Le Secours populaire de Nîmes en difficulté face à une baisse de dons sans précédent

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Écrit par Ophélie Le Piver avec Auriane Duffaud

En difficultés depuis le début de la crise sanitaire, l’association du Secours populaire retrouve peu à peu son équilibre par rapport à son nombre de bénévoles. Les dons en revanche sont en baisse et mettent en difficulté l’organisation de la structure. Cette semaine, l’association organise sa collecte nationale.

“Le 130” est connu par les bénéficiaires du Secours populaire comme une oasis. C’est dans ce local qu’ils viennent rechercher leur colis alimentaire mais aussi du réconfort. 

80 bénévoles au Secours populaire à Nîmes

Le matin, les bénévoles s’y activent pour préparer la distribution de l’après-midi. Le nombre de volontaires a augmenté ces derniers temps car pour certains, la crise sanitaire a provoqué un véritable besoin de prendre soin des autres. C’est par exemple le cas de Jacqueline“J’ai commencé en octobre 2020”, confie-t-elle. “On était rentrés dans cette pandémie et je devenais à cran chez moi, il fallait que je fasse quelque chose. Je ressentais une certaine solitude, et puis on sentait bien qu’il y avait des gens qui étaient dans le besoin. Là, je me sens utile… quand je pars d’ici je suis très contente.”

Côté bénévoles, le Secours populaire retrouve donc petit à petit son équilibre. A Nîmes, ils sont sept salariés et près de 80 volontaires.

Des dons insuffisants pour répondre à la demande

Mais les dons, eux, ont baissé par rapport à l’année dernière. Et la diminution se répercute directement sur le contenu des colis alimentaires et sur l’épicerie solidaire. “Là où l’on a vraiment besoin d’argent c’est pour pouvoir acheter des fruits et des légumes frais”, explique Myriam Fabre, la présidente du Secours populaire. “C’est ce que ne nous fournit pas le FEAD, le Fond Européen d’Aide aux plus Démunis. Au début de la pandémie on a eu une montée de dons mais là ça baisse, nous en sommes à -10%, à -15% de moins de dons général.” 

Outre les fruits et les légumes, l’association doit aussi acheter des produits d’hygiène comme du dentifrice ou des serviettes hygiéniques. Des articles essentiels à la santé des bénéficiaires. Aujourd’hui, ils sont près de 13 000 dans le Gard. Sophie est l’une d’entre eux, elle vient chercher son colis toutes les deux semaines car sa pension d’invalidité ne lui permet pas de subvenir à tous ses besoins. “Je repars avec du beurre, des fruits, des légumes. Ca me permet aussi de manger du poulet, il n’y a pas que des boîtes de conserve, il y a de tout”, présente-t-elle. "Ça remonte le moral et surtout pour ma santé, parce qu’il faut tenir des jours sans manger.”

Une tombola pour récolter des fonds

Pour donner à l’association les moyens d’agir, outre les dons, le Secours populaire met en place le Don’actions. Durant deux mois, des billets de tombola sont mis en vente, notamment sur certains marchés du Gard. Dans le Gard, 12 000 à 14 000 personnes bénéficient des colis alimentaires. 88 292 colis ont été distribués l’an passé.