Confinement Occitanie : interdits de vente en magasin à cause du Covid, les savonniers se mobilisent

Contraints à la fermeture, comme les autres magasins “non-essentiels”, les savonniers se mobilisent partout en France pour faire reconnaître leur savon comme produit de première nécessité. En Occitanie, près de 90 savonniers sont en activité.

Une centaine de savonniers ont envoyé ce mercredi 21 avril leur produit à Matignon afin d'alerter sur leur situation.
Une centaine de savonniers ont envoyé ce mercredi 21 avril leur produit à Matignon afin d'alerter sur leur situation. © DR

L’initiative est partie des réseaux sociaux. Mercredi 22 avril, les savonniers de France ont envoyé un savon par courrier au Premier ministre Jean Castex. 

Les savonniers artisanaux veulent voir leur produits considérés comme essentiels
Les savonniers artisanaux veulent voir leur produits considérés comme essentiels © DR

Une centaine d’entre eux a pour le moment participé à l’opération afin de protester contre l’obligation de fermeture de leurs commerces. L’idée est venue des boutiques de lingerie et de leur opération “Action culottée".

Deux savonnières mobilisées dans le Gard

Emilie Cassar a ouvert sa savonnerie à l’automne dernier à Roquemaure dans le Gard. Avec moins d’un an d’existence et déjà deux confinements, il est difficile pour elle de faire fonctionner sa petite entreprise. Elle a bien essayé le click & collect mais difficile de séduire les clients à travers un écran d’ordinateur. “C’est un produit que les gens aiment toucher, sentir en vrai”se désole l'artisane. “Et puis en ligne, on a pas de contact direct, on ne peut pas expliquer notre savoir-faire.”.

Les deux savonnières gardoises ont participé à l'opération pour demander le droit de rouvrir leurs boutiques
Les deux savonnières gardoises ont participé à l'opération pour demander le droit de rouvrir leurs boutiques © DR

80 kilomètres plus loin, toujours dans le Gard, Clothilde Bonnet Du Peyron fait le même constat : si la clientèle est présente en boutique et sur les marchés, elle disparaît sur le net. “Je suis installée à Peyremale, c’est un petit village et mes clients sont pour beaucoup des personnes âgées”, constate la savonnière. “L’ordinateur ce n’est pas leur truc, beaucoup n’ont pas internet. Ce qu’ils recherchent c’est un accompagnement dans leurs choix et une explication sur ce qu’ils achètent”.
Les deux femmes ont donc chacune envoyé un savon par courrier à Matignon, elles espèrent ainsi dénoncer l’injustice de leur situation et avec elle, celle de plus de 80 savonniers en Occitanie.

Une situation ubuesque

A chaque confinement, les savonniers sont contraints de fermer boutique, considérés comme non-essentiels. Pourtant, leur fabrication, du savon, est un produit d’hygiène et donc de première nécessité. Tous dénoncent une situation ubuesque et une concurrence déloyale des supermarchés qui eux, continuent d’en vendre. Un paradoxe d’autant plus criant que la raison de leur fermeture imposée est une crise sanitaire.

On nous rabâche tout le temps de nous laver les mains mais on ferme nos circuits de distribution !

Xavier Castillo, producteur de savons artisanaux à Toulouse.

“Il n’y a pourtant pas que le gel hydroalcoolique. Nous, nous sommes de petits artisans locaux, avec un savoir-faire, nos produits sont de qualité, ils n’agressent pas la peau contrairement à nombre de produits industriels et on ne nous soutient pas.” s'agace Xavier Castillo.

Une vidéo pour être considéré comme "essentiel"

Le 17 avril dernier, les savonniers diffusaient une vidéo où ils demandaient que leurs produits soient considérés comme essentiels. Vidéo à laquelle ils n’ont pas obtenu de réponse. “Nous ne sommes que des petits artisans, on travaille généralement seuls. Nous ne sommes pas fédérés alors nous ne rentrons pas dans les cases de l’Etat”, déplore Xavier Castillo.

En plus de la fermeture des boutiques, l’autre principale source de revenus de ces savonniers sont les marchés de plein air. Eux aussi ont été interdits aux produits non alimentaires à cause de la crise sanitaire. Le Toulousain n’a pu en faire que deux en un an, contre une vingtaine habituellement. 

Avec cette vidéo et leurs courriers, ces petits artisans espèrent enfin se faire entendre. Mais tous le disent, ils ne se font aucune illusion pour ce confinement mais espèrent que s’il devait y en avoir un autre, ils seraient alors un peu mieux considérés. 

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