POLEMIQUE. Les 200 personnes au repas de la fête des bœufs gras dans l’Aveyron créent la controverse

Le 13 mars dernier à l’occasion de la traditionnelle fête des bœufs gras à Laguiole  environ 200 éleveurs et professionnels se sont rassemblés pour un déjeuner dans le gymnase. Un repas autorisé, mais un repas qui suscite la polémique en pleine pandémie de Covid.

A Laguiole, l'organisation d'un repas d'environ 200 convives à l'occasion de la fête des boeufs gras fait polémique. Le rassemblement était pourtant autorisé dans le respect de règles sanitaires précises.
A Laguiole, l'organisation d'un repas d'environ 200 convives à l'occasion de la fête des boeufs gras fait polémique. Le rassemblement était pourtant autorisé dans le respect de règles sanitaires précises. © FTV France 3 Occitanie/Luc Tazelmati

En temps de Covid, alors que débute un 3ème confinement et que les bars et restaurants sont toujours fermés, c'est un repas qui a du mal à passer. Le 13 mars dernier, 200 éleveurs participent au festival des boeufs gras de Laguiole. Comme le veut la tradition les professionnels se retrouvent pour une pause déjeuner. Un rassemblement autorisé par la préfecture de l’Aveyron et organisé dans le respect d’un protocole strict, pas plus de quatre personnes par table. Mais l’événement n’est pas passé inaperçu.

"Les risques existent même en zone rurale"

Le collectif "Laguiole sans filtre", figure de l’opposition municipale, y a vu un banquet déplacé en pleine pandémie. L’un de ses représentants Vincent Chauffour dénonce un rendez-vous malvenu. « La filière bovine doit être soutenue, mais pas à n’importe quelles conditions ! Les risques existent même si on est en zone rurale avec moins d’habitants qu’ailleurs ! »  Une inquiétude et des interrogations relayées il y a trois semaines déjà par le collectif sur les réseaux sociaux comme vous pouvez le lire ci-dessous.

Du côté des professionnels de la restauration, c’est un sentiment d’injustice qui domine. « Pourquoi permettre un repas de 200 convives alors que les restaurants sont fermés ? "  s’interroge Michel Santos président de l’Union des métiers de l’hôtellerie et de la restauration de l’Aveyron. Mais à ses yeux, ce repas concocté par un restaurateur de la commune, prouve aussi que " les professionnels sont capables d’organiser des choses avec du monde. Et il n’y pas eu de cluster ».

Un repas autorisé et un protocole strict

Pour le maire de la commune, Vincent Alazard, la polémique n’a pas lieu d’être. Contrairement aux précédentes éditions de la fête des boeufs gras, la manifestation était interdite au public et exclusivement réservée aux professionnels. Par ailleurs, il était établi qu'aucun service ne serait mis en place mais qu'un systême de plateau repas serait proposé « La mairie a mis à disposition le gymnase. Les organisateurs ont respecté les règles et les autorisations ont été données par la préfecture», explique-t-il. Le rassemblement était d'ailleurs interdit au public. 

Valérie Michel-Moreaux, préfète de l’Aveyron confirme. Elle était d’ailleurs présente lors du déjeuner du 13 mars dernier. « Oui, les autorisations ont été données dans la mesure où les conditions d’un protocole sanitaire étaient remplies dans le contexte juridique tel qu’il existait alors. Pour moi il n’y a pas de sujet », conclut-elle.

Mais à l’heure du 3ème confinement, la fête des bœufs gras et son repas ne pourraient avoir lieu.

 

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