"

Dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, la police dominicaine, renseignée notamment par les Etats-Unis, avait intercepté, sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana (Est du pays), un Falcon 50. A son bord, ils avaient découvert 26 valises contenant 680 kilos de cocaïne. Les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, le passager Nicolas Pisapia et l'Audois Alain Castany, soupçonné d'avoir affrété l'avion, comparaissaient libres après 15 mois de détention provisoire dans un quartier de haute sécurité. Ils le resteront jusqu'à ce que la sentence soit définitive, mais ne pourront pas quitter la République Dominicaine.

Des Français qui clament leur innocence

Car dès l'énoncé de la sentence, l'avocate des pilotes, Maître Maria Elena Gratereaux, a annoncé qu'elle ferait appel. Nicolas Pisapia en a fait de même, tandis qu'Alain Castany a quitté la salle immédiatement après la lecture de la décision de justice.
Dénonçant les accusations portées par le procureur Milciades Guzman, le Narbonnais s'était auparavant exclamé : "Après 2 ans, je n'ai entendu que des mensonges dans la bouche du ministère public".
Les 4 hommes ont toujours clamé leur innocence, Bruno Odos parlant de "cauchemar", Pascal Fauret (56 ans, 4 enfants), évoquant "une triple catastrophe professionnelle, économique et familiale". Leurs familles se sont déclarées très "choquées".

Réactions multiples

Ce samedi, le Quai d'Orsay a assuré "continuer à leur assurer une protection consulaire active". Dans un communiqué, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires Etrangères a qualifié de "très lourde" la peine prononcée, ajoutant que le gouvernement allait "suivre cette affaire avec la plus grande attention", mais soulignant aussi que leur condamnation n'était "toutefois pas définitive".
Le sénateur Olivier Cadic (UDI), représentant les Français de l'étranger, a déploré la sentence, critiquant "l'acharnement du procureur" et assurant que "le Ministère Public n'a jamais pu démontrer l'implication ou la complicité" des 4 Français".
C'est oublier qu'en France, une enquête a également été ouverte après l'interception de l'avion en République dominicaine.

Une enquête en France

Dès janvier 2013, les gendarmes étaient sur la piste de "comportements suspects" de passagers d'un Falcon 50 ayant atterri un mois plus tôt en France, à Saint-Tropez. Le 9 décembre 2012, un douanier en poste à Toulon (Var), était allé accueillir l'avion. A son bord : Pascal Fauret, Bruno Odos et Nicolas Pisapia.
Il avait fait entrer sur le tarmac 2 véhicules qui avaient emporté 10 valises déchargées de l'appareil. Selon les enquêteurs, 2 autres déchargements identiques avaient eu lieu en 2012. Un autre aurait été prévu pour le 18 mars 2013. Mais la défense des Français a fait feu de tout bois pour que ces faits ne soient pas utilisés par l'accusation durant le procès.

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