Nîmes : les armes automatiques font leur entrée dans le quartier Pissevin

Images extraites des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux après la fusillade dans le quartier de Pissevin à Nîmes
Images extraites des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux après la fusillade dans le quartier de Pissevin à Nîmes

Dimanche 26 janvier, vers 20h 30, des rafales d'armes automatiques ont été tirées sur la façade d'une galerie commerçante de Nîmes. Acte d'intimidation ou nouvel épisode d'une sorte de "gun challenge" qui oppose les cités françaises ? Les policiers sont perplexes.

Par Christophe Chassaigne

Les policiers contactés sont fatalistes : "Oui, il y a bien quelques impacts de plus sur la façade du Wagner". Finalement rien de très inhabituel, depuis cinq ans, la galerie commerçante Richard Wagner a été le théâtre de faits divers plus ou moins violents.

Au sud-ouest de Nîmes, dans ce quartier Pissevin dont les espaces publics sont baptisés des noms de grands compositeurs, entre les rues Puccini et Verdi, place Claude Debussy, Jardin Lulli ou impasse Vivaldi, les mélodies en sous-sol et même - plus rarement - en plein air sont souvent rythmées par des coups de feu.
 

Ceci-dit, des rafales d'armes automatiques, c'est quand même une grande première. S'il s'agit bien d'AK 47, armes surtout utilisées dans les quartiers nord de Marseille à 120 kilomètres de là, ce serait une entrée remarquée à Pissevin pour l'invention très populaire de l'ingénieur kalachnikov.
Jusqu'alors, ce type d'arme n'avait été identifié qu'en février 2019, lors d'une fusillade au "Mas de Mingue", autre cité située au nord-est de Nîmes.


Des vidéos virales

A Pissevin, les témoins, nombreux sur les réseaux sociaux bien qu'aucun ne se soit manifesté auprès des policiers, confirment la régularité des coups de feu et les puissantes détonations si caractéristique de ces fusils d'assault. Filmées depuis les tours avoisinantes, les vidéos de ces rafales sont vite devenues virales.
 

Quant aux quarante douilles ramassées par les enquêteurs, elles accréditent l'hypothèse d'un nouveau palier franchi dans les affrontements entre bandes rivales des différents quartiers de Nîmes. 

Le procureur nîmois a chargé la police judiciaire de mener l'enquête pour tenter d'identifier ces détenteurs d'armes lourdes. Plusieurs dossiers sont déjà en cours d'instruction dans ce quartier, la plupart se fondent sur des trafics de stupéfiants.
 

Mais l'heure à laquelle ces coups ont été tirés et la rapide diffusion de ces vidéos sur les réseaux sociaux (des vidéos difficiles à sourcer, reprises par des dizaines de sites internationaux et sur lesquelles on voit clairement des hommes en armes monter dans plusieurs véhicules) interpellent les spécialistes des bandes organisées. Apparemment, il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre deux groupes opposés mais des rafales "démonstratives" qui seraient simplement destinées... à être filmées !


Une démonstration destinée à terroriser les populations

L'un d'eux avance l'hypothèse d'une participation à une simple mise en scène dont le précédent épisode s'est déroulé à Montpellier. Là encore, des rafales d'armes automatiques ont été tirées en pleine rue, filmées et diffusées sur internet. C'était le 31 décembre dernier au pied de la tour d'Assas dans le quartier populaire de la Mosson. Des faits similaires ont été signalés tout au long de l'année 2019 à Marseille, cité de la Bricarde, ou encore à Amiens, Dijon ou Melun.

Le but de ces "démonstrations"serait de terroriser les populations locales et d'occuper l'espace numérique pour envoyer un message fort aux éventuels concurrents : attention armes puissantes en circulation dans le quartier ! Pour ceux qui ont pu observer ce jeu très en vogue auprès des jeunes utilisateurs du réseau "tik-tok", ce serait simplement une sorte de "gun challenge" auquel se livrerait les gangs des cités !
 

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