"On veut garder une agriculture familiale et paysanne" : des agriculteurs inquiets des propositions du gouvernement

Mardi 14 mai commence, à l'Assemblée nationale, le projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture sera examiné. En Aveyron, certaines avancées sont saluées par les syndicats, mais d'autres mesures restent, selon eux, insuffisantes.

Le projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière agricole est attendu au tournant, par les principaux concernés. À 500km de l'Assemblée Nationale les agriculteurs aveyronnais vont suivre attentivement des débats, qui débutent ce mardi 14 mai. 

Les premières mesures annoncées rassurent, comme l'explique Sara Melki, porte-parole de la Confédération Paysanne de l'Aveyron : "On salue les efforts qui ont été faits par la commission économique sur l'égalité des genres dans cette nouvelle loi, sur le maintien d'un élevage durable, ainsi que sur la simplification des abattoirs paysans." 

"Des craintes sur la mise en œuvre"

L'agricultrice souligne néanmoins que cette loi "manque de fonds sur le revenu paysan et sur l'installation et maintien des paysans sur le territoire". Car le nœud du problème reste le foncier. Aujourd’hui, les Jeunes Agriculteurs accompagnent les installations en interne, avec des associations. Mais la loi prévoit la création d’un guichet unique d’orientation, qui serait piloté directement par les chambres d’agriculture. 

Clémence Bernié, vice-Présidente des Jeunes Agriculteurs d'Aveyron, félicite la création de France Services Agriculture, qui va permettre aux jeunes agriculteurs de bénéficier d'un accompagnement personnalisé tout au long de leur installation. "On est aussi content de la mise en place du bachelor agricole, mais on a des craintes sur la mise en œuvre. Certaines choses ne sont pas claires et on pense qu’il y aura besoin d'autres lois pour les approfondir."

Déjà, dans un entretien qu'il avait accordé à France 3 Occitanie, Jérôme Bayle exprimait ses préoccupations et ses espoirs concernant ce projet de loi.

Autre inquiétude : le gouvernement veut ouvrir l’achat de terres agricoles aux fonds d’investissement. Éloi Nespoulous, coprésident du Collectif Paysans Occitans s'alarme : "De gros investisseurs américains vont pouvoir rentrer en France, acheter nos exploitations et au final imposer leur modèle. Mais nous, on veut garder une agriculture familiale et paysanne." 

Plusieurs centaines d’amendements ont été rédigés face aux inquiétudes du monde agricole.