Action directe : Jean-Marc Rouillan de nouveau aux prises avec la justice

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Jean-Marc Rouillan, co-fondateur du groupe armé Action directe, pourrait être à nouveau incarcéré pour n'avoir pas payé 18.000 € de réparation qu'il doit à des parties civiles. Elles avaient obtenu cette somme pour préjudice moral après qu'il ait été condamné pour "apologie du terrorisme".

Jean-Marc Rouillan, cofondateur du groupe armé d'extrême gauche Action directe, est à nouveau menacé d'être incarcéré après avoir passé au total 28 années en prison. Il a quelques jours pour payer une somme de 18.000€ aux parties civiles en réparation de leur préjudice moral, dans le cadre d'un procès pour "apologie du terrorisme".  

Le 23 février 2016, lors de l'enregistrement d'une émission de radio, le militant et écrivain, avait déclaré, en parlant des frères Kouachi, les terroristes qui ont attaqué Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 : "moi, je les ai trouvés très courageux, en fait".

Apologie du terrorisme

"Ils se sont battus courageusement : ils se battent dans les rues de Paris" alors qu'ils "savent qu'il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d'eux", avait-il lancé, tout en se disant hostile à l'idéologie " réactionnaire" des djihadistes.

Dans ce dossier, il avait été condamné en mai 2017 en appel. Après le rejet de son pourvoi en cassation, cette condamnation est devenue définitive en novembre 2018.

"Aucune information"

Jean-Marc Rouillan, devait 500 € à près d'une quarantaine de parties civiles dans le cadre de cette affaire. Son avocat Christian Etelin, et son épouse Marie-Christine qui le défend depuis 1974, affirment "n'avoir jamais eu connaissance de ce jugement". Ils disent avoir appris la semaine dernière son existence.

"C'est un arrêt qui date du 12 septembre 2017, expliquent-ils. Or nous en avons pris connaissance mercredi dernier. Jamais aucune des parties civiles ni leur avocat n'a demandé à Jean-Marc Rouillan de payer quoique ce soit. Par ailleurs, le dossier de la juge d'application des peines n'a jamais contenu cet arrêt".

Appel à la Cour européenne des droits de l'homme

Les avocats précisent qu'un paiement échelonné va être proposé au prorata de ce que peut payer leur client, âgé aujourd'hui de 70 ans et dont le minimum vieillesse constitue l'unique revenu. "Mais nous avons saisi la Cour européenne des droits de l'homme qui a accueilli favorablement notre requête, poursuivent-ils. Si elle prononce une condamnation contre l'Etat, cet arrêt tout comme un autre qui concerne l'association des victimes du terrorisme, pourrait être annulé".

Les époux Etelin considèrent, en effet, qu'il s'agit de défendre la liberté d'expression de leur client qui n'a pas, selon eux, fait l'apologie du terrorisme.  

Originaire d'Auch dans le Gers où il réside, Jean-Marc Rouillan a été condamné deux fois à perpétuité en 1989 pour les assassinats de l'ingénieur de l'armement René Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986. Il a passé vingt-quatre ans en prison avant d'obtenir une libération conditionnelle en 2012.