Coronavirus : Amazon rappelé à l’ordre, son implantation à Nîmes continue de faire débat

Ces dernières semaines, le géant du e-commerce, Amazon fait l'objet de nombreuses controverses. Dans le Gard, son projet d'implantation est plus que jamais dans les esprits. Les opposants "surfent" sur cette vague pour renforcer leurs actions. 
Le projet d'implantation d'Amazon dans le Gard est fortement contesté par de nombreuses associations.
Le projet d'implantation d'Amazon dans le Gard est fortement contesté par de nombreuses associations. © MaxPPP - FRIEDEMANN VOGEL
En novembre dernier, l’annonce a été confirmée par le préfet du Gard, Didier Lauga. Le feu vert a été donné à l’entreprise de commerce américaine Amazon pour une implantation à Fournès, entre Nîmes et Avignon.

Le promoteur Argan prévoit en effet de créer pour Amazon l’une des trois plus grandes stations logistiques d’Europe sur un axe stratégique, entre Nîmes et Arles.

Au programme, un bâtiment de plus de 39.000 m2 comprenant 3.000 m2 de bureaux et de nombreuses places de parking. Cela représenterait 7 terrains de football selon ADERE, Association pour le Développement Emploi dans le Respect de l’Environnement, opposante au projet.

Le centre de tri et la plateforme logistique seront érigés à la sortie d’autoroute de Remoulins, juste à l'entrée de la commune de Fournès et devraient permettre l’embauche de 150 personnes environ.
 
Lieu d'implantation prévu pour le projet d'Amazon dans le Gard.
Lieu d'implantation prévu pour le projet d'Amazon dans le Gard. © FTV


Projet à l'arrêt


Fortement contesté par de nombreuses associations, (ADERE​ ; ​ANV COP21​ Aix en Provence, Avignon, Montpellier et Sète Thau...), le projet a été retardé. Alors qu’il devait voir le jour en 2019, il est actuellement toujours à l’arrêt.

Les associations dénoncent les pratiques économiques d’Amazon mais aussi l’impact que représenterait un tel projet sur l’environnement et la biodiversité. Une pétition a d’ailleurs été lancée pour dire "Non à Amazon au Pont du Gard".

Mais voilà que le géant de la livraison se retrouve pointé du doigt pour ses pratiques en pleine épidémie de coronavirus.  Mercredi 15 avril, suite au dépôt d’une plainte, la justice a ordonné à Amazon de limiter, dans les 24h, l’activité aux produits “alimentaires, hygiène et médicaux, sous astreinte d'un million d'euros par jour de retard" estimant que la société a "de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés".

Suite à cela, la direction d'Amazon France a décidé de fermer pour ​5 jours​ ​tous ses entrepôts français “​ pour mener à bien l'évaluation des risques” .

Amazon contesté


"On va surfer sur cette vague d’opposition, nous sommes très engagés contre ce projet. La situation  est de plus en plus difficile pour Amazon en France, avec le COVID mais aussi à travers sa manière d’étouffer totalement, à la fois les commerces de proximité mais aussi la grande distribution", explique Patrick Fertil, membre rédacteur d’ADERE. 

Par ailleurs, le 23 mars dernier, l’association ADERE, et les associations PRIMA VERA et SORÈVE ont adressé une lettre ouverte à Carole Delga, présidente de la région Occitanie, pour la questionner sur le projet. "Carole Delga a lancé une campagne pour prôner le consommer local. Or avec ce projet on est totalement à contrario de cette philosophie", ajoute Patrick Fertil.

Une rencontre entre les opposants au projet et Carole Delga doit être programmée à la fin du confinement. 
 
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