Colère et tristesse dans le bassin de Decazeville, au lendemain de l'annonce de la fermeture de la SAM

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Écrit par Marie Martin
Dans les environs de Viviez, tout le monde ou presque a un proche ou ne connaissance qui travaille à la SAM.
Dans les environs de Viviez, tout le monde ou presque a un proche ou ne connaissance qui travaille à la SAM. © Jean-Pierre Jauze/FTV

Avec la fermeture annoncée de la SAM, la société aveyronnaise de métallurgie, c'est tout un bassin de population qui s'insurge et s'inquiète. Une colère froide mais aussi l'espoir de voir bientôt le redémarrage du site industriel.

Inquiétude, amertume, colère : à Decazeville, la population accuse le coup, après l'annonce de la fermeture de la SAM prononcée par le tribunal de commerce de Toulouse, vendredi 26 novembre, après que Renault, principal client, ait refusé de soutenir l'unique plan de reprise.

La SAM, la société aveyronnaise de métallurgie, avait été reprise en 2017 par le groupe chinois Jinjiang, puis placée en redressement judiciaire le 10 décembre 2019. Mais la SAM, ce sont surtout quelques 350 salariés. Dans le bassin de Decazeville, tout le monde connaît quelqu'un qui y travaille. Et tout le monde "est" SAM.

L'ancien bassin minier très touché

C'est dire si l'onde de choc provoquée par la fermeture à venir est importante. C'est un peu l'histoire qui bégaie : personne ici n'a oublié la fermeture des mines de charbon, définitive en 2001. La ville s'est peu à peu vidée de ses commerces, la fin de la SAM n'est pas de bonne augure.

Sur le site même de l'usine, les salariés continuent d'occuper les lieux, nuit et jour. Ils ont placardé à l'entrée leurs photos et leurs années de travail dans l'entreprise. "Les choses s'organisent pour tenir tout le week-end et dans les jours à venir", indique David Gistau, délégué syndical CGT à la SAM. "La colère est extrêmement forte et elle ne va pas retomber parce que c'est véritablement un scandale, une provocation". 

On met l'outil de production sous notre protection. Il nous appartient et on ne le lâchera pas tant qu'on n'aura pas des mesures très concrètes, à la fois de la région, avec la présidente Carole Delga qui vient lundi mais aussi de l'Etat et de Renault. On est déterminé, on ira juqu'au bout.

David Gistau, délégué syndical CGT à la SAM

Mobilisation de soutien mercredi

Mercrdi 1er décembre est prévue une très grande manifestation en faveur du maintien de l'activité industrielle dans le bassin de Decazeville et celui du site de la SAM. C'est dans ce sens que le ministre de l'économie Bruno Le Maire s'est exprimé ce samedi matin, à Toulouse où il était en visite Tout en reconnaissant l'échec dans ce dossier, il a plaidé pour une mobilisation rapide en faveur d'un avenir du site. Il a également assuré que le fonds de soutien aux fonderies serait largement utilisé pour aider les salariés de la SAM, pour développer un projet personnel ou favoriser un déplacement professionnel.

Bruno Le Maire a en outre affirmé qu'il était prêt à discuter avec les élus locaux et les syndicats de cet avenir.

 

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