Incendies de forêts : "il y a urgence", un enjeu majeur pour deux députés

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Écrit par Armelle Goyon .

" Il y a urgence ! " déclare Alain Péréa, député de l'Aude. La prochaine législature devra faire une priorité des incendies de forêt, de plus en plus menaçants à cause du changement climatique, avec notamment une profonde réforme des règles d'urbanisme, selon les conclusions d'une mission qu'il a conduit avec son collègue François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône.

  " Notre pays n'est pas à l'abri de subir un méga-feu", a souligné Alain Péréa  député LREM de l' Aude, en présentant les conclusions de cette "mission d'information flash" (de courte durée). 

Ainsi, l'incendie qui a fait mi-août deux morts et dévasté 7.000 hectares de végétation sur la Côte d'Azur aurait pu dégénérer en un sinistre comparable à ceux ayant ravagé récemment les Etats-Unis ou d'autres pays méditerranéens comme la Grèce, a relevé son co-auteur, François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône.   

Il y a urgence. On craint surtout des mégas-feux. Le nombre d'incendies en France est stable, mais il y a un danger de très grands feux, de 10 000 à 15 000 hectares,  que les pompiers ne pourraient pas maîtriser . Le réchauffement climatique et la déprise agricole en sont l'unes des causes . On voit maintenant des feux de champs de blé fauché qui suivent des ruisseaux et vont jusqu'aux portes des villages ,"  explique Alain Péréa. 

Des sécheresses plus sévères et plus longues favorisent en effet le déclenchement de sinistres et augmentent la végétation sèche servant de combustible.  Et le département de l 'Aude est loin d'être à l'abri de ce phénomène . 

L'Aude est particulièrement sensible et vulnérable aux incendies, notamment à cause de l'arrachage des vignes. C 'est un territoire venteux et les Corbières vallonées sont difficiles d' accès pour les secours.

Alain Péréa, député LREM de l'Aude

  

Réguler l'urbanisme 

Sur plus de 600 habitations affectées par l'incendie de la Côte d'Azur,  50% n'étaient pas " totalement en conformité avec les règles d'urbanisme ", voire dépourvues de permis de construire.   

" Il y a trop d'habitations non-conformes. Par exemple, sur les cartes d' état-major, il est indiqué une grange désaffectée alors qu' 'il s'agit d'un gîte de 10 personnes. Et les documents d'urbanisme devraient être plus précis sur les terres agricoles et zones naturelles ," précise le député.            

Une des principales propositions des auteurs, qui soulignent notamment les fortes pressions liées aux enjeux économiques pouvant peser sur les élus locaux, est donc que la prochaine législature lance une mission approfondie sur ces questions pour proposer notamment des pistes de réforme des règles d'urbanisme.  

Mutualiser le débroussaillage 

Les deux députés suggèrent également une réflexion sur les obligations de débroussaillage et leur financement, qui peuvent s'avérer lourdes pour les particuliers, les incitant à préférer payer d'éventuelles amendes.   

" Débroussailler coûte plus cher que l'amende. Les gens n'ont pas forcement les moyens . Pourquoi ne pas envisager une prise en charge partielle par les collectivités publiques ?  "  propose Alain Péréa.           

 Les deux députés souhaitent également "a minima" un maintien des moyens alloués au système de sécurité civile contre les feux de forêt et de végétation, qualifié de " meilleur au monde", menacé de coûts supplémentaires "faramineux" avec l'extension géographique des risques sous les effets du changement climatique.

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