Nîmes : les jeunes aficionados se rassemblent contre l'interdiction de la corrida aux mineurs

De nombreux jeunes sont venus pour défendre leur liberté d'assister à des corridas / © Juliette Poissonnier / FTV
De nombreux jeunes sont venus pour défendre leur liberté d'assister à des corridas / © Juliette Poissonnier / FTV

Assister à une corrida sera-t-il bientôt interdit aux mineurs de moins de 16 ans ? Les jeunes aficionados de Nîmes ne sont pas d'accord. Ils ont manifesté ce samedi contre une prochaine proposition de loi en ce sens.

Par Emma Derome

Les jeunes amateurs de corrida se sont rassemblés devant les arènes de Nîmes, samedi 5 octobre, pour protester contre une proposition de loi qui devrait voir le jour prochainement. Il est question d'interdire la corrida aux mineurs de moins de 16 ans.

La polémique a débuté pendant l'été, après que plusieurs ministres aient assisté à une corrida. La députée de la majorité, Aurore Bergé, avait expliqué sur France Info qu'elle "n'y serait pas allée", et que "la mise à mort n'est pas un spectacle". "J'aimerais a minima qu'on puisse interdire la corrida aux mineurs", avait-elle ajouté.

Plusieurs centaines de jeunes présents

Depuis, la députée LREM Samantha Cazebonne, suivie par une cinquantaine de députés de la majorité, a annoncé début octobre vouloir déposer une proposition de loi en ce sens le 17 octobre prochain, jour d'un colloque sur la protection de l'enfance contre toutes formes de violence.
 

Un affront pour les jeunes aficionados. Plusieurs centaines de jeunes ont participé à ce rassemblement, ce samedi matin.

On a trouvé que c'était anormal d'interdire aux parents une liberté fondamentale, celle d'élever leurs enfants comme ils le veulent, dans les lois et le respect des valeurs de la République. Je ne vois pas pourquoi on interdirait d'aller aux arènes, et c'est la réaction commune des enfants qui ont été élevés dans les traditions et qui souhaiteront élever les leurs comme ils l'ont été par leurs parents et leurs grands-parents.
Norman Dumon, collectif des jeunes aficionados nîmois

 
Des manifestants de tous âges étaient présents / © Juliette Poissonnier / FTV
Des manifestants de tous âges étaient présents / © Juliette Poissonnier / FTV

Le maire de la ville, Jean-Paul Fournier, était sur place lui aussi. Il a évoqué ses souvenirs, aux arènes, accompagné de son père. 

Il avait publié, vendredi déjà, un communiqué pour défendre la corrida. Selon lui, sa ville "et la culture taurine sont historiquement étroitement liées avec les corridas qui s’y déroulent dans notre célèbre amphithéâtre romain depuis le milieu du XIXe siècle".

L'élu vante également l'importance de cette pratique pour l'activité économique et touristique. Il déplore cette "pensée bien dogmatique" de vouloir interdire pour les mineurs "un spectacle puissant et codifié qui magnifie les qualités de l'animal mais aussi, pour l'homme, les valeurs de courage, de respect et d'humilité" et pour les parents "de la liberté de partager et de transmettre à son enfant l'intérêt et parfois l'amour porté à la tauromachie".

75% des habitants des départements taurins opposés à la corrida

En 2017 pourtant, un sondage démontrait que 54% des Nîmois étaient contre les corridas avec mise à mort. Un autre sondage IFOP/Alliance Anticorrida révélait que 75% des habitants des 10 départements "taurins" y étaient opposés. Pour les anti-corrida, cette proposition s'appuie sur une recommandation des Nations Unies de 2016.

La réaction du comité des droits de l'enfant a été de vouloir interdire l'accès des mineurs aux spectacles violents que sont les corridas, parce que ça a un impact sur leur psychisme, parce que ça va leur apprendre que la loi du plus fort est la meilleure, et que torturer un animal ça peut être un spectacle.
- Roger Lahana, fédération des luttes pour l'abolition des corridas

La jeunesse aficionada nîmoise évoque aussi le danger que cette proposition de loi représente pour les écoles de tauromachie. À l'école taurine de Nîmes, les enfants peuvent s'inscrire à partir de 8 ans.

Pour la députée porteuse de cette future proposition, le souci est bien celui de la protection de l'enfance avant celui du bien-être animal.

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus