Colère des agriculteurs : le prix de la tonne de lait légèrement revu à la hausse, les agriculteurs espèrent poursuivre les négociations

Après 5 mois d'âpres négociations avec le groupe Lactalis, les agriculteurs aveyronnais accueillent avec une satisfaction toute relative l'augmentation de la tonne du prix du lait pour le 1er trimestre 2024 obtenue le 1er mars. Mais les négociations se poursuivent.

Plus de barrage dans l'Aveyron depuis plusieurs jours. Mais des agriculteurs toujours mobilisés. Le vendredi 1er mars 2024, une avancée a été obtenue après un bras de fer de plusieurs mois sur le dossier très conflictuel du prix du lait avec le groupe Lactalis et ses partenaires.

425 euros la tonne de lait pour le premier trimestre 2024, c’est le montant que Lactalis consent à verser aux éleveurs, soit 5 euros de plus par tonne que ce qui était proposé au départ. Pour la FDSEA de l’Aveyron, c’est déjà ça, mais la satisfaction est relative. "Pour nous, producteurs, c'était la fourchette basse, il ne faut pas l'oublier", résume Claude Falip, président de la section bovin-lait FDSEA-12, dont l'exploitation est située à Conques-en-Rouergue. "Ce que l'on demande, c'est qu'au cours des prochains trimestres, il y ait du travail qui se fasse à nouveau pour bien prendre en compte la loi Egalim et le coût de production. Et on va voir, on veut retrouver de la sérénité dans la filière laitière face à Lactalis." 

 

 5 mois d'âpres tractations

Pour arriver à cet accord, il a fallu plus de cinq mois de tractations et de lutte. Banderoles en bordure de la RN 88, épandage de fumier devant le siège aveyronnais de Lactalis ou encore ces échauffourées, mardi dernier au salon de l’agriculture devant le stand du premier groupe laitier mondial.

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Dans le Lévézou aveyronnais, Joël Barthes, militant à la Confédération paysanne, élève 45 vaches laitières. Ses brunes des Alpes produisent 280 tonnes de lait par an qu’il vend à Lactalis. 5 euros de plus la tonne, ce n’est guère suffisant. "Aujourd’hui pour vivre de notre métier, il faudrait approcher les 500 euros tonne en prix de base. Aujourd'hui, on arrive globalement à obtenir un revenu correct de nos fermes, mais au prix de beaucoup d'heures de travail. Si demain, on veut être socialement en phase avec le monde qui nous entoure, on va être obligé de diminuer nos heures de travail, moi, il me faudrait un salarié à mi-temps". 

Comme tous les éleveurs laitiers, Joël s’inquiète du renouvellement des générations. Comment inciter les jeunes à reprendre une exploitation quand il faut travailler 70 heures par semaine pour avoir un revenu décent.