Coronavirus : ventes d'huîtres en chute libre pour les ostréiculteurs de l’étang de Thau

Une ferme conchylicole, au bord de l'étang de Thau, sur la commune de Bouzigues, dans l'Hérault. / © PHOTO PQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP
Une ferme conchylicole, au bord de l'étang de Thau, sur la commune de Bouzigues, dans l'Hérault. / © PHOTO PQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP

A cause du coronavirus, les ostréiculteurs de l'étang de Thau dans l'Hérault ne vendent plus que 10% de leur production. En attendant, certaines huîtres déjà matures continuent à pousser dans l'étang. L'addition de cette crise économique risque d'être très salée pour la conchyliculture.

Par Isabelle Bris

Plus de client pour les ostréiculteurs ! Depuis la fermeture des restaurants et des marchés, qui représentent 80 % de leurs ventes, leur activité est quasiment au point mort.

Les pertes se multiplient sur tous les fronts : sans vente, des huîtres stockées pour les marchés en train de mourir et d'autres qui deviennent trop grosses.

C'est ce que subit un jeune ostréiculteur de Bouzigues. Faute de clients, il est obligé de laisser grandir ses coquillages dans l'eau et ne sait pas s'il va pouvoir les vendre à la fin du confinement. 

Dans deux à trois 3 mois, si les ventes recommencent et qu’on arrive à avoir une situation normale, elles seront trop grandes et on aura du mal à les vendre, parce que cela ne correspond pas à l’attente des clients, on sera sur un calibre trop gros pour le marché.
Thomas Errere, Ostréiculteur à Bouzigues


Les rares étals des ostréiculteurs ouverts n'attirent pas foule. C'est le cas de Bénédicte Jacquin installée à Mèze, elle a perdu 8 clients sur 10. Seuls quelques locaux viennent chercher des coquillages pendant le confinement. 
 

On continue à en acheter pour se faire plaisir le dimanche, ce sont les petits plaisirs de la vie pendant le confinement et puis aussi cela permet de faire travailler les coquillages à côté, explique une de ses clientes à Mèze.


Sans passage sur les routes et ni touristes, les ventes ont fondu comme neige au soleil. 

 


Autour de l'étang de Thau, l'inquiétude grandit d'autant que les stocks s'accumulent et que les cours de l'huître peuvent s'effondrer à la reprise. 
 

Il y a des huîtres qui auront du mal à se vendre au moment du déconfinement, donc il va falloir qu’on trouve des solutions : soit des destructions de stock, soit des transformations, comme congeler les produits...
Florent Tarbouriech, représentant du Comité Régional Conchylicole de Méditerranée


Depuis le début de la crise sanitaire, les ostréiculteurs de la lagune ont pu maintenir en moyenne à peine 10% de leur chiffre d'affaire.

L'angoisse monte de plus en plus dans la profession comme en atteste ce reportage de Brian Bock et Jean-Michel Escafre :

 


Le département de l'Hérault promet des aides financières

Kléber Mesquida, le président du département, a annoncé près de 500 000 € pour les filières pêche et conchyliculture.
Cette aide fiancière sera soumise au vote des élus départementaux ce vendredi  24 avril.

Le Département est fortement mobilisé pour gérer cette crise sanitaire hors normes. Notre responsabilité : ne laisser personne sur le bord du chemin. 
Kléber Mesquida
Président du département de l’Hérault.


"Ces aides répondent à l’urgence de la situation et seront complétées par de nouvelles aides dans un second temps" précise le commniqué du département.

80 % de la production méditerranéenne vient de l'étang de Thau


Bordée à chaque extrémité par les communes de Sète et le Cap d’Agde, la zone conchylicole de l'étang de Thau est la plus importante de la Méditerranée avec près de 600 producteurs regroupés dans 550 exploitations essentiellement familiales.

Sur cette une lagune, connue depuis l’Antiquité pour ses coquillages, la production en masse organisée date du début du siècle dernier. 

Selon les chiffres du Comité Régional Conchylicole de Méditerranée, (CRCM), la production de l'étang de Thau et sa façade maritime représentent 80 % de la production méditerranéenne.
 

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