A 15 ans, un Toulousain aide les professeurs à faire l'appel avec son application qui est utilisée dans le monde entier

Maxence Espagnet a développé un outil informatique qui permet aux professeurs de faire l'appel de façon simple et répété. Utile avec les cours à distance. "Suivix", c'est son nom, rencontre depuis son lancement le succès dans plus de 110 pays. 

A 15 ans, Maxence aide les professeurs du monde entier à faire l'appel
A 15 ans, Maxence aide les professeurs du monde entier à faire l'appel © Alexandre Ollier/CD31

Il est d'accord pour qu'on dise de lui qu'il est "geek" mais pas "nerd", trop péjoratif. Il parle "serveur" "bot" "plug-in" comme d'autres cultivent les tomates et les concombres. A 15 ans, Maxence Espagnet est un passionné d'informatique. Il découvre l'ordinateur à 7 ans et ne le quitte plus. Sa vie vient de prendre un nouveau tournant depuis qu'il a développé un outil qui permet aux professeurs de faire l'appel. L'idée est venue de son père, lui même enseignant, lors du premier confinement en mars dernier.

"Dès le premier lundi de cours à distance, je me suis rendu compte que l'appel était très compliqué. Les élèves étaient connectés sur Discord (NDRL : un réseau social). Ils avaient des pseudonymes. Je ne retrouvais pas ma liste de classe. Je ne savais pas qui était connecté, qui ne l'était pas. Qui se déconnectait en cours. Ni pourquoi. Or l'appel est une obligation administrative" explique Frédéric Espagnet, professeur en science de l'ingénieur au lycée Pierre-Paul Riquet de Saint-Orens. "Le soir même j'ai demandé à Maxence s'il ne voulait pas me faire une petite application qui m'aiderait pour faire l'appel. Il ne m'a rien dit et on n'en a pas reparlé mais quelques jours plus tard il m'a montré Suivix." 

Une idée simple mais astucieuse

Dans l'idée, le fonctionnement est simple. Le professeur ouvre l'outil et l'appel se fait automatiquement avec la liste des élèves connectés. L'astuce est ailleurs. "Avec Suivix je peux faire l'appel plusieurs fois dans l'heure. J'appuie sur la touche et l'outil refait l'appel des élèves automatiquement. Cela me permet de mieux suivre les élèves. Et de ne pas perdre de temps là dessus au détriment de l'enseignement" continue Frédéric, pas peu fier de l'invention de son rejeton. Il en parle à ses collègues, qui veulent essayer et de fil en aiguille Suivix rencontre le succès.

"La première version ne m'a demandé que 10 heures de travail. Mais depuis il y a eu 2 autres versions et je suis aujourd'hui à plus de 200 heures de travail dessus" explique Maxence. Très vite, il a l'idée de la traduire en anglais. C'est ainsi qu'en un an, l'application s'est developpée dans plus de 110 pays. Le jeune homme précise ne pas gagner d'argent avec : "On m'a proposé de la commercialiser mais j'ai refusé. Le but est de rendre service." "Suivix, c'est mon premier gros projet et jamais je n'aurais imaginé que cela atteigne autant d'utilisateurs. Plus de 3000 c'est déjà beaucoup. Mon objectif est d'atteindre les 4000 utilisateurs. Cela m'a apporté une expérience, des connaissances et des nouvelles relations car c'est très enrichissant de discuter avec des professeurs du monde entier". 

110 pays utilisent l'outil

Ses parents aussi sont ravis. "Pour nous le but était qu'il ne s'isole pas trop lors du premier confinement, qu'il arrive à s'occuper utilement. C'est gagné ! Cette passion le tire vers le haut" continue son père qui veille aux grains : "pas d'ordinateur dans la chambre et pas plus d'une heure par jours en semaine". Pour autant, le jeune homme s'est formé tout seul. "C'est la force de l'informatique. Vous voulez créer un site ? Vous apprenez les codes HTML en ligne. Une video ? J'apprends le montage. Du design ? J'apprends le dessin et ainsi de suite" expliquent en coeur Maxence et Frédéric.

Quant aux amis de Maxence, ils le chambrent gentiment. "Quand le troisième confinement a été annoncé, le lendemain en cours, un professeur a dit : à partir de lundi, c'est école à la maison. Et un copain s'est tout de suite écrié : Vous inquitez pas, Maxence assure le suivi ! Ils adorent cette phrase qui a été utilisé dans un article de presse". 

Maxence Espagnet est aujourd'hui soutenu par le département de la Haute-Garonne. Elève en seconde générale, il suit lui aussi les cours à distance et espère rapidement convertir ses propres professeurs à Suivix. 

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