Maltraitance animale : l'État condamné pour des dysfonctionnements de contrôle dans un abattoir

Trois ans après une plainte déposée par l'association L214, l'État a été condamné pour dysfonctionnements des services vétérinaires dans un abattoir de Rodez (Aveyron). Des vidéos avaient mis au jour les conditions de vie et d'abattage non-conformes d'agneaux.

Les images montrant des agneaux maltraités dans un abattoir de Rodez (Aveyron), révélées par l'association L214 en juin 2020, avaient choqué. Trois ans plus tard, l'État a été reconnu coupable de dysfonctionnements des services vétérinaires par le tribunal administratif de Montpellier (Hérault). 

Deux co-gérants déjà condamnés, trois employés bientôt jugés

La juridiction a estimé que les services nationaux "étaient défaillants dans leur mission de contrôle, de sanction et de suivi en matière de protection animale". Selon le délibéré, le tribunal a également relevé une "absence de respect de la réglementation" et des contrôles "insuffisants pour prévenir le risque de maltraitance animale". 

L'État a été condamné à verser la somme de 4.500€ à L214. Mais a la possibilité de faire appel de cette décision.

En juin 2020, L214 diffusait une vidéo où l'on pouvait distinguer l'absence d'immobilisation pendant l'abattage ou encore des manipulations violentes alors que les bêtes n'étaient pas étourdies. "Nous nous félicitons que le tribunal administratif condamne enfin l'État" a régi Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. "Nous demandons au ministère de l'Agriculture de prendre ses responsabilités à ce sujet". 

Dans cette affaire, trois employés de l'abattoir doivent encore comparaître devant la justice en septembre 2023, pour "mauvais traitements envers un animal".

Jugée en septembre 2022, la SARL Grimal avait été relaxée. Les deux co-gérants, innocentés pour les faits de mauvais traitements commis sur les animaux, avaient été condamnés pour administration non-conforme de médicaments vétérinaires et tenue non-conforme du registre d'élevage.