Confinement : épidémie de difficultés dans l’hôtellerie-restauration après 25 jours de fermeture en Aveyron

Ils ont été parmi les premiers commerces à fermer leurs portes à la demande du gouvernement le 14 mars dernier. Restaurateurs et hôteliers se sentent démunis face à une crise inédite. En Aveyron, entre 20% et 30% des établissements pourraient fermer définitivement malgré les aides mises en place. 
les restaurants et les bars sont fermés depuis le 14 mars minuit
les restaurants et les bars sont fermés depuis le 14 mars minuit © Maxppp/S.Muylaert
"Si le confinement se termine à la fin du mois, ça passera, s’il va au-delà, nous sommes très inquiets". Michel Santos, président de l’UMIH12 (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie) répond au téléphone tous les jours. Les adhérents du syndicat des métiers de l’hôtellerie veulent savoir s’il a des informations sur une éventuelle annonce de reprise d’activité du secteur.


Une période critique pour la profession

Pour l’instant, "l’UMIH nationale attend des directives pour pouvoir agir ". Si les restaurateurs et hôteliers de l’Aveyron sont pressés d’avoir des réponses, c’est parce la période de Pâques est en temps normal l’une des plus importante pour asseoir les trésoreries. Le manque à gagner, si le confinement se poursuit, pourrait mettre en péril de nombreux établissements.
 

Michel Santos président de l'UMIH 12, joint par téléphone
Michel Santos président de l'UMIH 12, joint par téléphone © France 3 Occitanie - L.Tazelmati


Le Prêts Garantis par l'Etat pour régler les arriérés

Il y bien sûr des mesures mises en place, mais elles "comportent des critères et tous les établissements ne peuvent pas y avoir droit". C’est le cas du PGE, le prêt garanti par l’état, Michel Santos souhaiterait qu’il serve à payer les arriérés dus aux fournisseurs.
"Ils courent depuis la mi-mars, car ils sont régler tous les 10 jours, cela leur permettrait de pouvoir repartir avec nous dès que cela sera possible".


Des mesures pour soutenir les trésoreries

"Nous serons certainement le dernier secteur à sortir du confinement, alors que nous avons été les premiers à fermer". Pour le président de l’UMIH12, la perte d’exploitation ne pourra jamais être prise en compte, les sommes seraient trop énormes. Mais quelques mesures pourraient permettre au secteur de respirer. D’abord un geste commercial des assureurs : "2 à 3 mois d’échéances supprimées ..."

La pandémie n’est pas prise en charge pour la perte d’exploitation, mais nous étions dans l’obligation de fermer, c’est une mesure administrative et le gouvernement doit prendre ses responsabilités .

Les assureurs peuvent-ils intervenir au cas par cas ? "Un courrier commun à toutes les UMIH de France va être écrit dans ce sens". Autre mesure : effacer les charges depuis la mi-mars et jusqu’à la fin du confinement pour ne pas vider les trésoreries, fragilisées. "Et nous aider à redémarrer. Notre masse salariale est importante, nous ne délocalisons pas les emplois".


Un secteur très fragilisé

En attendant la reprise, tous les investissements 2020 ont été gelés " il n’y aura pas de rénovations ou de changements de matériels cette année". La répercussion va se faire sur d’autres secteurs de l’économie. Impossible de faire autrement. Michel Santos attend les annonces sur la poursuite ou pas du confinement :

On peut tenir jusqu’à la mi-mai, après ce sera difficile. 20 à 30% des établissement de l’Aveyron pourraient ne pas pouvoir rouvrir.

Il y a 800 hôtels et restaurants sur le département.
 
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