Dans le Gers, le plus important producteur de caviar de France mis en danger par les crues et le confinement

Le plus gros producteur de caviar de France, situé à Riscle (Gers), est en danger. Depuis le début du confinement, "Les Esturgeons de l'Adour" est à l'arrêt mais avec les crues de ces dernières heures, c'est l'avenir de l'entreprise qui se joue.

Image d'illustration
Image d'illustration © France 3 Occitanie
"Si nous n'avons plus d'eau, nos esturgeons ne survivront pas !" Avec la crue de l'Adour survenue ces dernières heures à Riscle (Gers), l'on pourrait se dire, à première vue, que Laurent Sabeau n'a pas de problème de ce côté là. De l'eau, il en a jusqu'à plus soif. Pourtant, le sort s'acharne sur l'entreprise qu'il préside, au point que l'avenir des Esturgeons de l'Adour est en danger.

Au mois de décembre dernier, une crue a entrainé la rupture de la digue, dite de Lacaussade, alimentant en eau les bassins d'élevage de ses esturgeons, qui place la société gersoise comme le plus gros producteur de caviar de France.
 

Un chantier compliqué par le confinement

Il a fallu engager d'importants travaux pour la consolider. "En raison de nombreux problèmes, administratifs, nous avons pu les engager seulement il y a trois semaines" s'explique Laurent Sabeau.

Un chantier rendu encore plus difficile par les contraintes imposées par le confinement : "la préfecture a dû intervenir pour que nous puissions nous faire livrer des rochers car les carrières étaient fermées." 
 
Il "manquait à peine 24 heures de travaux" pour que le chantier se termine. "Il ne nous fallait donc pas une crue supplémentaire." estime le producteur de caviar. Pas de chance. Depuis plusieurs jours, le département du Gers subit d'importantes averses. Conséquence : l'Adour a débordé, mercredi dans le secteur de Cahuzac-sur-Adour et Riscle, endommageant à nouveau la digue de Lacaussade.
 
Après avoir atteint son pic de crue, mercredi, la décrue s'est amorcée le jeudi 23 avril, comme ici sur la commune de Cahuzac-sur-Adour (Gers).
Après avoir atteint son pic de crue, mercredi, la décrue s'est amorcée le jeudi 23 avril, comme ici sur la commune de Cahuzac-sur-Adour (Gers). © Lionel Mancet

Une épée de Damoclès au dessus de la tête

"Les batardeaux (barrage destiné à la retenue d'eau provisoire en un lieu donné sur une surface donnée) du chantier ont été emportés par la crue. Ils sont actuellement devant l'entrée de la pisciculture. Nous sommes encore alimenté par une eau trouble mais nous savons gérer. C'est la décrue qui nous inquiète." assure le patron des Esturgeons de l'Adour. 

Lorsque le niveau de l'Adour va redescendre, Laurent Sabeau a peur que la vase déplacée par la crue ne se soit accumulée et empêche l'eau d'alimenter ses bassins : "On ne sait pas faire de poisson sans eau. Nous en avons 550 tonnes à la pisciculture ce qui représente 6 millions d'euros. Nous n'avons pas de plan de secours. Nous avons une épée de Damoclès au dessus de la tête." Les prochains jours s'annoncent décisifs.
La situation est d'autant plus difficile que l'entreprise n'a pas vendu un gramme de caviar depuis le premier jour du confinement, le 17 mars. L'an dernier, elle en a produit 13 tonnes.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société inondations météo pêche économie
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter