VIDÉO. Un détenu agressé par un policier : la plainte de la victime sans nouvelle 18 mois plus tard

Près de 18 mois après avoir dénoncé des faits de violence dans la cellule de dégrisement à Auch (Gers), Jérôme est sans nouvelle de sa plainte. Pourtant, une vidéo dans laquelle il est molesté par un policier soutient sa version. Son avocate attend désespérément une réponse du parquet.

La vidéo de plusieurs secondes est sans équivoque. Fin août 2022, un Auscitains, nommé Jérôme, placé en cellule de dégrisement, est violemment agressé par un policier. Sa plainte déposée quelques heures après les faits n'a toujours pas de suite car l'enquête préliminaire n'a pas encore statué. 

durée de la vidéo : 00h00mn10s
Le policier roue de coups le détenu en cellule de dégrisement. ©Me Sandra Vazquez

Déferlement de violence

Cet enchaînement de violences se déroule après un accrochage au moment où le policier ouvre la cellule. Sur les images, on voit l'individu se réveiller puis foncer vers le policier : il le pousse sans lui porter de coups. 

C'est à ce moment-là que le représentant de l'autorité publique assène plusieurs coups à la victime : coups de pied, coups de poing puis maîtrise au sol sans s'arrêter pendant plusieurs secondes. Le quarantenaire est complètement sonné, gisant sur le sol. Il est touché au niveau du visage et finit par être évacué. Les médecins lui prescrivent 10 jours d'ITT. 

"C'est intolérable"

L'avocate de la victime, Maître Vazquez, avait connaissance de ces images. Elle condamne aujourd'hui cette "extrême violence" qu'elle qualifie de "passage à tabac". "Il est difficile que la police puisse se retrancher derrière la violence proportionnée. C'est intolérable" fustige-t-elle. 

Un an et demi après le dépôt de la plainte, Maître Vazquez n'a aucune nouvelle. Elle a écrit au parquet d'Agen (Lot-et-Garonne), sans avoir reçu de réponse. "Rien n'est fait, mon client n'a pas été interrogé. On a deux témoins (le second détenu en cellule de dégrisement et l'autre policier). Ce dossier aurait pu être bouclé rapidement" estime-t-elle. 

"Difficile d'expliquer ça à mon client"

Sans "tirer de conclusions hâtives", la robe noire déplore ces longs délais. "Comme c'est une enquête préliminaire, on n'a pas accès au dossier. On peut juste relancer le parquet : je suis très surprise qu'il n'y ait pas une simple réponse. C'est difficile d'expliquer ça à mon client" avoue-t-elle. "Je trouve dommage qu'on en arrive là."

Une enquête préliminaire peut durer maximum 24 mois. Si des poursuites ont lieu, un juge d'instruction est saisi et peut décider d'un renvoi devant le tribunal.

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