Attaque de la manifestation anti-pass à Toulouse : ce que l'on sait des militants d'extrême-droite impliqués

Le samedi 11 septembre 2021, lors d'une nouvelle manifestation à Toulouse (Haute-Garonne) contre le pass sanitaire, des militants radicaux d'extrême-droite, venus des quatre coins de la France, ont attaqué la tête de cortège. Qui sont-ils ? Et pourquoi cette attaque ? Enquête.

Que s'est-il donc passé le samedi 11 septembre à Toulouse (Haute-Garonne) durant une nouvelle manifestation contre le pass sanitaire ? Pourquoi une quarantaine d'individus ont-ils attaqué physiquement à coups de pieds, de batons, de béquilles, une partie des manifestants portant une banderole ?

L'explication vient directement de l'un des auteurs de cette action coup de poing. Dans sa biographie Twitter, Sylvain Durac (un pseudonyme) se présente comme un "Rônin (un samouraï sans maître) d'Occident", associé au hastag #FreikorpsMindset. Un "corps franc, appelé Freikorps en allemand, est un groupe de combattants civils ou militaires, rattachés ou non à une armée régulière, et dont la tactique de combat est celle du harcèlement ou du coup de main". Il semble être également derrière un podcast identitaire traitant de l'actualité, nommé Radio Thermopyles. 

Prendre la tête de la manifestaion anti-pass sanitaire

Il raconte sur un fil de discussion avoir "été contacté par des proches (au sens politique)" afin de se rendre à la manifestation contre le pass sanitaire du 11 septembre à Toulouse (Haute-Garonne). Le "but : déployer une banderole anti-gouvernementale et prendre le leadership de la manif." Un "enjeu symbolique fort" pour ce militant d'extrême-droite. L'opération permettrait "d'affirmer l’assise d’un noyau de droite révolutionnaire au sein de la ville rouge, et se rapprocher du peuple qui descend chaque samedi." Selon lui, "Les Rouges n’ont pas le monopole de la ville, et ces rues sont aussi les nôtres."

Depuis le début de la mobilisation contre le pass sanitaire, Toulouse a connu plusieurs attaques de l'extrême-droite à l'encontre de l'extrême-gauche. Comme le 14 juillet dernier, où une quinzaine de militants identitaires s'en sont pris notamment à des Gilets Jaunes. Des évènements similaires ont été recensés au cours des dernières semaines également à Albi (Tarn) et à Montpellier (Hérault). 

Extrême gauche 1 - Extrême droite 0

Pour les identitaires, les royalistes, les fascistes et les nazis d'Occitanie, ces manifestations sont l'occasion d'un match revanche après les Gilets Jaunes. Présents dès les premières heures du mouvement social né en 2018 de la hausse des taxes sur les carburants, ces groupuscules d'extrême-droite avaient été éjectés des cortèges par les mouvements antifascistes, comme l'avait rapporté France 3 Occitanie.

Génération identitaire, Ligue du Midi, Action Française, Bordeaux Nationaliste

Lors de la rixe du samedi 11 septembre, les militants toulousains d'extrême-droite n'étaient pas seuls. Selon le site antifasciste Fafwatch, des renforts sont arrivés de toute la France : "cette attaque planifiée du groupe de fachos contre la manif a été dirigée par Enguerrand Pacotte, militant d’extrême droite radicale, ex Génération Identitaire, qui a déjà mené l’attaque du 14 Juillet 2021. Cette fois-ci, les Toulousains de l’Alliance Scandale (qui sont en train de monter une section toulousaine de "La Meute" ) ont appelé en renforts des fachos de la région de Nîmes et Montpellier (la South Face et la Ligue du Midi dont Richard Roudier), de Bordeaux (Bordeaux Nationaliste et François « Batdaf » Galvaire), ainsi que des militants de Civitas.

En s'appuyant sur de nombreuses photos et vidéos prises aux cours de cette journée du 11 septembre, France 3 Occitanie a pu confirmer la présence de l'ensemble de ces personnes. À l'aide d'outils numériques, nous avons également pu identifier deux autres militants : un membre lyonnais du mouvement politique nationaliste et royaliste d'extrême droite, l'Action française et un individu présent en octobre 2018 à un rassemblement anti-migrants à Ouistreham (Calvados) dans les rangs du Parti de la France.

Cinq militants jugés pour "violence volontaire"

A l'issue de leur opération, les nationalistes ont immortalisé "l'évènement" en posant tous ensemble autour de la banderole qu'ils ont arraché quelques minutes plus tôt.

Cinq d'entre-eux ont été interpellés. Âgés de 27 à 32 ans, ils seront jugés le 23 février pour des "violences en réunion". Parmi eux, trois Bordelais du mouvement Bordeaux Nationaliste qui annonce l'organisation d'une soirée de soutien pour ses membres inculpés.

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