Occitanie : “C’était une évidence” - ils prêtent leurs logements aux soignants qui luttent contre le coronavirus

Après ses gardes de 12 heures, Jérémy Jodar, infirmier au centre hospitalier de Sète, dans l'Hérault, séjourne gratuitement dans un appartement qui lui est prêté pendant toute la durée de l'épidémie. / © O. Brachard / FTV
Après ses gardes de 12 heures, Jérémy Jodar, infirmier au centre hospitalier de Sète, dans l'Hérault, séjourne gratuitement dans un appartement qui lui est prêté pendant toute la durée de l'épidémie. / © O. Brachard / FTV

En Occitanie, ils sont des dizaines de propriétaires à venir en aide aux soignants en leur prêtant gratuitement des logements, à proximité des hôpitaux de la région. Une façon de soulager le quotidien du personnel médical, en première ligne dans la lutte face à l’épidémie de coronavirus.

Par Olivia Boisson

Il est un peu plus de 8 heures quand Jérémy Jodar sort du centre hospitalier de Sète, dans l’Hérault.

L’infirmier vient d’achever une garde de 12 heures. De longues heures, de longues minutes pendant lesquelles il a lutté contre une épidémie alors jusque-là inédite. "Je suis fatigué" nous confie l’homme de 24 ans, les traits tirés mais le sourire aux lèvres.


Bienvenue "chez moi"… enfin presque !

Il ne faudra à Jérémy Jodar que 5 minutes en voiture pour rejoindre son logement, au lieu d’une trentaine de minutes habituellement. En effet, son domicile (le vrai) est à Agde. Pour réduire son temps de parcours et "éviter de prendre des risques sur la route", l’infirmier séjourne gratuitement, à proximité de son lieu de travail, dans un appartement prêté par une parfaite inconnue.

Je me repose ici, chez quelqu'un qui a décidé de prêter son appartement au personnel soignant. C’est touchant d’avoir ce genre de gestes de la part de personnes que l’on ne connaît pas !


Objectif : ne pas prendre de risques

Pour le personnel médical, rentrer chez soi, loin de l’hôpital ou bien rejoindre sa famille représente de véritables risques.

Certains ont peur de contaminer leurs proches.

L’un des collègues de Jérémy Jodar préfère vivre ailleurs, le temps de l’épidémie. "Sa fille est asthmatique, il ne veut pas la mettre en danger".

Et ça, une centaine de propriétaires l’a bien compris, comme nous vous l'expliquions dans cet article : 


"Mettre ma pierre à l’édifice"

L’appartement dans lequel séjourne gratuitement Jérémy Jodar appartient à Martine Ridereau. Vide, il est d’ordinaire loué pour des séjours de courte durée.

Les soignants font preuve d’un grand courage et toute la population a vraiment besoin d’eux. C’est ma manière de les aider, de faciliter leur quotidien, pour qu’ils puissent secourir les malades… Les malades ça peut être vous, moi, n’importe qui !


Je suis propriétaire… Comment faire ?

Pour prêter son logement vacant, rien de plus simple. Il suffit de faire quelques recherches sur internet. Sur Facebook, "Les Logements Solidaires" mettent en lien les propriétaires et le personnel soignant, au niveau national.

Pour les propriétaires, il suffit de déposer une annonce sur le site internet. Du côté des soignants, il faut remplir un formulaire indiquant leurs besoins. Ensuite, l’équipe des logements solidaires met en lien les profils.
 
Sur le site internet "Les Logements Solidaires", il est possible de chercher un logement partout en France et en Occitanie. / © FTV
Sur le site internet "Les Logements Solidaires", il est possible de chercher un logement partout en France et en Occitanie. / © FTV

Charles Osborn est à l’origine de ce projet solidaire. Toute l’année, il gère des résidences secondaires, aujourd’hui vides. Ce projet solidaire est né suite à l’appel d’une amie.

Elle est infirmière. Elle pensait dormir dans les couloirs de l’hôpital pour ne pas mettre en danger son fils. Il fallait trouver une solution pour loger le personnel soignant !

Confiné à Sète, dans l’Hérault, il gère une quarantaine de bénévoles, dispersés dans toute la France. L’équipe est composée de développeurs web, étudiants, avocats, chargés de communication, de conciergerie et agents immobiliers.

C’est beaucoup de travail et une organisation très précise !

"Nous sommes une équipe, avec un cabinet juridique qui encadre les contrats de prêts, à titre gratuit. Nous assurons le suivi en ce qui concerne les assurances, les contrats. Nous répondons toujours présents si les propriétaires ont des questions ou des inquiétudes."


Et après l’épidémie ?

Lorenzo Sbordone le confirme : "Les Logements Solidaires" ne disparaitront pas en même temps que l'épidémie de coronavirus. "Nous sommes en train de monter une association", affirme le fondateur de ce projet citoyen.

Prochaine étape : mettre à nouveau son réseau au service de la solidarité et venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales.
 

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