COVID-19 : une autre voie défendue par un collectif de médecins libéraux

Ils sont soignants et ne sont pas dans la ligne du discours médical dominant. En rupture avec les stratégies de l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire, ils dénoncent ce qu'ils appellent une médecine d'Etat. 

Consultation pendant la pandémie de la Covid 19 chez Eric Menat, médecin à Muret près de Toulouse.
Consultation pendant la pandémie de la Covid 19 chez Eric Menat, médecin à Muret près de Toulouse. © FTV

Le collectif  "COVID 19-laissons les médecins prescrire" est né au tout début de l’épidémie en raison de l'interdiction de prescription de l'hydroxychloroquine (décret du 23 mars). À l’origine, ces praticiens de première ligne avaient deux objectifs : retrouver la liberté de prescription et échanger leurs expériences entre médecins libéraux pour être plus efficace face à un virus émergeant. Aujourd'hui, le collectif regroupe plus de 2 000 médecins.

Gestion hospitalo-centrée critiquée

Il n' y a pas de remèdes miracles mais pour ces professionnels de première ligne, soigner dès les premiers signes de la maladie les personnes symptomatiques peut sauver des vies. Le Docteur Menat, membre du collectif et médecin homéopathe à Muret près de Toulouse se dit choqué par la gestion de la crise sanitaire." Ils ont complètement occulté les médecins libéraux en donnant instruction aux patients de rentrer chez eux, sans soins et d’appeler le 15  en cas de détresse. Hors, il y a des traitements précoces qui peuvent éviter chez certaines personnes vulnérables de faire une forme grave de la Covid 19, à condition d’être pris en charge tôt"estime Eric Menat. 

Pour le médecin, les mesures barrières restent déterminantes pour se protéger du virus.

Ce n’est pas éthique de ne pas tenir compte de l’expérience des médecins libéraux qui sont au contact des malades dans leurs cabinets.

Docteur Guerin, endocrinologue et immunologiste et co-fondatrice collectif "COVID 19 laissons les médecins prescrire

 

Le collectif plaide pour une politique de prévention. 

Selon les praticiens du collectif, la prise de Zinc, de vitamines C, de vitamines D, aurait pour effet de renforcer notre système immunitaire et permettrait d'aider à mieux se défendre face au virus. Une piste appuyée par certaines études internationales. Ainsi, l' étude irlandaise citée par l’académie de médecine  montre que la vitamine D joue un rôle pour diminuer les risques de formes graves.

 On n’a pas dit que la vitamine D guérissait du COVID ou évitait de tomber malade, on a dit que cela réduit les risques de faire une forme grave. L’étude citée par l’académie de médecine est parue le 22 mai dernier, je veux bien qu’on ne savait pas avant mais depuis le 22 mais pourquoi ne pas préconiser cette vitamine dans tous les EHPAD par exemple ? On sait très bien qu’ils sont tous carencés en vitamines D.

Docteur Eric Menat, membre du collectif

Selon "laissons les médecins prescrire" le zinc associé à un antibiotique -Ivermectine ou Azithromicine- aiderait à limiter les risques d’hospitalisation chez les personnes symptomatiques. « Le zinc est un antioxydant dont l’intérêt face au virus a été évoqué dans certaines publications internationales. La gestion actuelle de la  crise est très anxiogène, on vous dit tous les jours «  vous risquez de mourir du COVID 19", mais il faut aussi donner des clés pour faire face à l’épidémie» poursuit Eric Menat. 

 

Un protocole qui est loin de faire l'unanimité dans la communauté médicale déchirée en deux camps. D'autres professionnels estiment au contraire qu'il n'a rien de scientifique et que l'efficacité de ces traitements n'a pas été prouvée.

Des praticiens en rupture avec le discours médical officiel

Membre du collectif et praticien dans le Var, le docteur Laurent regrette que leur parole soit marginalisée : "Mon sentiment, c'est que lorsque l'on n'est pas dans la pensée dominante, que l'on s'interroge sur la prise en charge, on est vite catalogués de complotistes. Avant d'ajouter : "Je suis pour une meilleure coordination entre soignants. Chacun a son niveau de compétence, médecins généralistes, médecins hospitaliers en service d’infectiologie et médecins-réanimateurs, c’est une chaîne, on est tous interdépendants les uns des autres.  Nous les médecins libéraux, nous avons des traitements en phase précoce de la maladie pour éviter que l’état de nombreux patients ne se dégrade. On peut ainsi diminuer la pression sur l’hôpital."

Pour le docteur Philippe Laurent, la vaccination est l’un des outils de lutte contre l’épidémie, mais il ne faut pas minimiser le rôle des traitements. « Les vaccins éradiquent de nombreuses maladies et je comprends que les gens veuillent se faire vacciner. La vaccination contre le coronavirus est probablement utile. Toutefois, je n’ai pas un avis définitif concernant les vaccins ARN, on n’a pas toutes les réponses au jour d’aujourd’hui, on manque encore de recul. On ne doit surtout pas oublier de mettre également dans la boîte à outils de lutte contre la pandémie, la prise en charge en phase précoce des patients qui présentent des signes cliniques »

Liberté de choix

Pour Violaine Guérin, il faut surtout laisser la liberté de choix aux patients de se faire vacciner ou pas.

«  Dans le collectif, on attend de voir les dossiers des vaccins avec virus inactivés, (chinois et russes pour l’instant), les vaccins utilisés en France à ARN -Moderna et Pfizer -et à ADN -Astrazenec- sont des vaccins qui introduisent du matériel génétique, on évaluera seulement à long terme d’éventuels effets indésirables. 

Violaine Guérin, co-fondatrices du collectif 

Au fil du temps, le collectif a pris un tournant politique.

Cosignataire d'une tribune pour la liberté de prescrire l'hydroxychloroquine au débutde l’épidémie, la députée Martine Wonner est, elle aussi, l’une des membres actives du collectif et de la coordination « santé libre ». Ses prises de position à contre-courant de l’exécutif lui ont valu, en mai dernier, d’être exclue du groupe LREM.

 Psychiatre de profession, la députée du Bas-Rhin avait annoncé son vote contre le plan gouvernemental dès le 28 avril regrettant « l'absence d'une quelconque stratégie thérapeutique ».

La stratégie de confinement remise en question 

 Violaine Guérin est apparue dans le film très controversé "Hold-Up". Avec le collectif, la médecin estime que le confinement n’est pas une bonne stratégie. "Confiner des gens sains n’est pas rationnel scientifiquement, isoler les gens malades c’est logique, pas les autres. C’est même délétère, on voit les gens déprimer. Par ailleurs, on bloque l’économie, alors qu’il y a des pistes thérapeutiques." 

Via Martine Wonner, députée désormais du groupe « libertés et territoires », le collectif envisage de déposer une motion de censure à l’Assemblée nationale demandant la démission du gouvernement. 

 

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