REPLAY. Régionales 2021 en Occitanie : large victoire de Carole Delga (PS), présidente de région la mieux élue de France

Carole Delga (PS) remporte les élections régionales en Occitanie avec 57.77% des voix. Les autres candidats de ce second tour obtiennent 24% pour Jean-Paul Garraud (RN) et 18.22% pour Aurélien Pradié (LR/UDI). La liste Delga emporte 109 sièges sur 158, contre 93 en 2015.

Sans grande surprise, après les résultats du premier tour, Carole Delga remporte ces élections régionales d’Occitanie. La candidate socialiste enfonce même le clou ce dimanche soir avec 57.77% des suffrages. Carole Delga est la présidente de région la mieux élue de France pour ce scrutin.

Carole Delga qui avait 93 sièges en 2015 passe à 109 élus sur 158 pour sa 2e mandature, une majorité inédite. La liste Garraud (RN) n'aura plus que 28 sièges et celle d'Aurélien Pradié (LR-UD) en obtient 21.

L'élue socialiste a réagi très rapidement après l'annonce de ces tendances remerciant des électeurs ayant voté, selon elle, pour le choix "de la force, du rassemblement et de l’action. Autour de valeur ambitieuses et positives : la justice sociale, la solidarité, l’écologie, la fraternité. (…) Ce résultat m’honore et m’oblige. J’en mesure la portée et la puissance. Je m’engage à poursuivre avec la même action avec sincérité pour vous."

L’ancienne maire de Martres-Tolosane se félicite du  "recul de l’extrême-droite" dans la région. Mais exhorte les citoyens à "réagir" : "La politique doit retrouver courage, sérénité en rejetant la confusion et l’extrémisme. (…) Dans ce moment, la gauche doit prendre toutes ses responsabilités. Nous avons incarné cette gauche du réel (…) qui ne transige pas avec la laïcité."

Aider la France...

Mais Carole Delga annonce déjà vouloir "participer à aider la France" à se relever. L’expression, peut-être, d’une ambition politique sur la scène nationale. D'ailleurs une journaliste du service politique du Figaro prédit, avec humour : "je parie sur la naissance d'un mouvement favorable à la candidature de Carole Delga à la présidentielle..."

La menace d'un recours du Rassemblement national ?

Le candidat du Rassemblement national, n’a pas réussi à mobiliser ses électeurs abstentionnistes pour ce deuxième scrutin. Jean-Paul Garraud progresse très légèrement avec 23.9%. Suite aux premières déclarations de Carole Delga, l'ancien magistrat commente cette victoire, "elle (Carole Delga) donne l’impression de marcher sur l’eau. C’est en réalité une flaque". Jean-Paul Garraud pointe du doigt les problèmes de diffusion des professions de foi laissant planer une possibilité de recours pour cette élection. 

Aurélien Pradié gagne lui cinq points de plus qu’au premier tour avec 18.3% des voix  (LR/UDI). Le député du Lot (LR) se félicite de ce résultat ce soir sur Twitter : "il y a quelques semaines on annonçait que les Républicains allaient disparaître, que le RN allait être un rouleau compresseur. Ce soir, on voit bien que la droite républicaine a un avenir en Occitanie. Nous avons désormais une base solide pour travailler pour l'avenir."

Voici notre estimation à la sortie des urnes :

Concernant l’abstention, la tendance à 18 heures au niveau national était à une légèrement baisse ce dimanche 27 juin en comparaison du premier tour. Elle atteint 65.7 % contre 66.7% dimanche dernier.

Voir ou revoir, le direct de la soirée électorale de France 3 Occitanie avec les résultats et les récations :

Replay soirée élections second tour 2021

Une abstention toujours aussi forte

En Occitanie, le taux d'abstention se situe lui à 61.9 %, soit 1 point de moins que la semaine dernière. Avec 34,73% de participation à 17 heures, le département du Tarn-et-Garonne est celui où les électeurs se sont le plus mobilisés. Le département du Gard, comme au premier tour, à le taux d’abstention le plus élevé de la région. 

