Nîmes : le CHU lance une étude sur la réduction de la consommation d'alcool baptisée "Cocktail"

L'étude Cocktail est une première en France. 20 CHU, dont celui de Nîmes, vont y participer. Il s'agit de tester les effets de l'association de 2 médicaments pour réduire la consommation excessive d'alcool. Une dizaine de patients du Gard est en cours de sélection pour ensuite évaluer le traitement.

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illustration © Patrick Lefevre maxppp
12 semaines de traitement et un suivi hospitalier de 4 mois... l'étude Cocktail doit permettre, à terme, à des personnes atteintes d'alcoolisme de réduire de façon importante, leur addiction voire de tendre vers l'abstinence.
Pour cela, le CHU de Nîmes recrute des candidats pour tester un traitement médicamenteux dont les molécules agiront principalement sur le cerveau et les récepteurs cérébraux.

Cette étude randomisée et nationale qui concerne 20 CHU de France va tester l'association de 2 médicaments très connus et existants depuis des années. Un anti-hypertenseur et un anti-allergique.
Le programme se fera sur 3 groupes de patients, un recevant des doses élevées, un des doses modestes et un utilisant un placébo.

Selon le professeur Pascal Perney, chef du service addictologie au CHU de Nîmes, les médicaments et leurs molécules sont indispensables au processus de sevrage mais le suivi, l'écoute et l'accompagnement du patient sont encore plus importants.

Les médicaments, c'est important mais les patients vont surtout avoir un suivi très régulier au CHU. Des évaluations de la consommation d'alcool, de leur besoin d'alcool, de leur niveau de dépression seront effectuées par un médecin et une infirmière. Cette aide est déjà significative pour faire baisser la consommation d'alcool même sur le groupe test placebo.

Il y aura des questionnaires et le patient tiendra un registre-agenda de sa consommation d'alcool. Une auto-évaluation.

L'Occitanie, région à haut risque en matière d'alcoolisme

Notre région détient plusieurs records en matière d'alcoolisme. 13% des 18-75 ans boivent de l'alcool chaque jour contre 10% en France.
6,6% des femmes et 19% des hommes, ce sont 2 records nationaux.

En Occitanie, 2 tranches d'âge sont plus touchées, les 60-75 ans et les 18-30 ans.
© F3 LR
En 2017, selon l’enquête Escapad (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies), la prévalence de l’expérimentation d’alcool (avoir déjà consommé de l’alcool au moins une fois dans sa vie) chez les jeunes de 17 ans variait de 75% à 94% selon les régions de France métropolitaine. C'est 92% en Occitanie.
L’usage régulier d’alcool (au moins 10 fois au cours du dernier mois) chez les jeunes de 17 ans variait de 5,6 % à 11,9 % en France, c'est 9% en Occitanie. Et 19% pour des alcoolisations ponctuelles importantes répétées (au moins 3 dans le mois) pour une moyenne de 16%.

L'alcool consommé est pour 33% du vin et pour 18% de la bière.

Un traitement encourageant testé sur des rats

Avant d'être évalué sur l'Homme, ce cocktail de médicaments l'a été sur des rats, en laboratoire. Avec des résultats significatifs pour une addiction délicate à maîtriser ou à soigner.

Les animaux ne consomment pas d'alcool. Mais des lignées de rats sont programmées pour cela. Si on leur propose un biberon d'alcool et un biberon d'eau, il vont préférer l'alcool. On mesure alors les quantités consommées. Puis on leur donne le traitement et on relève les données. Là, on a noté des baisses très significatives.

Pascal Perney, chef du service addictologie au CHU de Nîmes.

Le CHU recherche des volontaires

Si vous buvez plus de 6 verres de vin par jour pour les hommes et 4 verres pour les femmes et que vous voulez réduire votre consommation, vous pouvez contacter le CHU de Nîmes. Il recherche des volontaires pour cette étude nationale.En France, l'alcoolisme coûte 120 milliards d'euros et fait plus de 41.000 morts chaque année.
 
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