Clusters Covid de personnes âgées dans le Tarn et les Hautes-Pyrénées : l'immunité collective réalité ou illusion ?

Un cluster concernant des retraités a été détecté, le 12 septembre, dans un centre de vacances à Cauterets. Vaccinés, deux pensionnaires d'un Ehpad du Tarn sont décédés. Question : l'immunité collective face au Covid-19 est-elle possible ou est-ce une illusion ? Réponse du Dr Théo Combes.
Personnes âgées et vulnérables sont appelées à recevoir une troisième dose de vaccin anti-Covid en cette mi-septembre 2021. Dans le même temps, plusieurs clusters ont fait leur apparition en Occitanie. L'un dans un Ehpad du Tarn. Un autre au sein d'un groupe de retraités en centre de vacances.
Personnes âgées et vulnérables sont appelées à recevoir une troisième dose de vaccin anti-Covid en cette mi-septembre 2021. Dans le même temps, plusieurs clusters ont fait leur apparition en Occitanie. L'un dans un Ehpad du Tarn. Un autre au sein d'un groupe de retraités en centre de vacances. © François Lo Presti/AFP

Le vaccin peut-il suffir à créer une immunité collective contre le Covid-19 ? La question peut faire débat, compte-tenu de l'apparition en Occitanie de deux clusters touchant des personnes vaccinées en cette mi-septembre. A Cauterets, dans les Hautes-Pyrénées, des retraités du Lot-et-Garonne ont ainsi été placés à l'isolement le 12 septembre alors qu'ils séjournaient dans un centre de vacances. Même schéma dans un Ehpad, à Lescure d'Albigeois dans le Tarn, où 38 personnes ont été contaminées. Deux résidents sont décédés. 

Est-ce pour autant un échec de la politique vaccinale ?

La vaccination a-t-elle perdu toutes chances de stopper l'épidémie ? Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir ? Allons-nous devoir composer avec le virus à long terme ? Nous avons posé ces questions au Dr Théo Combes, médecin généraliste à Gaillac dans le Tarn, représentant de MG France.

"Les premiers vaccinés l'ont été en janvier-février", rappelle Théo Combes, coordonnateur du collège des médecins généralistes d'URPS médecins Libéraux d'Occitanie. Avec ces clusters, on perçoit un affaiblissement de l'immunité. Elle n'a pas l'air de devoir être définitive. Les chiffres avancés dans les phases expérimentales de Pfizer et Moderna montraient bien que nous ne serions pas à 100% dès la phase d'expérimentation. On était plus proche des 90%".

Mais l'essentiel pour le médecin, c'est que la grande majorité des patients restent protégés des formes graves. "Le vaccin réduit le nombre d'hospitalisations", note le médecin. On a dans l'esprit d'éteindre la flamme, de façon à calmer les braises pour éviter une reprise de feu, à savoir une nouvelle vague."

Ce n'est ni simple, ni simpliste. Pour moi, ça ne remet pas en cause l'outil de la vaccination.

Dr Théo Combes, président de MG France du Tarn

Le médecin gaillacois estime que la pandémie ne va pas se calmer au cours des six prochains mois. Et qu'on sera toujours "sous" Sars-Covid-2 en début d'année. "Sans jouer les Cassandre, je ne vois pas comment l'extinction du virus peut être atteignable à court terme", regrette Théo Combes qui estime qu'il va falloir procéder à des rappels de Pfizer et Moderna.

Panacher les vaccins pour une meilleure protection ?

"Les personnes qui auront eu leurs deux doses d'AstraZeneca (qu'on n'utilise plus), vont devoir au bout de six mois faire un vaccin ARN. Soit Pfizer, soit Moderna. Avec l'avènement du variant Delta, on ne peut plus se contenter d'un taux de protection à 60%. L'ARN est plus puissant et on s'est aperçu que panacher les vaccins pouvait produire une immunité de bonne qualité, et même meilleure".

Dans le même esprit, ceux qui avaient reçu une première dose de Jansen, aujourd'hui sur la sellette, vont se voir suggérer Pfizer et Moderna pour la seconde dose. Pour le médecin généraliste, l'immunité se fait certes par les anticorps que l'on peut identifier, mais pas uniquement. Il existe une immunité cellulaire qui varie selon les individus. Il est donc très compliqué d'établir un quelconque pronostic dans ce domaine.

"Sans rentrer dans la polémique vaccination / pas vaccination, il faut qu'on prenne le temps de voir les bénéfices de cette vaccination, poursuit Théo Combes. C'est un domaine où l'idéologie n'a pas forcément sa place. Il faut surtout être pragmatique et voir ce qui fonctionne".

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