Coronavirus. Les Français appelés à aider les agriculteurs : quels besoins et quelles précautions en Occitanie ?

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a lancé mardi 24 mars 2020 un appel aux Français sans activité actuellement en raison du coronavirus, à venir travailler auprès des agriculteurs, en manque de main-d'oeuvre. Dans quels secteurs ? Et avec quelles protections ? Le point en Occitanie.
 

En cette saison, ce sont surtout les maraîchers qui ont besoin de main-d'oeuvre.
En cette saison, ce sont surtout les maraîchers qui ont besoin de main-d'oeuvre. © Jean-Marc Quinet/MaxPPP

200 000 emplois directs

Ainsi donc, le ministre de l'agriculture Didier Guillaume a lancé mardi 24 mars 2020 "un appel à l'armée de l'ombre des hommes et des femmes" qui "n'ont plus d'activité" en raison de la crise du coronavirus, "à rejoindre la grande armée de l'agriculture française", en quête de main-d'oeuvre.

"Il y a aujourd'hui la possibilité d'avoir 200 000 emplois directs dans les métiers de l'agriculture", privée de la main-d'oeuvre notamment étrangère qu'elle emploie habituellement pour les travaux des champs, a expliqué Didier Guillaume à nos confrères de BFM TV, demandant à ceux qui le souhaitent d'aller "dans les champs".

Une "armée de l'ombre" pour l'agriculture  

"Je lance un grand appel aux femmes et aux hommes qui ne travaillent pas, qui sont confinés chez eux, qui sont serveur dans un restaurant, hôtesse d'accueil dans un hôtel, coiffeur de mon quartier, qui n'ont plus d'activité... Et je leur dis de rejoindre la grande armée de l'agriculture française, ceux qui vont nous permettre de nous nourrir de façon propre, saine", a-t-il déclaré.
    
"Il faut produire pour nourrir les Français", a-t-il encore clamé en évoquant "un acte citoyen, civil". Selon le ministre de l'agriculture, les volontaires "seront salariés par les agriculteurs et on regardera comment les choses pourront se faire".

Quels besoins en Occitanie ?

Mais concrètement, qui a besoin de qui ? Dans quels secteurs géographiques ? Dans quels types de cultures ? Et quelles mesures de précaution sanitaire pourront-être mises en place dans les champs, les serres et les vergers ?

"On est concerné par les besoins", reconnaît Philippe Jougla, président de la FRSEA Occitanie (fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles qui regroupe les FDSEA de tous les départements de la région). "En ce moment, on a besoin de main-d'oeuvre pour les asperges et les fraises, surtout en bord de Garonne, dans le Tarn-et-Garonne et dans le Gard, pour les asperges, et aux alentours de Montpellier et dans les terres sablonneuses près de la Méditerranée pour les fraises".

Plus tard, si la situation devait perdurer, le même besoin se ferait sentir dans les vergers et les champs, pour les abricots et les melons, aux alentours de juin.

Les saisonniers habituels absents

Habituellement, ce sont des saisonniers venus de l'étranger (pays de l'est, Espagne) qui fournissent le gros de la main-d'oeuvre mais "ils sont évidemment restés bloqués à la frontière. Ce sont souvent des familles qui viennent des mêmes villages et qui ont un savoir-faire. Ils sont connus des agriculteurs". 

Vont-ils pouvoir être remplacés, comme cela, au pied levé ? "Cela demande un savoir-faire mais ce n'est pas un travail qualifié donc tout le monde peut le faire, ce n'est pas comme remplacer un soignant. Seulement, les cadences ne seront pas les mêmes. C'est en cela que les saisonniers sont précieux ". 

Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues

Quelles précautions pour cette main-d'oeuvre nouvelle ?

Et quid des précautions sanitaires à prendre et à imposer dans les cultures ? Est-ce tout d'abord possible d'y travailler en respectant les gestes barrières, la distanciation sociale ?

"Oui, c'est possible", assure Philippe Jougla. "Prenez un champ d'asperges, par exemple, il est tout à fait possible de mettre une personne par rangée, une rangée sur deux. Par contre, et là, on a dû bien bien insister auprès des agriculteurs : il n'est pas question de prendre le café ensemble, de manger ensemble, de partager les voitures pour venir travailler. Pas question non plus d'imaginer des hébergements collectifs comme ceux qui existent parfois pour les saisonniers".

On ne va pas travailler de la même façon


Ce qui laisse à penser que s'il y a des volontaires pour travailler dans les cultures d'Occitanie dans les jours à venir, ce sera de toute évidence de la main-d'oeuvre locale, à même de travailler non loin de son logement ou de la famille. 


* Les volontaires peuvent se faire connaître auprès de la plateforme desbraspourtonassiette.wizi.farm
 
 
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