Coronavirus : la mairie de Lagraulet-du-Gers ouvre un drive fermier pour soutenir les paysans

Face à la crise du coronavirus, la municipalité de cette petite commune de Lagraulet-du-Gers ne baisse pas les bras. Le maire avec l’aide de ses employés communaux vient de lancer un drive fermier bio pour soutenir les agriculteurs.
 
Ouverture d'un drive fermier à Lagraulet-duGers pour soutenir les agriculteurs
Ouverture d'un drive fermier à Lagraulet-duGers pour soutenir les agriculteurs © Maire de Lagraulet-sur-Gers
Comme partout, dans le département du Gers, les agriculteurs subissent les conséquences du confinement imposé par le gouvernement. Les paysans maraîchers, les éleveurs qui travaillent en bio et en circuit-court y laissent des plumes; plus de commandes des restaurants, cantine à l'arrêt et vente sur site stoppée.
Nicolas Meliet, agriculteur et maire de la commune, n’en est pas à son premier coup d’essai. Il regorge d’initiative pour faire vivre sa petite commune. La mairie a acheté en effet une ferme, dont la production 100% bio est destinée à la cantine scolaire du village. C’est dans cette ferme, mise entre parenthèse pour cause de coronavirus, que le drive a été lancé samedi dernier. Objectif : soutenir les paysans et approvisionner les habitants isolés, victimes eux-aussi du confinement.


Nous sommes tous confinés, ce drive c’est notre façon de mettre notre petite pierre à l’édifice, ici, tout le monde joue le jeu, les élus et les employés communaux. L’idée étant de soutenir les paysans touchés par la crise du Covid-19.
On avait cet outil à disposition et c’est comme ça qu’est née l’idée du drive.


Drive à la ferme : mode d’emploi

Dans la semaine, les clients passent leur commande via le compte facebook de la commune. Ils ont le choix entre plusieurs paniers, de 10 à 15 euros. Tout est préparé en amont, il n’y a qu’un producteur sur le site qui se charge de distribuer les paniers en respectant les gestes barrières.
Personne ne descend du véhicule, chaque voiture suit un circuit où toutes les consignes de sécurité sanitaires sont mises en place et respectées. Tous les paiements s’effectuent par chèque.

On ne fait pas les choses n’importe comment, on travaille en toute transparence vis à vis des autorités et cela est bien normal.
Samedi on a distribué plus d’une vingtaine de paniers, c’est pas mal pour un début !


 

 

Des produits bio dans les paniers

Des oeufs, des légumes, de la viande, des herbes, chaque panier contient des  produits issus de l’agriculture biologique. Trois maraichers et deux éleveurs participent à l’aventure du drive. Tous se relaient pour assurer la permanence, le samedi matin.
Serge Lenen est éleveur de poulets bio à une vingtaine de kilomètres du village. Il travaille en circuit-court et vend ses produits sur les marchés d’Eauze, Condom et Fleurance dans le Gers.
En raison de problèmes de santé incompatibles avec le coronavirus, il ne peut plus vendre sa marchandise.

C’est vrai qu’il faut que je fasse attention à ma santé mais au-delà de tout je respecte le confinement, j’ai voulu faire cet effort de me retirer.

Difficile cependant de vivre avec une activité au point mort. Le concept du drive initié par le maire, Nicolas Meliet, a permis à cet éleveur de relancer en partie sa production.

C’est monsieur Meliet en personne qui vient récupérer les volailles, le concept du drive, c’est lui, et ça m’a relancé ! Même au niveau du moral ça va beaucoup mieux. C’est important de se sentir soutenu pendant cette période de confinement.

Serge Lenen se souvient de la crise de la grippe aviaire en 2017 : "j’avais tout perdu, là avec le coronavirus c’est difficile aussi sur le plan économique mais ce n’est pas pareil. Notre santé est en jeu il y a des priorités, ça n’a pas la même charge mentale, on doit se serrer les coudes".
Coronavirus : la commune de Lagraulet-du-Gers vient de lancer son drive fermier
Coronavirus : la commune de Lagraulet-du-Gers vient de lancer son drive fermier © Mairie de Lagraulet-sur-Gers


Un concept qui pourrait perdurer

Si le drive, pendant cette période de confinement, trouve son public, il est fort probable qu’il soit maintenu dans le village après la crise du covid-19.
D’autres producteurs de légumes et éleveurs en bio pourraient alors se rajouter à la liste et trouver ainsi un nouveau réseau de diffusion.
"J’espère que l’on arrivera à pérenniser ce drive, dans les campagnes on se sert aussi des outils numérique pour les commandes sur Facebook et puis c’est aussi une manière de sortir de cette crise avec un concept qui marche, c’est que du positif !" rajoute avec enthousiasme monsieur le maire.
 
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