Des chercheurs toulousains démontrent la capacité des fourmis à éviter les embouteillages

Travaux chercheurs CNRS: fourmis courant sur un pont / © Emmanuel Perrin/ CRCA/CNRS
Travaux chercheurs CNRS: fourmis courant sur un pont / © Emmanuel Perrin/ CRCA/CNRS

Les fourmis championnes de la circulation sans bouchons ! C’est en tout cas ce qu’affirment des chercheurs du CNRS à Toulouse.
Même quand le trafic est extrêmement dense, les fourmis circulent avec aisance, de quoi faire pâlir les automobilistes de la rocade toulousaine.
 

Par Corinne Carrière

Embouteillage! Rien que de prononcer le mot, l'automobiliste est pris de malaise. Les fourmis, elles, tracent la route, jamais coincées dans les bouchons. Elles ont l'art de réguler le trafic sans prendre de retard. Mais comment font-elles? 
Les chercheurs du Centre de Recherche sur la cognition animale (CNRS- Université Toulouse -Paul Sabatier) et de l'université d'Arizona démontrent que "les sociétés de fourmis sont préservées des problèmes d'embouteillage et circulent avec aisance même quand le trafic est extrêmement dense."
Leur travaux ont été publiés dans la revue eLife.

Percer les mystères de l'incroyable gestion routière des fourmis


Les chercheurs ont mené 170 expériences filmées et observé le trafic des fourmis entre leur nid et une source de nourriture.
400 à 25 600 individus ont partcipé à l'expérience, pour faire varier la densité du nombre de fourmis sur un pont étroit.

La jeune entomologiste, Laure-Anne Poissonnier qui a participé à ces travaux explique le comportement de ces insectes à la recherche de nourriture :

Lorsqu'il y a embouteillage, les automobilistes ralentissent. Les fourmis, elles,  arrivent à maintenir un flux très élevé, sans jamais ralentir la cadence.

La sagesse du dalaï-lama


Les embouteillages mettent les nerfs à vif des automobilistes, toujours pressés d'arriver au travail à l'heure. Pas de panique côté fourmis. Elles vont faire preuve d'une grande intelligence, le collectif l'emporte sur l'individualisme.
Si le trafic est vraiment trop dense, sagement et sans zèle, elles ne vont plus s'engager sur la chaussée préférant attendre que la situation s'améliore.
 
Valentines Day Ants / © London News Pictures Maxppp
Valentines Day Ants / © London News Pictures Maxppp

Pour la chercheuse, Laure-Anne Poissonnier , il y a quand même des différences fondamentales à observer.
Les fourmis sont protégées par leur exosquelette et ne craignent pas les chocs. Elles peuvent en cas de collision reprendre leur route sans dégats et sans perte de temps. Pour les automobilistes la situation est plus complexe. Ils vont être fortement impactés par un éventuel choc et confrontés aux contraintes du code de la route.

Les fourmis ne semblent pas tomber dans le piège des embouteillages car elles adaptent en continu leurs règles de déplacements en fonction de la densité locale là où le trafic automobile suit, lui, des règles imposées.

 

Voir le reportage d'Emmanuel Wat et Eric Foissac
 


La science s'inspire de la nature


Certains des comportements analysés par cette étude pourraient être retenus pour faire avancer la technologie, notamment pour la voiture autonome. Malgré des avancées encourageantes, les défis qui restent à relever par les scientifiques et les industriels sont nombreux.
Des études sur le comportement des fourmis ont déjà été publiées.

Des travaux de chercheurs du CNRS et de l'Université d'Aix-Marseille ont débouché notamment sur la création d'un robot AntBot, un robot autonome inspiré des fourmis du désert.
 
AntBot est capable de retrouver son chemin sans GPS. Pour cela, les chercheurs l'ont doté d'une boussole solaire qui capte la polarisation de la lumière solaire.
Une collaboration est en cours avec un industriel en vue d'équiper des voitures autonomes de demain de cette boussole céleste.
Le robot-fourmi devrait permettre d'aider d'autres robots autonomes comme les voitures sans chauffeur, les drônes et robot d'exploration.

Sur le même sujet

Les + Lus