Nîmes : un kiosquier menacé à cause de la Une du Point sur Erdogan porte plainte

illustration / © maxppp SEBASTIEN NOGIER
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Un kiosquier nîmois a porté plainte après avoir été menacé ce mercredi matin, par un ressortissant turc qui exigeait qu'il retire les affiches de la Une de l'hebdomadaire Le Point présentant le président turc Erdogan de "dictateur".

Par FD avec afp


Vers 11H30 ce mercredi,

"un ressortissant turc en survêtement noir d'une soixantaine d'années est venu dans le magasin et nous a demandé de retirer les affiches sur lesquelles figurait la Une du Point avec Erdogan", a expliqué ce responsable d'un tabac-presse de Nîmes qui ne veut pas être nommé pour des raisons de sécurité.


Le kiosquier relate que l'homme lui a dit "Si vous n'enlevez pas les affiches, on vient dans l'après-midi et on casse tout".

Avant ces menaces, le commerçant explique, il est sorti avec lui en lui expliquant "que c'était une société privée qui gérait l'affichage" sur son magasin et qu'il "n'avait pas les clefs pour enlever les affiches".

"Moi je refuse d'enlever ces affiches par rapport à la liberté de la presse. Je suis diffuseur donc je suis solidaire de la presse", a poursuivi le commerçant.


"Mais on m'a conseillé de les enlever... Là on est en train de les plier proprement dans le magasin et on attend de voir si on les remet ou pas", sous la surveillance de la police, ajoute le commerçant qui a aussitôt prévenu les forces de l'ordre.

"Il ne faut pas se laisser faire. On a encore la liberté d'écrire ce que l'on pense que ça plaise ou pas", s'insurge le kiosquier.

Une condamnation de l'acte par l'union des commerçants de presse


Dans un communiqué, l'union des commerçants Culture Presse "condamne fermement cet acte de pression sur un marchand de presse, de même que ceux sur des marchands du Pontet (Vaucluse) et de Valence (Drôme)" qui ces derniers jours ont également été pris à partie.
"Pas de liberté de la presse sans liberté de diffusion", souligne le texte, alors que Le Point a dénoncé dimanche une campagne de "harcèlement" contre son dernier numéro.

Le président Emmanuel Macron a jugé lundi soir "parfaitement inacceptable" que des affiches de l'hebdomadaire soient retirées des kiosques "au motif qu'elles déplaisent aux ennemis de la liberté".

"La démocratie ne se limite pas à l'acceptation d'insultes et de mensonges, c'est aussi la prise en compte des sensibilités de l'autre. Au-delà c'est de l'hypocrisie", lui a rétorqué mardi dans un tweet le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu.

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