Match OM/Nîmes : ouverture d'une enquête suite aux violences entre supporters nîmois et policiers

Le parquet de Nîmes a décidé d'ouvrir une enquête ce lundi, après les heurts qui ont éclaté samedi soir à Nîmes, entre des supporters nîmois déroutés du stade Vélodrome à Marseille pour le match OM-Nîmes et les forces de l'ordre.

Un fumigène, au stade des Costières à Nîmes, au lendemain des altercations entre police et supporters.
Un fumigène, au stade des Costières à Nîmes, au lendemain des altercations entre police et supporters. © France 3 Occitanie / Daniel Moine
Des altercations ont eu lieu samedi soir à Nîmes entre des policiers et des supporters nîmois, déroutés par les forces de l'ordre du stade Vélodrome à Marseille où ils comptaient assister au match OM-Nîmes.

Quelques heures au auparavant, dans l'après-midi, ces supporters des Crocodiles, avaient été refoulés par des CRS au péage de Lançon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône.
 

Près de 500 supporters

Les supporters étaient près de 500, répartis dans plusieurs cars, alors qu'un arrêté pris par la préfecture des Bouches-du-Rhône limitait leur présence à 200 personnes car la rencontre était classée à haut risque.

Ils ont été raccompagnés et escortés par la police jusqu'à leur arrivée à Nîmes, sur le parking du stade des Costières, où des incidents ont éclaté.


C'était le chaos total


affirme Cyril Roure, président du groupe des Nemausus. 

"Les CRS nous attendaient en rangs d'oignon, on est tombé dans un guet-apens"
, a déclaré Cyril Roure à l'AFP, évoquant "plusieurs bombes de désencerclement, des coups, des insultes, alors que nous étions sous la pluie, pacifiques, avec des enfants et des petits vieux".
 


Un policier blessé pendant les affrontements


Au parquet de Nîmes, le procureur adjoint Stanislas Vallat a indiqué qu'une enquête avait été ouverte pour des violences sur une personne dépositaire de l'autorité publique.

"Une personne a été placé en garde à vue samedi soir à l'arrivée supporters aux abords du stade des Costières où ds force de l'ordre étaient stationnée pour assurer la quiétude du retour. Une des personnes a jeté un projectif et un policier a été blessé à l'épaule et dispose de 5 jours d'ITT (interruption totale de travail) suite à cet incident", a-t-il indiqué à nos confrères de France 3 Pays Gardois.
 

Un supporter en garde à vue


Placé en garde à vue samedi soir, ce supporter était toujours entendu lundi par les policiers. Il devait être présenté dans la soirée à un magistrat instructeur pour violence aggravée et usage illicite de stupéfiants. 

L'homme, qui réfute les faits, "a lui-même porté plainte contre des policiers en dénonçant des violences illégitimes à son encontre de la part des forces de l'ordre", a précisé le procureur adjoint.
  

Malgré l'arrêté et avec l'accord du club, on a voulu y aller


 "On préparait ce déplacement depuis plus d'un mois, car on est interdit de stade à Montpellier, alors pour Marseille il y avait beaucoup de demandes, donc malgré l'arrêté et avec l'accord du club, on a voulu y aller", a expliqué Cyril Roure.

Des versions des faits qui divergent

Le président du club de supporters a aussi dénoncé des violences policières sur le trajet du retour entre Lançon-de-Provence et Nîmes, lors d'une pause d'un chauffeur de bus à Salon-de-Provence.

"Là, la police qui nous escortait est montée dans le bus et a gazé le chauffeur, le forçant à reprendre la route alors qu'il ne voyait plus rien", a-t-il décrit.

De son côté, la préfecture, elle affirme que "Sur le trajet, l'un des bus a tenté de quitter le cortège à plusieurs reprises, obligeant l'escorte à intervenir. Le bus s'est notamment arrêté sur l'autoroute contraignant la police à faire usage de gaz lacrymogène afin d'éviter que les passagers ne débarquent".

"Par leur attitude, les supporters, qui n'ont pas respecté les termes de l'autorisation de déplacement encadré, ont démontré la justesse de l'évaluation initiale des risques liés à leur déplacement",
a conclu la préfecture.
  

Des supporters envisagent de déposer plainte


Une centaine de supporters s’est réunie lundi à 17h sur le parking des Costières.
Une délégation de cinq personnes a été reçue par le directeur de la sûreté publique.

Des plaintes devraient être déposées ces prochains jours par les supporters au commissariat de Nîmes, mais aussi auprès des gendarmes.
 
© Martin Villaret / France 3 Occitanie

"Je compte aller loin, j'aime pas ce système là, je veux de réponses, la sous-préfète du Vigan et le procureur ont dit que c'étaient les supporters nîmois qui avaient agressé d'abord les CRS. Moi, je suis quelqu'un de responsable, je suis père de famille, je ne prends pas de risques. Quand je me déplace c'est pour aller voir un match de foot et pas pour aller caillasser du flic ! Je vous assure que samedi soir quand on est rentrés, c'est le groupement d'intervention de Marseille qui nous a agressé en disant qu'ils allaient nous tabasser et nous casser en deux, c'est pas normal !" s'insurge Cyril Roure, président du groupe des Nemausus. 


Les supporters ont décidé de ne pas porter plainte pour le moment.

De son côté, la justice affirme vouloir reconstituer le fil des événements survenus samedi. 

 

Si le parquet a décidé d'ouvrir une information, c'est justement pour que tout soit mis à plat, que l'on puisse entendre les uns et les autres et que la lumière jaillisse du travail du magistrat instructeur.
Stanislas Vallat, procureur adjoint de Nîmes. 


Une enquête administrative est donc en cours au parquet de Nîmes.
Elle pourrait conduire à une enquête judiciaire pour déterminer, entre autre, si les jets de grenades lacrymogènes sont antérieurs ou postérieurs au lancer de projectile du supporter placé en garde à vue.

 
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