Gard : le skipper héraultais Kito de Pavant lève le voile sur le nez de son nouveau bateau

Le skipper héraultais Kito de Pavant dévoile les nouvelles couleurs de son Class40. Première mise à l’eau dans le bassin de Port Camargue dans le Gard pour ce monocoque fortement rajeuni, notamment avec une nouvelle étrave. Un nez à l'allure de canadair...

Gard - mise à l'eau du monocoque de Kito de Pavant à Port Camargue - avril 2021.
Gard - mise à l'eau du monocoque de Kito de Pavant à Port Camargue - avril 2021. © Robin Christol

Le Class40 de Kito de Pavant vient tout juste de sortir du chantier naval du skipper à Port Camargue, au Grau-du-Roi dans le Gard. C’est en grande partie rajeuni qu’il effectue sa première mise à l’eau avant encore quelques finitions sur sa quille. Le monocoque a passé plusieurs mois sur cales pour que l’équipe du marin réalise des modifications pour accroître ses performances.

Ce monocoque de sept ans appartenait à un certain Yannick Bestaven, vainqueur du dernier Vendée Globe. En 2015, il a remporté quasiment toutes les courses du circuit, dont la Transat Jacques Vabre.
Kito de Pavant rachète le bateau en 2017 et termine à sa barre, 5e de l’édition 2018 de la Route du Rhum puis réalise un podium sur le Défi Atlantique.

Arrivée de nouveaux bateaux plus puissants

Lors de sa participation à la Transat Jacques Vabre en 2019, le skipper héraultais a constaté l’arrivée de deux nouveaux bateaux très rapides.
Ce sont des bateaux très différents de tout ce qu’on connaissait, avec des avants très larges et on a vu qu’à certaines allures, les bateaux avaient un vrai plus en terme de performances” se souvient de Kito. “Les architectes cherchent à gagner de la puissance et donc à élargir l’avant des bateaux. Aujourd’hui, tous les nouveaux bateaux sont construits sur ce modèle”, précise-t-il.

Faire évoluer le bateau

Au fil des saisons, Kito de Pavant et son équipe n’ont cessé d’optimiser le Class40. Et là encore, des transformations importantes étaient nécessaires pour rivaliser avec les nouveaux bateaux. 

On avait deux solutions, soit racheter un bateau récent soit essayer de transformer le nôtre.

Kito de Pavant, Skipper.

Pour définir les modifications nécessaires afin d’optimiser les performances du bateau, Kito de Pavant a fait appel à son vieux complice Guillaume Verdier, architecte du Class40, mais surtout de quelques-uns des bateaux les plus rapides du dernier Vendée Globe.

Après deux mois d’études hydrodynamiques poussées, ils ont donc décidé de modifier l’avant du Class40. “Nous avons pris le temps d’étudier toutes les options possibles avant de lancer, en janvier, la phase de chantier et la découpe de plus de 3 mètres de coque” précise Kito.
L’équipe a donc découpé l’avant du bateau lui donnant l’allure d’un canadair. L’opération contribue à réduire la surface de la coque au contact de l’eau, notamment dans des allures au portant dans lesquelles le Class40 devrait être plus rapide. 

le nouveau nez du bateau de Kito de Pavant
le nouveau nez du bateau de Kito de Pavant © - Made in Midi

L’idée est d’essayer de concurrencer les nouveaux bateaux de la classe qui n’ont pas que des avantages. Ils sont très larges donc moins polyvalents. Kito aura la capacité de se faufiler, d’avoir un bateau plus passe-partout”, explique Guillaume Verdier. “On s’est aperçu qu’en dessous de 20 nœuds, ces nouveaux bateaux sont un peu pénalisés, nous serons un peu plus cohérent dans une majorité de condition” précise le skipper.

D’autres travaux moins visibles ont été réalisés :

De nouveaux partenaires

Monter un bateau compétitif coûte cher. Il faut trouver des partenaires et sponsors. “ Malgré la crise sanitaire, on a eu la chance de faire le plein de partenaires, ce qui est assez rare. Dans cette période un peu compliquée pour tous les sports, on s’en sort plutôt bien”, indique Kito de Pavant. Le milieu de la voile a certainement profité du succès de la course au large notamment avec l'embellie du Vendée Globe dernier qui a été largement suivi.
Soucieux des questions environnementales, le skipper occitan s’est engagé auprès de Reforest’Action qui se bat pour la restauration de la forêt dans le monde. Depuis, d’autres partenaires actifs sur l'environnement ont suivi le projet du skipper.

Ça fait des années qu’on nous prête des vertus environnementales, mais je ne suis pas certain qu’on les mérite vraiment aujourd’hui...

Kito de Pavant, skipper.

La voile semble être une activité verte avec l’autonomie énergétique à bord, par l’éolien, les panneaux solaires, les hydrogénérateurs, “mais dans la construction des bateaux, on a énormément de progrès à faire. Il faut trouver des solutions alternatives. Avec le partenariat d’entreprises soucieuses de l’avenir de notre planète, on essaie d'être moteur dans les réflexions et actions environnementales".

Objectifs

Les premiers essais de navigation sont prévus autour du 8 mai. 
Reste à finaliser la pose de la quille, à fixer le mât et positionner les voiles et “on va pouvoir tester cette nouvelle étrave” s'exalte Kito.
Ce sera parti pour six mois de navigation avec pour objectif numéro un la Transat Jacques Vabre qui partira du Havre le 7 novembre pour rejoindre sans escale Fort-de-France en Martinique.

Je suis un peu excité, je suis comme un gamin” s’enthousiasme le navigateur de 60 ans.

Les temps forts en Méditerranée :

Et la Transat Jacques Vabre : départ du Havre le 7 novembre pour rejoindre sans escale Fort-de-France en Martinique.

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