Au tapis, la gauche toulousaine va devoir entamer sa reconstruction

Pierre Cohen et son colistier écologiste Antoine Maurice, dimanche 30 mars / © AFP
Pierre Cohen et son colistier écologiste Antoine Maurice, dimanche 30 mars / © AFP

Sonnée par l'ampleur de la défaite de Pierre Cohen, la gauche toulousaine va devoir trouver un nouveau souffle. Et les couteaux sont déjà tirés !

Par Fabrice Valery

Quelle leçon la gauche toulousaine, assomée par l'ampleur de la défaite de Pierre Cohen à la municipale, va-t-elle tirer de cet échec ? Quel leader pour reconstruire ? La gauche échappera-t-elle à une période de règlements de compte post-défaite ?

De nombreuses questions se posent au lendemain de la déroute de la gauche à Toulouse qui a vu Pierre Cohen s'incliner de plus de 5 points (47,94 % contre 52,06 %) face à l'UMP Jean-Luc Moudenc. Toutes n'ont pas encore de réponse, mais certaines commencent à s'ébaucher !

Un "contexte national"​

De nombreux responsables socialistes toulousains évoquaient dimanche soir le "contexte national" qui a "emporté Toulouse". Pierre Cohen lui-même parlait dimanche soir d'une "vague nationale", ajoutant que la gauche et le PS resteraient "debout".
Réactions de Pierre Cohen

Rupture avec le Front de gauche

Mais certaines langues ont commencé à se délier dans la nuit de dimanche à lundi. D'abord, au PS toulousain, il y a ceux qui "en veulent" à Jean-Christophe Sellin, le leader du Front de Gauche : crédité de 5,1 % des voix au premier tour, il a refusé de donner des consignes de vote et une part de la responsabilité de la défaite à Toulouse lui incombe, disent de nombreux socialistes. "Faux" rétorque l'intéressé dans une interview au site web de France 3 Midi-Pyrénées : "l'entière responsabilité de la défaite incombe au gouvernement et à Pierre Cohen" précise-t-il, parlant de "caporalisme" du désormais ancien maire de Toulouse. La rupture entre les socialistes et Jean-Christophe Sellin est consommée et les semaines qui viennent pourraient être sanglantes.

L'amateurisme de la campagne ?

Mais à l'intérieur même du camp de Pierre Cohen, certains reprennent également leur liberté d'expression : ainsi Thierry Cotelle, responsable du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et colistier du maire sortant, qui a dénoncé dimanche soir l'amateurisme de la direction de campagne.

Qu'entend-il par "amateurs" ? Qui vise-t-il précisément ? L'attaque semble viser la direction de campagne de Pierre Cohen, dont François Briançon, adjoint au maire sortant et surtout directeur de campagne de Pierre Cohen. "Nous sommes tous en cause, nous avons tous fait preuve d'amateurisme", a précisé Thierry Cotelle à France 3 ce lundi matin. "La stratégie du porte-à-porte n'a pas fonctionné, continue l'élu. Les Toulousains n'ont pas vu notre bilan, ils n'ont pas pris connaissance des documents qui montraient que Pierre Cohen avait un projet cohérent et riche". Il regrette que la campagne n'ait pas aussi assez durement attaqué le projet de Jean-Luc Moudenc : "On n'a pas montré sa démagogie et on n'a pas assez dit qu'il ne va rien se passer durant ce mandat notamment en matière de circulation et d'embouteillages à Toulouse". 
François Briançon ne veut pas commenter cette réaction. Il précise cependant avoir eu une conversation téléphonique avec Thierry Cotelle qui s'est montré "plus nuancé qu'un simple tweet". 

L'après Cohen ?

Enfin qui sera le leader de la gauche et donc de l'opposition pendant les six ans qui viennent au Capitole ? Qui va endosser le maillot d'outsider pour préparer la municipale de 2020 ? Interrogé lors de la présentation de sa liste en janvier sur une éventuelle défaite, Pierre Cohen avait indiqué qu'il siégerait au conseil municipal même s'il était battu, mais que François Briançon était "un bon président du groupe socialiste" et avait vocation à le rester. Mais le maire sortant a 64 ans, il en aura donc 70 en 2020 et ne sera peut-être pas le mieux placé pour jouer la gagne à ce moment-là face à Jean-Luc Moudenc. Dimanche soir, Pierre Cohen est pourtant apparu combatif et résolu à "résister" (voir vidéo ci-dessus. Sa présence à la tête de l'opposition municipale pourrait cependant compromettre l'éclosion d'un "nouveau talent" à gauche pour tenter de reprendre la ville dans 6 ans. Thierry Cotelle, lui, souhaite que toute la gauche se rassemble "parce qu'il y a plus de points qui nous rassemble que de points qui nous opposent" mais il veut que cela se fasse rapidement : "Il faut rassembler la gauche toulousaine maintenant et pas dans 6 ans : et aller dans les quartiers, expliquer, démontrer, travailler !"

Sur le même sujet

Max Brail, maire de Lastours, regrette le manque de soutien de la part de l'Etat

Les + Lus