Sécheresse. Pour préserver la ressource en eau, ils plantent des forêts avec de nouvelles espèces d'arbres

Changements climatiques, périodes de sécheresse… L’eau est de plus en plus fréquemment au cœur des préoccupations. Et si la gestion des forêts pouvait aider à préserver cette ressource vitale ? C’est ce que tente de démontrer un chantier de reboisement expérimental dans les Cévennes.

Au revoir pins maritimes et châtaigniers… Bonjour cèdres, merisiers ou encore chênes rouges d’Amérique. Ce sont les nouvelles espèces qu’un propriétaire forestier a plantées sur sa parcelle de 3 hectares dans les Cévennes, vers Branoux-les-Taillades.

Il y a deux ans, Jean-Claude Fonzes a accepté de participer à un chantier de reboisement expérimental entrepris par le Groupement de développement forestier gardois. Objectif ? Évaluer l’impact des pratiques sylvicoles sur l’eau, son ruissellement, son écoulement et son infiltration.

Nous avons le sentiment que forêt, sol et eau sont des alliés naturels. Nous voulons le prouver avec des travaux de recherche pour décrire les chemins de l’eau.

Charles Dereix, président de Forêt Méditerranéenne

Planter du nouveau en réutilisant l’ancien

Six espèces d’arbres, plus résilientes au changement climatique sont donc plantées. Les branches et les troncs des anciens arbres ont également été laissés sur place. En amont, ils sont disposés à l’horizontale pour former des terrasses et éviter les ravinements.

Pour planter les nouvelles pousses, la technique du potet a été utilisée. C’est-à-dire gratter la terre, l’effriter et la reposer pour que la bonne terre se retrouve en surface. Au pied de chaque arbre se crée alors une petite rétention d'eau.

Les chemins de l’eau surveillés

Grâce à des capteurs enfouis à 50 cm de profondeur, la pression de l’eau peut être contrôlée par les chercheurs du CNRS. Une station météo est aussi présente sur place.

Venu constater les premiers résultats jeudi 4 avril 2024, un ingénieur de recherche au CNRS, Pierre Alain-Ayral, a de bonnes nouvelles : "l’impact des travaux semble minime sur les écoulements, notamment lors des épisodes de pluie." Mais il reste vigilant sur certains points, comme les pistes créées pour les travaux.  

Les pistes sont en capacité de modifier les chemins de l’eau. Ça peut provoquer des ravinements ou augmenter le ruissellement.

Pierre Alain-Ayral, ingénieur de recherche au CNRS

Il faudra attendre 10 ou 20 ans pour que le suivi de l’expérimentation soit complet. Mais pour le propriétaire de la parcelle, ce chantier est déjà une petite victoire : "Avoir du terrain, sans en prendre soin, ça me faisait mal au cœur. Alors je me suis lancé dans cette aventure. Je ne le regrette surtout pas."

Écrit avec Alexandre Rozga

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