Coronavirus : des étudiants racontent leur confinement en cités universitaires à Montpellier et Perpignan

Le CROUS de Montpellier Occitanie publie sur son site un journal de confinement. Des étudiants y racontent leurs journées de confinés dans les résidences universitaires. Ils ont réalisé de petits films pour montrer leur quotidien, loin de leurs familles.

Montpellier - la Cité universitaire de la voie domitienne - mars 2020.
Montpellier - la Cité universitaire de la voie domitienne - mars 2020. © F3 LR
Amara, Rana, Marie et Linh font partie des étudiants qui livrent leurs impressions de confinés en cités universitaires.

Ils sont environ 3 000 à Montpellier, Nîmes et Perpignan selon les chiffres du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous), qui gère notamment les résidences universitaires de l'académie de Montpellier.

Des étudiants étrangers dans leur grande majorité qui n'ont pas pu ou voulu regagner leurs pays d'origine quand le confinement a commencé le 17 mars 2020.

Dans les petites vidéos qu'ils ont réalisées, on peut les voir seuls dans les jardins des résidences universitaires largement désertées ou dans leurs chambres, entre cours en ligne, cuisine et appel en visio avec leurs familles.


Linh Le, cité Vert Bois à Montpellier

Linh Le, 25 ans, est originaire du Vietnam. Elle loge depuis peu à la Cité Vert Bois à Montpellier.

Cette étudiante en licence (L3 Administration Économique et Sociale) à l’Université Paul-Valéry de Montpellier fait très attention aux recommandations sanitaires. 

Sur la vidéo qu'elle a adressé au Crous, on la voit nettoyer, cuisiner, peindre et étudier.
 
"J’ai acheté de la nourriture en conserve pour limiter mes sorties. Je m’occupe d’un petit pot de fleurs. Je fais de la méditation tous les soirs." écrit-elle dans le journal de confinement du Crous.

Mes amis et ma famille me manquent, je veux sortir avec eux. La semaine dernière, j’ai reçu de la nourriture gratuite du Crous, alors j’ai fait des nougats pour le personnel de livraison de nourriture, en guise de remerciement, et j’ai vu la joie dans leurs yeux.


Rana Channam, cité U Voie do à Montpellier

Rana Ghannam, 22 ans, est en Master 2 Chimie à l’Université de Montpellier. Elle a une chambre de 10 m² à la cité universitaire de la Voie Domitienne.

A l'annonce du confinement, elle a décidé de rester en France, "peu rassurée par la sécurité sanitaire des transports et des trajets" pour retourner au Liban.
Et puis, elle était en train de finir un stage. Ne sachant pas si elle pourrait revenir en France plus tard pour le valider, elle a préféré le terminer en télétravail.

Rana a enregistré son témoignage dans l'espace vert qui entoure sa résidence universitaire, là où elle aime prendre un café après son déjeuner.

Elle y remercie notamment les services du Crous, qui proposent soutien psychologique et logistique aux étudiants confinés en cité U.
 
"Même si on est confiné, on vit dans de bonnes conditions ici, les chambres sont rénovées, on respecte les gestes barrières dans les couloirs et les cuisines communes", explique Rana. "Le soir, toute ma famille se rassemble derrière les écrans."

A chaque fois que je ferme mes appels avec mes parents le soir, et avant de dormir et de me réveiller pour répéter le même jour, je me pose la question suivante : Est-ce que ma vie après le Corona ressemblera à ma vie avant le Corona ?


Marie Eyone, cité U Voie do à Montpellier

Dans la même cité universitaire, Marie Magalie Eyone, 27 ans, étudie en Master Relations et affaires internationales à l’Université Paul-Valéry.

Arrivée du Gabon il y a 2 ans, elle s'est installée dans sa chambre universitaire six mois avant le confinement. 

"Je n’ai pas envisagé de rentrer dans mon pays, mes moyens ne me le permettant pas", raconte Marie, "Je vis très bien le confinement, je garde le moral grâce à ma foi et grâce aux nouvelles technologies je suis en contact avec mes proches".

Sur sa vidéo, on la voit chanter, accompagnée de sa guitare. Ou regarder des vidéos-souvenirs avec ses amies.
  

Ce qui me manque le plus ? La liberté d’aller et venir. Mais avec le Crous, la Fac, l’église, les amis, je suis très soutenue.


Amara Affa, cité universitaire de Perpignan


Amara Affa montre dans son témoignage vidéo la cité U de Perpignan largement désertée et ses terrains de sports fermés. Un lieu qu'il connaît bien : il vit ici depuis 3 ans.
 
A 22 ans, le jeune homme, originaire du Mali suit un Master Management parcours gestion d’entreprise à l’université Via Domitia de Perpignan.

Il explique que le plus difficile en ce moment, c'est l'absence de convivialité. Surtout pendant le Ramadan, où la rupture du jeûne était d'habitude, pour lui, un grand moment festif le soir avec amis.

Ce que je déplore en ce moment est l’interdiction de circuler dans la cité pendant les heures du couvre-feu car personne ne peut rester H24 dans une chambre de 9m2 sans pour autant péter les plombs.

"Cela donne lieu à un véritable bras de fer avec les veilleurs de nuit qui n’arrêtent pas d’établir des rapports sur les personnes qu’ils voient dans la cité après 20h" regrette Amara.

Le couvre-feu a été instauré pour lutter contre la propagation du virus par la municipalité de Perpignan dans toute la ville de 20 à 6h du matin puis raccourci le 14 avril de 21h à 6h du matin.

En plus de ses cours à distance, Amara joue aux jeux vidéos, regarde des séries et fait un peu de sport.

Le Crous propose sur son site des conseils pratiques sur les actions mises en place pendant la pandémie et poste sur les réseaux sociaux des liens culturels et des vidéos pour des séances de sport par exemple.
 
 
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