A69 Toulouse-Castres : le double discours du gouvernement alimente les tensions sur le terrain

Comme il y a quelques semaines, Clément Beaune a laissé planer le doute, vendredi 26 mai, sur le dossier de l'A69. Autoroute ou pas autoroute ? Cette stratégie de l'incertitude ne semble n'y rassurer les "pros", ni contenter les espoirs des "antis".

Invité de l'émission "Ma France", sur France Bleu ce 26 mai, Clément Beaune a du une énième fois éclaircir la position du gouvernement dans l'épineux dossier de l'A69. "Il y a des projets qu'on va suspendre, qu'on va abandonner. Il y en a quelques-uns qu'on va continuer. L'A69 est le plus mûr, le plus avancé. Donc je pense que l'Etat de droit, c'est qu'il continue", a t-il avancé. 

Pourtant, lCollectif La Voie Est Libre, qui s’oppose à la construction de l'A69 s’est entretenu, la veille de cet entretien, avec le cabinet du ministre des Transports, Clément Beaune pour "l’alerter sur les raisons impératives et urgentes de suspendre le chantier de l’autoroute A69 Castres Toulouse." Ils affirment avoir eu un retour bien plus mitigé : "On a été très surpris de la teneur de la discussion, ce qu'il y avait de très intéressant, c'est qu'on nous dit depuis le début que les travaux avaient commencé, qu'il y avait un obstacle. Il n'en est rien, le conseiller du ministre nous a affirmé que les travaux étaient préliminaires."

Un recours juridique va être déposé courant du mois de juin par les opposants, concernant l'autorisation environnementale qui a permis le début des travaux. "Ce que nous a dit le ministre, on le prend comme une main ouverte. On ne va pas laisser tomber. Il faut que ça aille plus loin. Il faut qu'il y ait un vrai projet de territoire dans le Sud-Tarn. Il y a une différence de perception entre le ministère et les élus locaux", affirmaient les militants ce 26 mai lors d'une conférence de presse organisée à Vendine (Tarn).

Comme un air de déjà vu ... 

Du côté des défenseurs, parmi de nombreux élus et chefs d’entreprise, beaucoup s’agacent de ces mobilisations d’opposants. "Ce projet est signé, légal, légitime, utile et attendu", martelait début avril le sénateur centriste Philippe Folliot. Quant au député Renaissance Jean Terlier, élu dans le Tarn, il taclait "une minorité perchée sur des arbres". Ce même député avait interpellé le ministre des Transports début mai dans l'hémicycle, celui-ci s'était montré rassurant. 

Pourtant, quelques jours auparavant, Clément Beaune semblait rétropédaler, dans une interview accordée à Franceinfo, il affirmait que le projet de l'A69 serait réexaminé en juin. 

Une attitude qui ne rassure ni les "antis", ni les pros. Une réunion en urgence s'était tenue entre plusieurs acteurs locaux favorables au projet. "On attend simplement que l'Etat tienne ses engagements et aille au bout de ce projet. On est bien évidemment pour la liberté d'expression mais on est aussi pour que notre pays avance", rappelait à notre micro le président du département du Tarn, Christophe Ramond.

La position floue, changeante, de l'exécutif, pourrait alimenter les tensions entre les deux camps... Déjà bien ancrées.