TEMOIGNAGES. Régionales 2021 en Occitanie : à gauche comme à droite des militants satisfaits des résultats

Carole Delga (PS) obtient 57,77 % des voix au second tour des élections régionales en Occitanie. La présidente sortante arrive largement en tête devant le RN (24%) et Les Républicains (18,22%). Ambiance avec les militants dans les différents quartiers généraux.

Elle est venue remercier les militants. Pour l’occasion un petit pupitre avec un micro était installé sur la terrasse d’un café à Toulouse, place du Capitole.

Il est 20h30. Carole Delga est longuement applaudie par ceux et celles qui l’ont soutenue, encouragée et aidée pendant cette campagne. Comme Cathy (53 ans) et Chloé (18 ans). La mère et la fille font partie de ces sympathisants socialistes convaincus depuis longtemps. Dans cette famille, on milite activement depuis des générations. Pour Chloé c’est la première élection. Avec sa mère elles sont allées à la rencontre des jeunes pour les inciter à voter. Des jeunes qui, selon elles, doivent beaucoup à Carole Delga : des ordinateurs gratuits pour tous au lycée, la prime de 1 000 euros pour les élèves-infirmiers qui étaient au front pendant la crise du Covid, les aides aux étudiants pour bénéficier d’un ordinateur et continuer de suivre les cours en distanciel. Mère et fille ne semblent pas étonnées du score de la présidente sortante de la région Occitanie. Près de 58% des voix au second tour.

Carole Delga arrive largement en tête devant le Rassemblement National. Les militants du parti de Marine Le Pen se sont retrouvés dehors devant un pub, à 5 minutes de place du Capitole. Ils sont une trentaine en début de soirée. Le score n’est pas aussi élevé qu’espéré : 24%. Mais ce n’est qu’une question de temps, selon un jeune militant également candidat aux élections départementales. Lucas, 21 ans, pense que les Français sont majoritairement d’accord avec les idées du RN et que le parti finira par obtenir de meilleurs scores. "C’est juste notre image qu’il faut changer" explique-t-il. "Tous les médias sont contre nous. On nous diabolise. Il faut adapter le discours. L’une de nos thématiques, c’est la sécurité et les élus actuels ne font pas grand chose pour la sécurité. C’est pareil avec l’immigration. Les Français veulent changer les choses par rapport à ça. Est-ce que des élus font quelque chose ? Non. Il faut être plus sélectif et réduire l’immigration.".

-"Oui", finit par dire un vieux monsieur, "moi j’habite au Mirail on n’est plus chez nous !"  

-"Ca par exemple, il ne faut pas le dire", intervient une autre militante. Alors il ne faut pas dire ce que l’on pense au RN ? "Non pas toujours", répond-elle. C’est à ce moment qu’arrive le délégué départemental Haute-Garonne du RN, Julien Léonardelli. Pour lui, l’analyse est simple. En Occitanie, le parti maintient son score du premier tour. "Malheureusement, la participation n’a pas été exceptionnelle," se désole-t-il. "C’est triste, cela montre le désintérêt des Français pour les élections locales qui pourtant sont importantes puisque les régions prennent de plus en plus de pouvoir et d’importance. Avec ces deux scrutins, en même temps, les Français étaient perdus. Ce qui est sûr, conclue-t-il, c’est que c’est un échec pour le parti présidentiel". 

Au Quartier Général de LR, les militants ont attendu patiemment leur leader dans un restaurant du quartier Victor Hugo. Aurélien Pradié, tête de liste Les Républicains en Occitanie, arrive aux environs de 22 heures. Jackie est fan. Il lui rappelle la grande époque avec Chirac. Elle ne veut pas dire son âge mais accepte de donner une tranche d’âge : entre 75 et 80 ans. "Autrefois, j’ai fait la campagne de Pierre Baudis puis celle de Dominique Baudis". Elle qui était chiraquienne s’est rapprochée des centristes avec la famille Baudis. Elle dit en avoir gardé l’esprit d’ouverture. "J’ai foi en Aurélien, c’est un jeune qui ne dévie pas de ce qu’il dit. Ce qui m’a amené à lui c’est cette sensation de droiture. Chez lui, on ne sent pas les magouilles comme ailleurs".

Carole Delga a enchainé les interviews, radio, télé, presse écrite. Elle reste souriante malgré les nombreuses demandes pendant plus d’une heure sous une pluie battante à peine abritée sous les parasols du café qui fait office de lieu de rassemblement avec les militants.

Elle accepte volontiers de continuer à l’intérieur, répond à Jean Castex qui lui téléphone pour la féliciter et répond encore aux questions des journalistes, souvent les mêmes. Oui elle est satisfaite, oui elle est fière que l’extrême droite ait reculé de 11 points par rapport à 2015 et Non, elle n’a pas d’ambition nationale avec ce très beau résultat car elle a toujours été très claire : son avenir, c’est l’Occitanie.

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