Plongez dans l'histoire minière des Cévennes avec la mine témoin d'Alès, rouverte après 6 ans de travaux

Gravement endommagée après des inondations, la mine témoin d'Alès a subi d'importants travaux de rénovation pendant près de 6 ans. Elle a rouvert ses galeries au public samedi 11 juillet. Un dédale de 700 mètres qui témoigne du travail des mineurs entre 1945 et 1968 et du passé minier des Cévennes.

L'une des galeries de la mine-témoin d'Alès dans le Gard, un lieu de mémoire sociale et industrielle sur le passé minier des Cévennes.
L'une des galeries de la mine-témoin d'Alès dans le Gard, un lieu de mémoire sociale et industrielle sur le passé minier des Cévennes. © C.Nicolas / FTV
Fermée depuis 6 ans, à la suite des inondations de 2014, la mine témoin d'Alès est de nouveau accessible au public.
 
Elle a été rouverte ce samedi 11 juillet, en présence notamment du maire d'Alès, Max Roustan, qui s'est dit fier de pouvoir redécouvrir "ces 700 mètres de galeries, le plus grand réseau visitable de France".
 La mine témoin d'Alès est un emblème de l'activité charbonnière des Cévennes. Elle a été creusée en 1945, pour relancer l'économie française après la Seconde guerre mondiale. 
Les travaux de consolidation, nécessaires après les inondations, ont été réalisés de façon à ne pas dénaturer le site, en respectant les techniques de l'époque.

Nous avons choisi d'ajouter du "confortement" métallique sur les parties des galeries les plus fragiles, de manière à respecter les techniques d'époque.

Marion Durand, directrice du tourisme à Alès agglomération.

Un lieu de mémoire sociale et industrielle

La Mine témoin était une mine-école utilisée de 1945 à 1968 pour former les apprentis. Ici, nulle reconstitution mais les lieux tels que les trouvaient les adolescents, futurs mineurs et le plus souvent fils et petit-fils de mineurs, quand ils entraient ici.

C'est le cas d'Edouard Krawczyk, qui n'aurait raté l'inauguration de la mine témoin pour rien au monde. Il a intégré la mine-école en 1950, à seulement 14 ans. Une adolescence passée à creuser les 700m de galeries, parfois à plus de 1.000 mètres de profondeur.

A 83 ans, l'ancienne "gueule noire" se souvient des travaux de forage, des trous dans la roche dans lesquels on insérait la dynamite pour permettre l'extraction de charbon. Une étape délicate réalisée dans des conditions de travail très difficiles : inhalation de poussière et d'air pollué, faible éclairage, charge de poids de plus de 100 kilos et bruit constant du marteau-piqueur.
 

A 14 ans, on passait du porte-plume au manche de pelle. Il y a 70 ans j'étais ici. C'est 6 ans de ma vie. A chaque fois, c'est une forte émotion. Nos parents, nos grands-parentes étaient mineurs, c'est important pour nous.

Edouard Krawczyk, ancien mineur spécialisé

Retrouvez le témoignage d'Edouard Krawczyk dans ce reportage.

L'histoire minière des Cévennes

C'est l'agglomération d'Alès, gestionnaire de la mine témoin, qui propose sa visite du mercredi au dimanche, de 10h à 19h, "en synergie et complémentarité" avec La Maison du Mineur, située à La Grand-Combe, non loin de là, "deux équipements touristiques et culturels, mémoire et patrimoine (du) territoire, éléments phares de l’identité alésienne et de son histoire houillère".

Pour le premier week-end d'ouverture, 300 personnes sont venues visiter la mine témoin d'Alès.
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