Coronavirus : le confinement fait déborder le tri sélectif des déchets

Depuis le début de la crise du coronavirus, les collectes d'emballages ont été stoppées et les centres de tri de déchet ont été fermés dans plusieurs départements de l'ancienne région Midi-Pyrénées. Une situation de moins en moins vivable pour les usagers.
Comme ici à Albi, les points d’apports volontaire du tri sélectif dans plusieurs départements de la région de Toulouse débordent.
Comme ici à Albi, les points d’apports volontaire du tri sélectif dans plusieurs départements de la région de Toulouse débordent. © Sylvain Duchampt - FTV
Près d’une dizaine de sacs jaunes remplis à ras bord sont posés dans un coin du garage de cette maison située dans une zone résidentielle d’Albi. A l’intérieur, des papiers, des bouteilles plastiques, des emballages cartons. "Cela commence à prendre trop de place. On ne peut plus continuer comme ça. Je pense arrêter de trier mes déchets mais c’est un échec pour moi qui tente depuis plusieurs années de faire au mieux pour l’environnement " avoue cette habitante de la préfecture du Tarn en montrant ce qu'elle a entreposé chez elle depuis le début de la mise en place du confinement, mi-mars.
 
Sans collecte de ces déchets, les particuliers de plusieurs départements ne savent plus quoi faire de leurs emballages et papiers.
Sans collecte de ces déchets, les particuliers de plusieurs départements ne savent plus quoi faire de leurs emballages et papiers. © Sylvain Duchampt - FTV


Prioriser la collecte

L’agglomération albigeoise, comme les Monts de Lacaune ou la vallée du Thoré également dans le Tarn, Lectoure dans le Gers, les départements de l’Aveyron, de l'Ariège et d’autres collectivités de l’ancienne région Midi-Pyrénées ont pris la décision de suspendre le tri des déchets jusqu’à nouvel ordre.

Un choix afin de "garantir la continuité du service public dans la collecte des ordures ménagères (sacs noirs) en permettant, dans une situation de crise inédite, de redéployer les agents sur cette priorité absolue pour la préservation de la salubrité publique" comme l’expliquait la préfecture de l’Aveyron dans un communiqué à la fin du mois de mars. En priorisant la collecte, les pouvoirs publics ont tenté de répondre au problème d’absentéisme dans leurs équipes.
 


Invivable en appartement

Il est depuis demandé aux particuliers de stocker leurs emballages et papiers recyclabes dans leurs logements ou de les déposer, pour certains territoires, dans des points d’apports volontaires. Mais le système atteint ses limites et se retrouve désormais au bord de l’explosion.

La place se fait de plus en plus rare notamment chez les citoyens vivant dans des immeubles. Les points de collecte, eux, débordent littéralement.

Sans solution, de plus en plus de particuliers décident donc d’abandonner le tri et mettent la totalité de leurs déchets dans les sacs noirs des déchets ménagers : "Il est vrai que dans des appartements en centre-ville cela devient compliqué et que le civisme est loin d’être respecté, reconnaît-on par exemple à la communauté d’agglomération de l’Albigeois. Nous avons conscience qu’avec une date de déconfinement au 11 mai cela devient intenable. C’est une situation inédite que nous n’avons jamais expérimentée. Nous sommes dans une phase de réflexion afin d’apporter des solutions d’ici les prochains jours." (MAJ - après la publication de cet article la l'agglomération d'Albi indiquait, mercredi soir, dans un communiqué : "A compter du lundi 20 avril, les collectes sélectives vont à nouveau être assurées sur les 16 communes du Grand Albigeois aux jours habituels de collecte.")
 
Car au contraire du département voisin de l’Aveyron, les centres de tri tarnais de Tryfil sont restés ouverts : "grâce aux 600 masques que nous avons pour nos employés, nous allons assurer cette activité au moins jusqu’au 30 avril, assure le président du syndicat départemental de traitement des déchets du Tarn, Daniel Vialelle. Après il faut le reconnaître, depuis le début du confinement nous avons 30% d’apport en moins pour ce type de déchets."
 


Conserver les habitudes de tri

Dans le Gers, les centres de tri du syndicat mixte Trigone, ont repris leur activité lundi 13 avril après un mois d’arrêt. "Le 31 mars dernier, un avis d’un organisme national sur les risques liés au coronavirus pour nos employés, nous a fait reconsidérer notre choix de fermer nos installations, explique Jean-Christophe Vergnes, directeur général des services de Trigone. Dès le départ, la collecte des emballages était maintenue mais nous demandions également aux usagers d’en conserver un maximum chez eux. Nous voulions privilégier le fait que les particuliers ne perdent pas leurs habitudes de tri." Difficile d’abandonner d’un revers de la main de 20 ans de travail pour faire adopter le tri sélectif au sein des foyers.
 


Le problème des décharges sauvages

Pour autant, le problème ne s’arrête pas à cette seule question. L’ensemble des départements d’Occitanie fait face à la multiplication des dépôts sauvages. La raison : toutes les déchetteries françaises sont fermées. Pour Jean-Christophe Vergnes, il y a un grand débat à ce sujet. "Les usagers peuvent désormais avec leurs attestations se déplacer pour leurs déchets en cochant la deuxième case. En cette période de confinement, les gens en profitent pour faire du ménage et du rangement mais sans solution, ils laissent leurs déchets n’importe où."

Par conséquent, Trigone étudie la possibilité de rouvrir ses déchetteries mais avec une condition : les dépôts ne pourraient s’y faire que sur rendez-vous. Pas question en cette période de lutte contre le covid-19 de former de longues files d’attentes.
 
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