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Aveyron, Tarn, Lozère et Hérault : les tirs de défense contre le loup pourraient être autorisés en “zone Roquefort”

Illustration / © MAXPPP
Illustration / © MAXPPP

Le préfet en charge du dossier loup devrait présenter ce mardi une "zone Roquefort", "difficilement protégeable", qui concentre un million de brebis à cheval sur les départements de l'Aveyron, du Tarn, de la Lozère et de l'Hérault, où les tirs de défense contre le loup seraient autorisés.

Par Vincent Albinet

Il avait disparu de l'Hexagone dans les années 1930 et était revenu naturellement par l'Italie au début des années 1990.

Le nombre de loups en France a dépassé le seuil de 500


Aujourd'hui, la France a dépassé à la sortie de l'hiver le nombre de 500 loups, c'est-à-dire le seuil minimum de viabilité du "Canis lupus" classé vulnérable sur la liste rouge française de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et protégé au niveau français et européen.

Voilà pourquoi l'Etat présentera mardi une série de mesures pour protéger les troupeaux et contenir la croissance démographique de cet animal protégé.
  
Le plan loup actuel du gouvernement prévoyait d'atteindre ce seuil de 500 loups en 2023. Mais face à l'expansion plus rapide de l'animal, notamment en Occitanie, le préfet d'Auvergne Rhône-Alpes, en charge du dossier, va dévoiler de nouvelles mesures.

Parmi celles-ci, il devrait confirmer une annonce faite aux éleveurs de l'Aveyron lors d'un déplacement au mois de mars.
 
Lozère : les tirs de défense contre le loup pourraient être autorisés en "zone Roquefort"
Le préfet en charge du dossier loup à présenter une "zone Roquefort", "difficilement protégeable", qui concentre un million de brebis à cheval sur les départements de l'Aveyron, du Tarn, de la Lozère et de l'Hérault, où les tirs de défense contre le loup seraient autorisés. - F3 LR


Dans la région de Roquefort, aux confins de l'Aveyron, du Tarn, de la Lozère et de l'Hérault, les tirs de défense contre le loup autorisés


Le secteur de Roquefort devrait être délimité en "zone difficilement protégeable" (ZDP) sur une grande partie du département de l'Aveyron, un morceau du Tarn, la frange de l'Harault qui touche le Larzac ainsi que l'ouest de la Lozère.

Sur cette ZDP, qui correspond à une zone d'élevage d'environ un milion de brebis essentiellement laitières, les tirs de défense contre le loup seraient autorisés, sans mise en place préalable de mesures de protection.

Cette mesure de différenciation de la zone Roquefort des autres zones de prédation du loup n'est pas du goût de la Fédération nationale ovine (FNO), qui s'élève contre cette "gestion différenciée" selon les régions. "On demande un traitement équitable de la prédation quelque soit l'élevage et la zone de prédation", explique Claude Font de la FNO. "Nous dénonçons la gestion comptable que fait l'Etat sur la prédation du loup. Si il fallait protéger cette "zone Roquefort"  avec des milliers de kilomètres de clôtures, des filets, des chiens et des bergers, le budget prédation de l'Etat passerait de 30 millions à 70 millions d'euros".

Un relèvement du niveau de tir des loups dans les autres régions de prédation


Parmi les autres mesures, le relèvement du niveau de tirs des loups de 10-12% à 17-19% de la population, déjà annoncé par Emmanuel Macron en mars, devrait être confirmé. Ce pourcentage a été fixé après consultation de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et du Muséum national d'histoire naturelle. "La population de loups a augmenté d'environ 13% en 2018, alors qu'on a tiré plus de 12% de loups", constate Murielle Guinot-Ghestem, de l'ONCFS.
    
La préoccupation principale des pouvoirs publics, comme des éleveurs et même d'associations de protection des animaux pour différentes raisons, est de limiter les attaques du prédateur.
    
En 2018, 3.674 attaques ont eu lieu contre plus de 12.500 animaux, principalement des ovins. Ces attaques se concentrent les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence et en Savoie.
    
La co-existence avec le loup "dépend à quel point nous, humains, sommes prêts à s'adapter pour revivre avec le loup" et à réapprendre comment faire face à la menace qu'il peut représenter, estime pour sa part le chercheur Dries Kuijper.
    
L'Etat finance actuellement des dispositifs de protection dans les zones de prédation (parcs électrifiés, chiens, gardiennage par des bergers). Il existe deux types de zones, 1 et 2, en fonction de la fréquence des attaques. Il est prévu d'en ajouter une troisième, un "cercle 0", correspondant aux foyers de prédation, et d'y permettre en gardiennage permanent en supprimant le plafond des aides. 195 éleveurs ont concentré 50% des dommages de 2015 à 2017.
 

Vers une simplification des démarches administratives des éleveurs    

    
Les démarches administratives des éleveurs devraient aussi être simplifiées: ils pourraient déposer un dossier unique pour demander des mesures de protection et des tirs de défense.
  
Mais pour les fédérations agricoles et d'éleveurs, le compte n'y est pas. Elles réclament "la suppression de tout plafond pour les tirs de défense et de prélèvement" et refusent que les indemnisations soient conditionnées à la mise en place de mesures de protection. "La protection du loup est effective mais celle de l'élevage n'est pas efficace sur le terrain", fait notamment valoir Claude Font de la FNO.
  
"Le gouvernement veut essayer de bloquer la population à 500 loups", craint pour sa part Patrick Boffy de l'association de protection des grands prédateurs Ferus, pour qui une telle politique serait "illégale". Ce chiffre correspond à un premier seuil de "viabilité démographique", laquelle est définie par l'aptitude de la population, à moyen terme (100 ans), à résister au risque d'extinction, face à des aléas de survie et de fécondité d'autant plus
forts que les effectifs sont restreints.
  
 "500 n'est pas du tout un plafond de verre", assure toutefois le gouvernement.

LIRE L'ENSEMBLE DE NOTRE DOSSIER SUR LE LOUP EN OCCITANIE 
 

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