"On ne se laissera pas faire" : un "appel de Nîmes" lancé contre "l'abandon des quartiers aux trafiquants" de drogue

Plusieurs responsables politiques et associatifs se sont rassemblés pour signer "l'appel de Nîmes", une pétition demandant à l'Etat d'agir pour lutter contre le narcotrafic, qui paralyse de plus en plus les quartiers populaires. Cet appel rejoint celui lancé à Marseille, le 26 janvier dernier.

"Ça suffit !" C'est avant tout un cri de ras-le-bol, lancé par des responsables politiques, associatifs, et des personnalités civiles nîmois. "L'appel de Nîmes", lancé ce mercredi 6 mars 2024 et signé par une trentaine de personnalités, demande à l'Etat d'agir "maintenant" contre le narcotrafic, qui fait de plus en plus de victimes chaque année.

"Narcotrafics et règlements de compte à l'arme lourde font désormais partie du quotidien de notre ville [...]. Nous ne nous y résignons pas", écrivent les signataires. "On se dit que ce n'est plus possible d'avoir une ville dans laquelle un quart de la population, voire plus, dit qu'elle a peur de sortir de chez elle, développe Vincent Bouget, conseiller municipal, départemental et signataire de l'appel. On ne peut plus l'accepter."

Une situation de plus en plus dégradée

Si l'appel s'inspire directement de celui lancé à Marseille, le 26 janvier dernier, il a aussi été précipité par une situation qui s'est dégradée à Nîmes ces derniers mois, avec la mort de Fayed, 10 ans, en août, ou les récentes fusillades au Chemin-Bas d'Avignon qui paralysent le quartier.

"La situation de Marseille ressemble beaucoup à celle que connaît Nîmes actuellement, abonde Vincent Bouget. Le narcotrafic s'est incrusté dans des quartiers entiers, qui ont été délaissés depuis des années. Des réponses peuvent être trouvées localement, mais c'est une problématique qui dépasse largement les acteurs locaux."

Des mesures régaliennes doivent être prises, pour que les familles retrouvent la tranquillité.

Alain Clary, ancien maire PCF de Nîmes (1995-2001) et signataire de l'appel

L'appel de Nîmes, comme celui de Marseille, dénonce avant tout l'inaction de l'État et "l'abandon des quartiers aux trafiquants et à l'économie souterraine". Les signataires demandent "au président de la République et au gouvernement de prendre leurs responsabilités", pour "rétablir le droit à la sécurité et à la tranquillité" à Nîmes, mais aussi dans d'autres villes de France.

"Le premier responsable, c'est quand même l'État, insiste Alain Clary, ancien maire PCF de Nîmes (1995-2001) et signataire de l'appel. Dans les secteurs de l'école, de la sécurité, de la mobilité, dans le fait que le chômage et la précarité soient généralisés... Les politiques de droite nationales ont développé les fractures sociales et territoriales", regrette l'ancien élu. 

Lutter contre une "spirale de désertion"

Les signataires demandent "des mesures immédiates", mais veulent aussi, à travers cet appel, "mobiliser tous les acteurs et la population". "Aujourd'hui, les gens sont résignés, on est un peu dans une spirale de désertion, regrette Vincent Bouget. Il faut que, tous ensemble, nous reprenions la main, nous soyons acteurs des politiques de la ville. Cet appel a aussi vocation à dire qu'on ne se laissera pas faire." "On veut redonner un motif d'espoir aux habitants", appuie Alain Clary.

Les signataires espèrent aussi que leur appel, après celui de Marseille, donne des idées à d'autres villes en France qui connaissent la même situation. "On essaye de faire en sorte que cet appel citoyen essaime sur tout le territoire, car il faut que tout le monde s'empare de ce problème d'ordre national, affirme Vincent Bouget. Nous ne sommes pas un cas isolé." En 2023, près de 400 décès en France étaient liés au narcotrafic.

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