Coronavirus : "Après des semaines de confinement, mon vieil épilateur est devenu mon meilleur ami"

Après des semaines de confinement notre moral se dégrade et notre sens de l'humour aussi quand on se voit ressembler de plus en plus à des épouvantails velus, chevelus ou en surcharge pondérale voire les trois à la fois. Comment faire pour résister à la morosité et à la pilosité excessive  ?

Avec le confinement, l'hirsutisme guette. On ressort les vieux ciseaux et on achète une tondeuse à cheveux pour patienter en attendant la réouverture des salons de coiffure et d'esthétique.
Avec le confinement, l'hirsutisme guette. On ressort les vieux ciseaux et on achète une tondeuse à cheveux pour patienter en attendant la réouverture des salons de coiffure et d'esthétique. © JS/FTV
On a beau se dire que ce n’est pas grave. Que c’est futile. Mais en ces temps de confinement, voir sa coupe de cheveux pousser comme un jardin en friche, et ses mollets blanchâtres s’assombrir d’un pelage disgracieux ne contribuent pas à arranger le moral des troupes. Surtout  pour les quinquas-un peu-fashion-toujours-tirées-à-quatre-épingles-mine-de-rien, pour qui le moindre faux-pas pourrait s’avérer désastreux. « Je rêve de mon coiffeur et de mon esthéticienne. J’ai retrouvé un vieil épilateur. Même si la séance d’épilation à la précision improbable et à la technique largement dépassée relève d’une séance de torture à la gégène sous l’ère soviétique-, eh bien, mon vieil épilateur, c’est mon meilleur ami !!!! ", lance une de mes amies au téléphone.

 L’autre jour, j’en avais marre de voir mes orteils et mes mains sans vernis.

Même si je sais que cela ne sert à rien car je javellise tout du sol au plafond depuis l’arrivée du virus, et que je devrai l’enlever le lendemain , oui, j’ai mis du vernis à ongles. Et ça m'a fait du bien", me confie une autre. "Un peu de couleur sur mes membres translucides pour n’avoir pas vu le soleil depuis… longtemps , m’a mis du baume au cœur".


Femmes

Passé les conversations anxiogènes autour du coronavirus, on redevient des femmes ou ce qu’il en reste et quand passé la cinquantaine on ne peut plus se contenter d’être naturelle, que l’on a besoin de quelques artifices, et rester féminine devient un parcours du combattant en période de confinement.
« Tant pis pour ma coupe, je tiens encore le coup en revanche heureusement que j’avais de quoi refaire mes racines », confie une autre de nos proches. Quelle chance me dis-je en voyant la mienne ( couleur de cheveux) virer chaque jour un peu plus au roux queue-de-vache.


Racinovirus

J'essaie de prendre cela avec humour comme Muriel Robin qui en se regardant dans le miroir et voyant son premier centimètre de racines interroge les coiffeurs sur Facebook. "Après trois mois de confinement et trois centimètres de racines, quels seront les clients prioritaires du racinovirus... Allez-vous procéder par ordre alphabétique ? Ca tombe bien je je m'appelle pas Robin mais Abba... Et comment allons-nous nous rendrechez le coiffeur ? Devons nous porte un casque ? Donnez-nous des pistes s'il vous plaît !!!".
On en viendrait presque à appeler tous les coiffeurs de son carnet d'adresses en tâtant le terrain pour savoir si en les soudoyant, ils viendraient me coiffer clandestinement.
" Vous avez dû avoir des demandes de ce genre", lance-t-on au téléphone d'un air aussi détaché que possible.
 "On respecte le confinement et on va avoir du travail à la reprise", sourit au bout du fil Laurent Ricci, incorruptible coiffeur à Nîmes et Calvisson.
Comment je fais pour ma couleur et pour ma coupe ?".
- Surtout, tu ne fais rien. Tu attends. Si tu n'y arrives pas, je te conseille de prendre une teinte au supermarché plus claire que la tienne.
En cas de ratage, ce sera plus facile à rattraper".
"C'est important de se sentir bien dans sa peau pour se sentir mieux dans sa tête", ajoute le professionnel de la mode qui a compris le désarroi de ses clientes hirsutes.


Les petits trucs pour patienter

"Je leur donne des petits trucs pour attendre : mettre un bandeau pour celles qui n'ont plus de coupe,  ou  pour celles qui ont un balayage blond , mélanger le même volume de shampoing et d'eau oxygénée à 10 volumes pour atténuer les racines. Vous émulsionnez comme pour un shampoing normal et vous rincez tout de suite, vous n'attendez pas sinon vous pouvez virer à l'orange poil de carotte".
 
Une autre amie, sémillante quinquagénaire confinée chez elle voit la vie du bon côté. "Je fais du sport tous les matins. Une heure après le petit déjeuner pour ne pas me laisser envahir par d’autres tâches comme la cuisine ou le ménage. Le soir à 18h, c’est l’heure du yoga. Mon mari et mon fils, raides comme la justice avant le confinement, ne peuvent plus s’en passer. Ils installent leur tapis à l’heure pour la séance quotidienne ".
Il est très important de rythmer ses journées pour supporter le confinement et avoir un sommeil à peu près acceptable conseillent les psychothérapeutes.

«  Yoga, gym, à la fin du confinement , mais on sera des Barbie » lance dans un éclat de rire, notre amie.

"Barbie … Ou barbiche", confie cette autre en riant jaune. 


Tondeuse

- " Moi, j’ai donné l’ordre à mon mari d’aller acheter une tondeuse pour lui couper les cheveux", me confie cette autre voisine. Après quelques réticences, il a admis « qu’il n’en pouvait plus de sa coupe qui ressemblait à s’y méprendre à un dessous de bras de touriste est-allemande avant la chute du mur de Berlin ». Il  m’a mis une de ces pressions !!!! J’y suis allée par étapes pour gagner sa confiance. Et au bout de trois séances de coupe, on est arrivés à un résultat à peu près satisfaisant en attendant mieux".
 


Le retour de la coupe-mulet

Au fil des apéros en visio, la tête de nos amis change et pas forcément dans le bon sens. Les mines pâlissent de ne pas assez voir le soleil malgré le beau temps qui a perduré tout ce premier mois de confinement, et les traits s’épaississent au gré des allers-retours entre le canapé et le frigo.
Une autre amie gardoise n’a pas eu le même succès avec la coupe de cheveux de sa moitié : « Regardez, je ressemble à  Dave, s’esclaffe l’époux qui en guise de coupe se  retrouve avec « les côtés un peu courts, et une bonne mèche bien rebelle sur le haut du crâne". Effectivement, en le voyant, on repense plutôt à la coupe mulet, très en vogue dans les années 80 et pas forcément du meilleur goût même sur Brad Pitt.


Coupes durables

"C'est le moment de faire des coupes durables, c'est-à-dire qui durent plus longtemps. C'est aussi un moment pour se recentrer sur soi, de savoir qui on est et de s'en rapporocher le plus possible, y compris au niveau de l'apparence", conclut Laurent Ricci, notre coiffeur philosophe.

Allez, encore un peu de patience, les coiffeurs devraient rouvrir le 11 mai.
 
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