Disparition de Raymond Poulidor : retour sur quelques coups d'éclat de “Poupou” en Occitanie

Raymond Poulidor, lors du Tour de France 1968 / © Archives AFP
Raymond Poulidor, lors du Tour de France 1968 / © Archives AFP

C'est une figure populaire et attachante qui disparaît : Raymond Poulidor, décédé ce mercredi à l'âge de 83 ans, a marqué l'histoire du cyclisme, devenant de son vivant une véritable légende du sport français. Il s'était illustré à maintes reprises lors du passage du Tour de France dans la région.

Par Eric Coorevits

Raymond Poulidor est parti, pour une ultime échappée. Le cycliste originaire du Limousin est décédé dans la nuit de mardi à mercredi, à l'âge de 83 ans. Dans les années 60 et 70, sa "poupoularité", expression inventée par son ami écrivain Antoine Blondin, s'était construite le long des routes du Tour de France, notamment lors du passage de la Grande Boucle en Midi-Pyrénées.

1964 : une première victoire d'étape sur le Tour à Luchon

Raymond Poulidor avait bâti sa carrière grâce à de nombreux coups d'éclat : des victoires dans des courses classiques mais aussi lors d'étapes du Tour de France. L'"éternel second", un surnom sans doute réducteur adopté par ses supporters ou ses détracteurs, a remporté sept victoires d'étapes lors de la Grande Boucle, dont deux dans les Pyrénées. La première, il la décroche en 1964, entre Toulouse et Luchon. Après une attaque dans le col du Portillon, et une descente à tombeau ouvert en direction de Bagnères-de-Luchon, il franchit la ligne en vainqueur. Et termine cette année-là à la deuxième place du classement général, laissant le maillot jaune à Jacques Anquetil.
Retour sur cette victoire d'étape de Raymond Poulidor, en juillet 1964, à Bagnères-de-Luchon (récit Sophie Pointaire, archives INA)
 


1968 : une chute avant l'arrivée à Albi 

Lors du Tour de France 1968, alors qu'en l'absence d'Anquetil, de Merckx ou de Gimondi, la victoire finale semble enfin lui tendre les bras, Raymond Poulidor est renversé par une moto à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée à Albi, à hauteur de Damiatte, lors de la quinzième étape partie de Font-Romeu. La chute est violente : traumatisme crânien, fracture du nez, "Poupou" est contraint à l'abandon deux jours plus tard. 

 
Raymond Poulidor, contraint à l'abandon lors du Tour de France 1968 / © archives AFP
Raymond Poulidor, contraint à l'abandon lors du Tour de France 1968 / © archives AFP



Une stèle située sur la commune de Damiatte, dans le Tarn, rappelle cet épisode (reportage en 2001 de France 3 Tarn/Archives INA)
 


En 1974, un exploit retentissant au Pla d'Adet

Dix ans après sa première victoire pyrénéenne, Raymond Poulidor remet le couvert, cette fois au Pla d'Adet, dans les Hautes-Pyrénées. Lors de la 16ème étape, après une attaque décisive sur les hauteurs de Saint-Lary-Soulan, il fait cavalier seul jusqu'à la ligne d'arrivée. Un exploit retentissant pour le coureur alors âgé de 38 ans, qui terminera deuxième du Tour cette année là, derrière Eddy Merckx

Retour sur cette victoire d'étape de Raymond Poulidor, en 1974, au Pla d'Adet (récit Sophie Pointaire/Archives INA)

 

Une plaque rappelant ce coup d'éclat sera dévoilée en 2013 à Saint-Lary-Soulan, à l'endroit même où Poulidor avait laissé sur place son éternel rival Eddy Merckx pour s'envoler vers la victoire.

Voici le reportage, réalisé en 2013, par France 3 Tarbes (archives INA)

Une fois sa carrière terminée, Raymond Poulidor a continué à fréquenter assidûment  les courses cyclistes, devenant chaque mois de juillet une des vedettes de la caravane du Tour, distribuant des photos dédicacées à des files d'anciens admirateurs ou à de plus jeunes amoureux du vélo, racontant avec sourire et bonhomie ses souvenirs et ses anecdotes. Il était encore présent, en mai dernier, en Ariège, autour du podium de la Ronde de l'Isard.

Aujourd'hui, les hommages du monde du cyclisme affluent pour honorer la mémoire de "Poupou". Voici les tweets des Tarnais Laurent Jalabert et Lilian Calmejane publiés ce mercredi.
 

 

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