En Lozère comme dans l'Aveyron, les électeurs se sont nettement moins déplacés qu'au premier scrutin. 28,78 % de taux de participation à 17 heures pour l'Aveyron, contre 38,07 % dimanche dernier à la même heure. En Ariège, dans le Gard, le Lot, le Tarn et le Tarn-et-Garonne, la participation a elle connue une légère embellie comme vous pouvez le constater dans notre graphique ci-dessous :

Selon une enquête Ipsos, Sopra Steria pour France télévisions, Radio France et LCP-Public Senat, au niveau national, plusieurs raisons sont avancées par les abstentionnistes pour ce second tour des élections régionales : pour manifester leur mécontentement à l’égard des hommes politiques (27%), car aucune liste ou aucun candidat ne leur plait (23%), car ils n’avaient pas la tête à voter (20%) ou tout simplement car ces élection ne les intéressent pas (17%).

Une dynamique dès le premier tour 

Avec 39,57 %, la socialiste Carole Delga avait créé la surprise du premier tour de ces élections régionales en Occitanie. Forte d’une véritable dynamique, la présidente sortante de la région pouvait espérer conserver son mandat ce dimanche 27 juin.

Jean-Paul Garraud était son principal adversaire. Ancien député les Républicains, préféré au maire de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez, pour tirer la liste du Rassemblement national, le magistrat avait décroché 22,61 % des suffrages exprimés. Très loin des scores que lui prédisaient les sondages.
Enfin, le candidat des Républicains Aurélien Pradié était la dernière composante de cette triangulaire. Le député LR du Lot était arrivé troisième du premier tour du scrutin avec 12,19 % des votes.

L’abstention

C’est sûrement le principal enjeu de ce scrutin. L’abstention. Le dimanche 20 juin, en Occitanie, à peine 37,24 % des électeurs se sont déplacés contre 52,28 % en 2015. Les catégories populaires et les plus jeunes ne sont pas allées voter. Le Rassemblement national est le plus pénalisé par cette abstention.

Depuis le soir du premier tour Jean-Paul Garraud cherche à remobiliser ses électeurs dans l’espoir de coiffer sur le fil la favorite, Carole Delga (Parti socialiste).

Le report des voix

C’est seule que Carole Delga s’est lancée pour ce second tour des élections régionales. Dès dimanche 20 juin dans la soirée, la présidente de région a clairement exprimé son refus de s’allier à la France Insoumise. Les négociations, le lendemain, avec Europe Ecologie Les Verts, avec qui la candidate socialiste avait mené la politique d’Occitanie au cours des cinq dernières années, ont également tourné court. Comment les électeurs de LFI et EELV ont-ils vécu ce choix qualifié « d’erreur stratégique » par plusieurs élus écologistes ? Vont-ils reporter leurs voix sur la liste d’Occitanie en Commun ou nourrir le flot des abstentionnistes ?

La bataille à droite

Lors du débat du second tour des élections régionales en Occitanie, sur l’antenne de France 3, jeudi 24 juin, Aurélien Pradié (LR) s’est montré particulièrement offensif. Le député du Lot ne s’est pas privé d’égratigner la candidate socialiste, mais a surtout attaqué Jean-Paul Garraud. Une façon pour le porte-parole des Républicains de se présenter comme la seule véritable alternative au Parti socialiste, mais aussi un moyen de tailler des croupières au Rassemblement national. 

Le premier tour a souligné l’hégémonie du parti d’extrême-droite de Marine Le Pen dans certains territoires d’Occitanie, là où la droite « Républicaine » s’avérait dominante. Ces élections régionales doivent permettre de vérifier si Les Républicains ont su stopper l’hémorragie d’une partie de ses électeurs attirés par le positionnement du Rassemblement National.  

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