Après l'explosion d'AZF et l'affaire Merah, un centre “inédit” de réponse à la catastrophe est créé à Toulouse

La catastrophe AZF de Toulouse, le 21 septembre 2001 / © T.Bordas
La catastrophe AZF de Toulouse, le 21 septembre 2001 / © T.Bordas

C'est une structure inédite en France et en Europe : le CRC, Centre de Réponse à la Catastrophe, vient de voir le jour à Toulouse. Cette entité regroupe un ensemble de professionnels qui mettront en commun leur expérience pour répondre à l'urgence de certaines situations de catastrophes.

Par Eric Coorevits

Pendant deux jours, Toulouse accueillait les journées internationales de réponse à la catastrophe. A l'issue des ces débats organisés au CHU de Purpan, la création d'un centre de réponse à la catastrophe a été officiellement annoncé.

L'expérience de la catastrophe

La catastrophe industrielle d'AZF en 2001, les attaques terroristes de Mohamed Merah en 2012 ou de Trèbes en 2018, des inondations, des tempêtes... Dans plusieurs circonstances dramatiques, Toulouse et sa région élargie ont été confrontées à des situations dites "de catastrophe".

Sous la tutelle de la préfecture de Haute-Garonne, et de l'Agence Régionale de Santé, le CHU de Toulouse, le SAMU 31 et le Service Départemental d'Incendie et de Secours de Haute-Garonne ont acquis au fil des ans une expérience de terrain, en participant à des interventions d'urgence ou à des exercices pratiques de grande ampleur.
Cette entente entre tous les acteurs travaillant pour apporter des réponses à ces situations exceptionnelles, auxquels s'ajoutent l’Université Toulouse III- Paul Sabatier et l’Institut toulousain de Simulation en santé (ItSims), débouche donc aujourd'hui sur la naissance de ce centre inédit en Europe, qui travaillera à l'avenir avec d'autres pays partenaires.
 

C'est un centre pionnier qui s'inscrit dans un partenariat de grands centres internationaux piloté par la faculté de médecine de Harvard, aux Etats-Unis, qui est le centre de référence dans ce domaine au niveau mondial. Toulouse sera le centre européen de ce réseau international, qui à terme rassemblera les USA, Israël, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande et l’Angleterre.

Vincent Bounes, chef de service
du SAMU 31 du CHU de Toulouse

 

S'enrichir des expériences de terrain

Concrètement, ce centre n'aura pas de structure juridique autonome, ni de bâtiment ou de budget dédié. Des rendez-vous annuels réguliers permettront à tous ces partenaires de l'urgence de se retrouver pour s'enrichir de leurs expériences de terrain. 
 

L'idée est de susciter des synergies entre toutes les forces qui opèrent en situation de catastrophe, et ce au gré de différents projets - des congrès, des exercices en situation.

Anne Ferrer
Directrice générale adjointe du CHU de Toulouse


Début septembre, une simulation d'attaque terroriste à l'explosif et à l'arme lourde a par exemple été organisée au CHU de Toulouse, dans des locaux inoccupés. Le RAID, le GIGN ont participé à cette opération fictive d'extraction d'otages, avec évacuation de blessés vers l'hôpital de Rangueil.

"Les équipes de secours du département ont malheureusement été confrontées réellement à certaines situations dramatiques" poursuit Anne Serrer. "Une équipe du CHU était présente lors de l'attaque terroriste de Trèbes. Une équipe toulousaine du SAMU s'est déplacée à Barcelone après l'attentat sur les Ramblas. C'est cette mise en commun d'expériences qui donne à ce centre de réponse à la catastrophe sa raison d'exister".

Formation et sensibilisation

Ce centre proposera par ailleurs des formations universitaires ou professionnelles de management des crises sanitaires et des catastrophes. Il a pour ambition de former chaque année 5000 personnes sous différentes formes (ateliers, séminaires, web-conférences…).  Il se donne aussi pour vocation de sensibiliser le grand public à travers différentes actions.
 

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