Cinq ans après l'attentat de Charlie hebdo : à Nîmes, le comité inter-religieux reste vigilant

Le 11 janvier 2015, à Nîmes, ils sont près de 50.000 dans les rues pour "Charlie". / © Fabrice Foures / Maxppp
Le 11 janvier 2015, à Nîmes, ils sont près de 50.000 dans les rues pour "Charlie". / © Fabrice Foures / Maxppp

5 ans après l'attentat qui aura coûté la vie à 12 personnes et qui avait mobilisé des millions de personnes dans les rues, que reste-t-il de l'esprit Charlie ? A Nîmes, le comité inter-religieux milite toujours pour plus de fraternité. 

Par Olivier Le Creurer

 Le 7 janvier 2015, les frères Chérif et Saïd Kouachi tuent 12 personnes au siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris. Après deux jours de cavale, les deux islamistes radicaux, qui se réclament d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), sont abattus.

Il y a une espèce d'instrumentalisation de la religion aujourd'hui à des fins terroristes qui est inacceptable


En France et dans le monde, l'émotion est immense. "Il y a une espèce d'instrumentalisation de la religion aujourd'hui à des fins terroristes qui est inacceptable et ça, il faut le dénoncer de façon ferme, absolue et sans complaisance," ressent alors Jean-François Blème, pasteur de l'église réformée à Nîmes. Au nom de la liberté d'expression, un cri de ralliement naît: "Je suis Charlie". Le 11 janvier, plusieurs millions de personnes descendent dans les rues pour le reprendre. A Paris, c'est la marée humaine place de la République. Le président François Hollande réunit 50 chefs d'État dans la capitale pour une marche historique.

50.000 personnes à Nîmes


A Nîmes, ils sont près de 50.000 dans les rues. Jamais il n'y avait eu autant de monde depuis la Libération. Une réflexion pour une société plus fraternelle, plus libre, plus égale a baigné dans ce cortège nîmois. L'espoir est grand pour les Musulmans que se construisent un nouveau vivre ensemble et que la République vive une et indivisible sorte renforcée de l'épreuve qu'elle vient traverser.

Avec cette image de fraternité, de mélange, de cette mixité sociales, je pense que le plus beau va commencer aujourd'hui en France pour la France


"Avec cette image de fraternité, de mélange, de cette mixité sociales, je pense que le plus beau va commencer aujourd'hui en France pour la France," assure Houcine Drouche, Imam de Nîmes.  
 



Cinq ans après, il reste du travail à faire. Un homme a agressé plusieurs passants à l'arme blanche, vendredi 3 janvier, dans un parc de Villejuif (Val-de-Marne). Il a tué une personne et blessé deux autres avant d'être abattu par les forces de l'ordre. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête. "Il y a des gens qui veulent mettre la France à genoux. On ne le veut pas," s'insurge Driss El Moudni, président de la fédération des mosquées du Gard. "Tous les vendredis, nous parlons de cela dans les Mosquées. Nous vivons en France. C'est notre patrie. A nous de la défendre."

Il y a des gens qui veulent mettre la France à genoux. On ne le veut pas


"Il y a cette idée que les religions divisent. Mais toutes préconisent la vie fraternelle et il est important de le manifester ensemble," analyse Roger Wattebled, évêque de Nîmes. Bernard Cavalier, président des Conseils de l'Eglise protestante unie de Nîmes poursuit: "Du monde religieux, on ne connait souvent que le côté minoritaire, ultra, intégriste, intolérant de la religion. Nous, nous voulons montrer que l'immense majorité des croyants n'ont qu'un désir, c'est de vivre en paix avec les autres.

On n'est pas là pour faire du prosélytisme ou pour convertir des gens à notre spiritualité. Mais les religions ont aussi à dire dans l'histoire du monde


Comme chaque premier dimanche de janvier, le comité inter-religieux de Nîmes a présenté ses voeux à la population. "L'intérêt est de montrer en quoi les religions peuvent s'impliquer dans la vie des citoyens. On n'est pas là pour faire du prosélytisme ou pour convertir des gens à notre spiritualité. Mais les religions ont aussi à dire dans l'histoire du monde," explique Bernard Cavalier.
 

Des actions communes

Le comité participe régulièrement à des actions communes. Des collectes de sang par exemple. "Si ton sang peut sauver ma vie, le mien peut sauver la tienne. Alors, nous pouvons être capable de vivre ensemble. C'est une symbolique forte," assure Bernard Cavalier. 

Paul Benguigui, va quitter la présidence de la communauté juive du Gard. Il passe le relais. Il était à l'iniative de la création du comité inter-religieux.  "La vengeance, la haine n'est pas du tout préconisée par les religions et au contraire, la plus belle des religions, c'est le pardon. Nous ne sommes rien sans les autres.
 

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