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Le combat d'un Aveyronnais à l'origine du procès d'un prêtre accusé de pédophilie

Olivier Savignac à son arrivée au tribunal d'Orléans, le 30 octobre 2018. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Olivier Savignac à son arrivée au tribunal d'Orléans, le 30 octobre 2018. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP

25 ans après les faits, le procès d'un prêtre accusé d'atteintes sexuelles sur mineurs et d'un évêque accusé de non dénonciation s'est ouvert aujourd'hui à Orléans. A l'origine de ce procès, Olivier Savignac, un Aveyronnais de 38 ans, victime du prêtre quand il en avait 13.

Par Laurence Boffet

Olivier Cavignac s'est tu pendant très longtemps. De l'agression sexuelle subie de la part d'un prêtre pendant un camp de vacances dans les Pyrénées quand il avait 13 ans, il n'a rien dit à ses parents. Rien dit pendant des années. Jusqu'à ce qu'il retrouve son agresseur sur internet et se rende compte qu'il intervenait toujours auprès d'enfants et qu'il était devenu expert sur les questions de pédophilie pour le diocèse d'Orléans. Il décide alors d'alerter le diocèse d'Orléans. On est en 2008, quinze ans après les faits. Olivier Cavignac devra en attendre dix de plus et un changement d'évèque dans le diocèse pour voir sa parole entendue et le procès de son agresseur s'ouvrir ce mardi devant le tribunal correctionnel d'Orléans. 
 

Un seul accusé dans le box

Seul l'abbé Pierre de Castelet, accusé d'atteintes sexuelles sur mineurs, est présent ce mardi au tribunal. L'ancien évêque d'Orléans, poursuivi, lui, pour non-dénonciation, est absent pour raison de santé, "affaibli par sa maladie à la suite d'une opération", a déclaré son avocat Me Benoit de Gaullier. 
à l'ouverture de l'audience, pour expliquer l'absence de son client.
Le père Castelet, 69 ans, crâne dégarni, lunettes fines et regard droit, s'est assis seul sur le banc des prévenus. Il doit être jugé pour des attouchements sur des mineurs de 15 ans lors d'un camp organisé par le Mouvement eucharistique des jeunes pendant l'été 1993. Les victimes faisaient l'objet d'une fausse visite médicale par le prêtre qui se faisait passer pour infirmier ou médecin. Monseigneur Fort, en charge du diocèse d'Orléans de 2002 à 2010 est poursuivi pour son silence : il n'a jamais transmis à la justice la lettre d'Olivier Cavignac et s'est contenté d'éloigner le prêtre de tout contact avec les jeunes. Il faudra attendre l'arrivée du nouvel évêque, Jacques Blaquart pour que la justice soit saisie. Le père de Castelet est mis en examen en 2012 pour agressions sexuelles et Monseigneur Fort en 2017 pour ne pas avoir dénoncé ces actes.
 

La reconnaissance des victimes

Aujourd'hui, Olivier Cavignac dit avoir dépassé cette agression mais il attend "que chacun assume ses responsabilités". "Il n'y a nul désir de vengeance ou de haine" dit-il, "on est juste là en tant que parties civiles pour demander que ces personnes assument et soient condamnées". 

Rouzane Avanissian et Dominique Cantrelle l'ont rencontré lundi à Rodez, à la veille de ce procès :
Procès d'un prêtre poursuivi pour agression sexuelle : le témoignage d'une victime aveyronnaise
Deux autres hommes d'une trentaine d'années se sont assis à ses côtés mardi sur le banc des parties civiles. 
    

Olivier Cavignac invité de la Conférence des évêques de France à Lourdes

Ce procès intervient à quelques jours de la Conférence des évêques de France (CEF) à Lourdes où sera abordée la douloureuse question des abus sexuels dans l'Église. Olivier Cavignac y a été convié à s'exprimer. Il le fera avec mesure. "Il faut accueillir la parole des victimes" dit-il "sans pour autant mettre en défaut tous les membres de l'Eglise". 
Dans un bilan publié en janvier 2017 et qu'elle doit actualiser cette semaine, la Conférence des évêques évoquait le nombre de 70 religieux, sur les 15 000 prêtres et diacres présents en France, mis en examen ou condamnés pour pédophilie.
 

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