Aéronautique. Comment les ingénieurs aéronautiques du futur imaginent l'avion de demain, un appareil plus écologique

La question environnementale s'invite désormais dans les écoles d'ingénieurs. C'est le cas de Sup'Aéro à Toulouse où les étudiants n'envisagent pas leurs études sans un réflexion sur l'impact écologique de l'industrie aéronautique.

Margaux est étudiante en deuxième année à Sup'Aéro. Comme elle l'explique aux futurs étudiants venus se renseigner lors des journées portes ouvertes, elle n'envisage plus tout à fait son cursus de la même manière. "Je suis arrivée à Sup'Aéro, j'ai dit : "Je veux faire des fusées". Et maintenant, je ne sais plus. J'aime toujours les fusées et les avions mais je me pose la question. Est-ce que la transition écologique, ce ne serait pas un métier qui m'intéresserait ? Là, je suis en recherche de stages et je cherche aussi bien dans le spatial que dans le secteur de la transition écologique". 

En effet, les apprentis ingénieurs de demain le savent parfaitement bien : le transport aérien contribue grandement au réchauffement climatique. Surtout quand le secteur aérien poursuit son essor. Or justement, un nouveau record a été battu l'été 2023 : 134 000 vols commerciaux sur la planète en l'espace d'une journée. 

Ces dernières années, les promotions des écoles d'ingénieurs en aéronautique se préoccupent de plus en plus des enjeux climatiques et à l'impact écologique de cette industrie. Certes, grâce aux évolutions technologiques, les avions ont divisé par cinq leur impact en matière d'émissions de CO². Mais il y a encore de la marge.

"Il y a plusieurs leviers pour décarboner ou réduire l'empreinte environnementale", explique Nicolas Gourdain, enseignant-chercheur. "Nous ici, on se concentre sur les leviers technologiques. Qui peuvent faire quand même une partie du chemin. Dire que ça suffira, c'est difficile de prédire l'avenir. Ce dont on est conscient, c'est des limites de la technologie. Jusqu'où on peut aller ? Qu'est-ce qu'on peut lui faire faire ? Il y a des cycles économiques qui font que le secteur de l'aviation a besoin de temps". 

La prise de conscience, en tout cas, est réelle. En 2025, Sup'Aéro, en partenariat avec l'Enac, proposera un nouveau Master spécialisé dans les transitions du secteur aérien.