La série documentaire “Nous, Ouvriers” présentée au festival de Luchon

Claire Feinstein et Gilles Perez lors d'une séance de dédicace. / © Thierry Villéger, France 3 Occitanie
Claire Feinstein et Gilles Perez lors d'une séance de dédicace. / © Thierry Villéger, France 3 Occitanie

7 millions d'ouvriers en France selon les dernières statistiques. Cette série documentaire leur donne la parole. 

Par Martin Vanlaton

Nous, Ouvriers est une série documentaire de trois épisodes de 52 minutes réalisée par Claire Feinstein et Gilles Perez et commentée par Philippe Torreton. Diffusée sur France 3, Nous, ouvriers donne la parole aux travailleurs. Le tryptique est présenté au festival de Luchon en présence de l’équipe et les deux réalisateurs espèrent remporter le prix du meilleur documentaire.

Découvrez la bande annonce : 


Nous avons pu rencontrer les deux réalisateurs. Retrouvez la retranscription de notre entretien ci-dessous : 

Quel est le projet du film ? Comment est-il né ?

Claire Feinstein : On commence en 1946, c’est la reconstruction. A ce moment là, les ouvriers étaient un peu le socle de la société. En 70 ans, on a vu à la fois des combats menés par eux, des grands moments de solidarité et puis depuis une trentaine d’années, des choses qui s’effondrent, des délocalisations, des plans sociaux … les fameux plans sociaux qui n’ont de sociaux que le nom. On voulait rendre hommage à ces hommes et ces femmes.

Gilles Perez : Dans mon enfance, l’ouvrier avait encore une place, un statut dans la société. Aujourd’hui vous parlez d’ouvrier, ça fait tout de suite hasbeen. On a l’impression de parler des années 50, 60. C’est quelque chose qui est peu valorisé, souvent dénigré. Il y a une sorte de mépris, « pas ça chez nous, on en a plus. » Il y a 7 millions d’ouvriers en France, c’est quand même un quart de la population active française, c’est juste énorme. On a rencontré une quarantaine d’ouvriers partout en France et on s’est aperçu qu’à la fin des très longues interviews, on posait toujours la même question : mais vous avez aimé votre travail ? Et tous disaient oui.

Est-ce un documentaire militant ?


G.P. : Non c’est pas réellement militant, c’est un regard jeté sur la société française.

C.F. : C’est du militantisme, parce que faire des documentaires, c’est une forme de militantisme. C’est donner la parole à des gens qui ne l’ont pas forcément, et faire le lien. C’est notre rôle d’être des passeurs.

C’est important d’être présent ici, au festival de Luchon ?


G.P. : C’est important pour la rencontre, pour partager des moments avec des spectateurs. Pour un documentaire, on passe par une très longue période de tournage, de montage. Et ensuite quand enfin on peut projeter son film, se confronter à des regards différents… Il faut qu’on l’entende, qu’on puisse raconter comment ça s’est passé.

C.F. : Un festival, c’est faire vivre le film, rencontrer du public et débattre, s’interroger sur les suivants.

G.P. : C’est un bonheur immense.

Propos recueillis par Martin Vanlaton.

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