5ème mois de grève pour 5 salariés du McDo de Villefranche-de-Rouergue et toujours pas d'issue

Le Mac Do de Villefranche-de-Rouergue / © Google street
Le Mac Do de Villefranche-de-Rouergue / © Google street

Depuis le mois d'août 2017, 5 des 30 salariés du Mc Donald's de Villefranche-de-Rouergue sont en lutte contre leur direction. Les revendications portent sur les salaires et les conditions de travail. Mais les négociations piétinent. 

Par Corinne Lebrave

C’est un conflit qui l’enlise, et pour l’instant aucune issue n’a été trouvée entre les 5 salariés grévistes et la direction du Mc Donald's de Villefranche-de-Rouergue. 
Plus de 150 jours de grève, malgré les efforts faits de part et d'autre, si l'on en croit les grévistes et la direction. L'entreprise compte une trentaine de salariés et la situation est délicate pour tous au quotidien. 

Les personnels grévistes, syndiqués à la CGT, estiment ne pas être entendus par la gérante du restaurant. « Nous avons reculé sur plusieurs de nos revendications »,  précise Quentin Leyrat, leur représentant, mais « sans accepter pour l’instant les propositions de la direction ».
Coté direction, Anne Rochet, la gérante du restaurant, dit, elle aussi, "œuvrer pour un retour à la normale". Jointe par téléphone, elle estime avoir fait des propositions qui allaient dans le sens des revendications des grévistes.

Un conflit qui démarre en août 2017


Le conflit dure depuis le 23 août 2017. Une dizaine de salariés se mettent alors en grève pour protester  contre le licenciement pour faute grave de l'un des leurs. Ils dénoncent par ailleurs une discrimination syndicale. S’ajoutent d’autres demandes : une revalorisation des salaires, 13 € de l’heure, un treizième mois, les heures majorées après 21h, des chèques vacances et des tickets restaurants.

Depuis leurs revendications ont évoluées. Après un rendez-vous avec le sous-préfet le 25 septembre 2017, ils abandonnent la réintégration du salarié licencié, et suivent les conseils que leur donne le représentant de l’Etat : passer par la voie légale pour remettre en cause la légitimité du licenciement.

En décembre 2017, lors des négociations annuelles obligatoires, (NAO), ils cèdent sur les 13 euros de l'heure, mais demandent l'application d'une revalorisation sur les salaires de 2018. Le SMIC revalorisé en 2017 après l'augmentation légale. Demande refusée disent-ils.
La direction de son côté estime avoir fait des efforts : les NAO avaient pour but d’accéder aux revendications des Grévistes, dans les limites de ce que permet la convention collective. L’Augmentation des Salaires de 1,23%, l’accès à la formation élargie, augmentation de la part de prise en charge par l’entreprise de la mutuelle.

Mais pas de 13ème mois dans la balance de la direction. Et c’est sur ce point désormais que la résistance s’organise. A la place, une prime d'assiduité ou de présence, d'un montant annuel de 300€, conditionnée à certains critères et motifs d'absence. La CGT, qui juge la mesure discriminante, ne signe pas l'accord.
La direction estime que le salaire, associé aux primes conventionnelles et à la nouvelle prime d’assiduité, équivalent à un 13ème mois.


Comment sortir du conflit ?


Désormais, les grévistes et leur représentant syndical, Quentin Leyrat, réfléchissent à de nouvelles stratégies. Ils ne veulent pas céder sur le 13ème  mois. Mais ils sont conscients qu'ils sont dans un mouvement atypique : ils sont minoritaires, il n'y a pas de rapports de force, et ils ne sont pas très visibles. Ils doivent rencontrer leurs instances ce jeudi 25 janvier pour décider de la suite du mouvement.

Chacune des deux parties réfléchit par ailleurs à une sortie de conflit, la direction dit attendre une date pour mettre en place les modalités d’un protocole. Les grévistes après plus de 150 jours de mobilisation, restent déterminés. Ils veulent également entamer des négociations sur un protocole de reprise, et être sûrs que la direction garantissent leur sécurité dans l'entreprise et préservent leur intégrité physique et morale pour leur retour sur leur lieu de travail. 


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