Don du sang : autorisation pour homosexuels et bisexuels sous condition de quatre mois d'abstinence sexuelle

Depuis ce 2 avril, les homosexuels ou bisexuels peuvent donner leur sang à condition de ne pas avoir eu de rapports avec d’autres hommes lors des quatre derniers mois. Le Comité Idaho France présidé par le Gardois Alexandre Marcel se dit très satisfait de la nouvelle mesure.
Désormais les hommes homosexuels ou bisexuels pourront donner du sang après quatre mois d'abstinence sexuelle au lieu de 12 mois.
Désormais les hommes homosexuels ou bisexuels pourront donner du sang après quatre mois d'abstinence sexuelle au lieu de 12 mois. © PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
Le Comité Idaho France, qui lutte contre l’homophobie, faisait partie des associations ayant saisi la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 2016. Au même moment, le Ministère de la Santé autorisait tous les hommes homosexuels ou bisexuels n’ayant pas eu de rapports sexuels avec d’autres hommes lors des 12 derniers mois à donner leur sang. Ce délai est désormais ramené à quatre mois depuis ce mardi 2 avril, à la satisfaction d'Alexandre Marcel, président du Comité Idaho France, Organisation Non Gouvernementale :
 

La ramener à quatre mois est une très belle avancée. Après 10 ans de lutte, c’est très bien. Nous sommes heureux mais il faut maintenant aller plus loin.

Voici encore quatre ans, les hommes homosexuels ou bisexuels n’avaient pas le droit de donner leur sang en France. La mesure ‘’d’exclusion à vie’’ avait été prise en 1983.
En 2016, une période d’abstinence d’un an leur était imposée. Aujourd'hui, elle est donc réduite à quatre mois. Le Comité Idaho France souhaiterait voir disparaitre cette restriction "afin de placer tout le monde sur un pied d’égalité".
 
Pour Alexandre Marcel, président du Comité Idaho France, c'est une victoire qui permet de voir plus loin dans l'égalité pour le don de sang au-delà des différences d'orientations sexuelles.
Pour Alexandre Marcel, président du Comité Idaho France, c'est une victoire qui permet de voir plus loin dans l'égalité pour le don de sang au-delà des différences d'orientations sexuelles. © Alexandre Marcel

En attendant, la France rejoint le peloton des pays ayant déjà adopté cette mesure comme ceux d’Europe du Nord. Mais l’Espagne, le Portugal, l’Italie et même la Russie et Israël ne font déjà plus de distinction.


Avancées scientifiques et sécurité transfusionnelles

Depuis quatre ans, le questionnaire que tout donneur volontaire doit remplir ne lui demande plus d’indiquer son orientation sexuelle mais seulement ses pratiques. Les homosexuels et les bisexuels, eux, se doivent de mentionner s’ils ont eu des rapports avec d’autres hommes lors des quatre mois précédents. On les appelle les HSH.

Si le délai d’abstinence a été réduit, c’est en raison entre autres des avancées scientifiques, comme celle présentée à la 22ème Conférence internationale sur le VIH/sida en 2018. Celle-ci démontrait qu’une personne séropositive qui suit régulièrement son traitement et dont la quantité de virus dans le sang est indétectable ne peut plus contaminer son partenaire.

Mieux vaut un séropositif non contaminant qu’un séropositif qui s’ignore.


Aujourd’hui, ‘’la sécurité transfusionnelle est garantie, affirme Alexandre Marcel. Les risques de contamination sont pratiquement négligeables. S’ils sont encore possibles, ils sont exceptionnels. Il est moins risqué d’avoir des rapports avec un séropositif non contaminant, qui suit sa thérapie qu’avec un séroposotif qui ne le sait pas’’.

L’affaire du sang contaminé a servi de leçon. Aujourd’hui, une fois la collecte réalisée, les dons sont regroupés par poches. Si un seul de ces dons est contaminé par le VIH, la poche entière est détruite. Depuis 1997, aucune poche contaminée n’a été utilisée dans une transfusion.

Entre 2014 et 2018, le nombre de dons positifs est resté stable pour le VIH. Et sur la période allant de 2016 à 2018, le risque résiduel a été estimé à un don potentiellement infecté tous les deux ans. Avec cette période d’abstinence ramenée à quatre mois, le nombre de donneurs SHS supplémentaires est estimé à 733 en un an et demi et le risque résiduel à 1 pour 6,38 millions de dons.
 
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