Sécheresse : les producteurs de maïs et de tournesol du Gers vont devoir avancer les récoltes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Justine Salles et Mohammed Errami

Dans le Gers (32), les producteurs de maïs et de tournesol sont inquiets vis à vis de leurs récoltes. D'habitude, elles ont lieu de fin septembre à fin octobre. Mais cette année, à cause de la sécheresse, certains vont devoir commencer plus tôt.

Sur le champ de maïs d’Olivier Trebosc situé à Gimont, il n’a pas plu depuis le mois d’avril. Conséquence pour l’agriculteur gersois, 20 000 euros de manque à gagner et des épis beaucoup plus petits cette année.

"On a un nombre de grains limité par rapport à des maïs qui devraient être beaucoup plus jolis. On se retrouve avec des épis avec quasiment 30 à 40% de graines en moins", explique à regret l'agriculteur gersois.

Les maïs n'ont pas eu le temps de bien former les grains. Entre la sécheresse, les fortes chaleurs et les restrictions d’eau, Olivier estime ses pertes à près de 30% cette année. Et certains de ses pieds sont même inexploitables.

Le maïs n'a rien fait, il n'est pas rempli, il n'y a pas de grains. C'est la perte totale...

Olivier Trebosc, agriculteur

L’enjeu majeur du secteur : l’utilisation de l’eau, aujourd’hui puisée dans des réserves artificielles. Les agriculteurs gersois disposent d’une quantité fixée à l’avance en fonction du niveau des eaux durant l’année.

Par ailleurs, bon nombre d'éleveurs n'ont pas de forage et le seul moyen de garantir leur approvisionnement est d'avoir du maïs irrigué.

"L'eau ne se fabrique pas"

En attendant des solutions, Olivier Trebosc a prévu sa moisson avec un mois d’avance. L’augmentation des cours mondiaux du maïs couvriront à peine ses pertes.

On a eu une très forte augmentation des charges : coût de l'engrais, de l'électricité pour la gestion de l'eau... La hausse générale des prix des céréales couvrira à peine nos charges mais on n'arrivera pas à palier complètement cette perte de rendement.

Olivier Trebosc, agriculteur

"Aujourd'hui, c'est extrêmement compliqué de pouvoir créer de la réserve. L'eau ne se fabrique pas. On ne stocke même pas 3% de l'eau qui tombe en France." explique Alain de Scoraille. Pour le secrétaire général de Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricole (FDSEA) du Gers, il faudrait pérenniser le système Neste, permettant au département du Gers d'avoir de l'eau, afin de mieux appréhender les aléas climatiques : "Il va falloir qu'on s'adapte à ces changements : des étés très secs et des automnes très pluvieux. Il faut stocker une partie de l'eau pendant l'hiver pour pouvoir remettre de l'eau dans nos rivières quand il y en a besoin", explique-t-il.

Une piste supplémentaire est envisagée : choisir des variétés aux cycles plus courts et aux besoins en eau plus faibles...

durée de la vidéo : 01min 51
Reportage de Mohammed Errami et Rémi Carayon ©FTV / Mohammed Errami et Rémi Carayon
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