Suppression de 15 000 emplois chez Airbus : à Toulouse les élus en appellent à "la mobilisation générale"

L'avionneur Airbus vient d'annoncer ce mardi 30 juin la suppression de près de 15000 postes à travers le monde dont 5000 en france d'ici à l'été 2021. Toulouse va être directement impactée par ce plan, conséquence de la crise économique provoquée dans le milieu aéronautique par le coronavirus.
Logo au siège toulousain d'Airbus.
Logo au siège toulousain d'Airbus. © AFP
Ce mardi 30 juin Airbus a annoncé un plan social sans précédent. 15000 postes seront supprimés à travers le monde d'ici à l'été 2021. Le groupe annonce la supression de 5000 postes en France, 6000 en Allemagne, 1800 au royaume-Uni, 900 en Espagne et 1300 dans le reste de l'Europe. 

"Nous devons faire face à la réalité que 40% de notre activité dans le secteur des avions commerciaux a disparu et qu'il faudra très probablement beaucoup de temps pour remonter, nous devons donc prendre des mesures décisives maintenant" a expliqué le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury.

Si l'avionneur n'exclut pas des licenciements, il compte sur les départs volontaires, des mesures de retraite anticipée et sur les dispositifs de chômage partiel pour les limiter.
"Les départs contraints qui auront lieu devraient être au bout du compte bien plus limités que les chiffres annoncés aujourd'hui", a ajouté le dirigeant.

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc a sollicité "une entrevue  avec Monsieur Guillaume Faury, président d’Airbus." afin d’essayer "d’atténuer les effets de ce plan sur l’emploi des Toulousains.
 
La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, assure être "vigilante sur l'accompagnement social dont bénéficieront les salariés touchés mais aussi le respect du dialogue social" et le président du conseil départemental de Haute-Garonne, Georges Méric, "appelle à une mobilisation générale des grands donneurs d’ordre, des collectivités locales et de l’Etat."
 
Justement du côté de l’Etat, l’ampleur du plan a été immédiatement déplorée par le ministère français de l'Economie.

"Le secteur de l'aéronautique fait face à un choc massif, brutal et durable. Il est fort probable que la reprise sera progressive. Nous ne l'avons jamais caché", a-t-il réagi, rappelant le plan de 15 milliards d'euros adopté par la France en soutien au secteur aéronautique.

Airbus cloué au sol

Le coronavirus a cloué au sol la production d'Airbus. Très rapidement, au fil de l'expansion du Covid-19 à travers le monde, le lien entre la maladie et le trafic aérien est établi "Si vous imprimez cette carte (carte de la pandémie du coronavirus) et que vous la collez à la carte des vols aériens intercontinentaux, vous voyez que ça se recouvre à 100 %." constatait le 16 mars dernier, Philippe Sansonetti, titulaire de la chaire Microbiologie et maladies infectieuses, lors d'une conférence au Collège de France.

252 milliards de dollars perdus

Les pays touchés ont confiné leur population, fermé leurs frontières et stoppé leur trafic aérien. 70% à 90% des avions en Europe n'ont pas pu décoller durant plusieurs semaines. Dans une note publiée sur le site internet du Trésor Public français, intitulé "L'impact de la crise du Covid-19 sur le transport aérien, et notamment en Inde", la conseillère aéronautique et aviation civile, Corine Primois estime : "Dans le transport aérien, la crise du coronavirus devrait provoquer une perte de chiffre d'affaires de 252 milliards de dollars cette année, ce qui représenterait une chute de 44% par rapport à 2019. Le trafic passager devrait en effet baisser de 38% sur l'année."
 Aéronautique : suppression d'acquis sociaux, maintien de l'emploi, Derichebourg signe l'accord de performance collective
Depuis quelques jours les vols reprennent de façon "graduelle", en Chine, en Corée, à Singapour, en Australie et en Inde, ainsi qu’en Amérique du Nord et en Europe. Mais avec l'augmentation du nombre de cas à travers le monde, l'incertitude règne. Le retour au trafic de 2019 n'est pas attendue au niveau mondial avant 2023, au mieux, voir 2025.

Zéro commande en mai pour Airbus

Avec un trafic en baisse et un manque de liquidités, les compagnies aériennes ont également suspendu l'achat de nouveaux appareils. Conséquence : au mois de mai, Airbus a enregistré zéro commande. L'avionneur européen a réduit de 40 % sa production pour les deux années à venir ayant des conséquences directes sur ses sous-traitants, comme Derichebourg.
 
Pour soutenir la filière aéronautique en pleine zone de turbulence, l'Etat a présenté le 10 juin dernier un plan de 15 milliards d'euros pour un secteur représentant 200 000 emplois.

Combien d'emploi supprimés à Toulouse ?

A priori, pas suffisant pour Airbus. Dans une lettre adressée aux près de 140.000 salariés du groupe il y a 10 jours, Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus, faisait le constat suivant "La crise du secteur de l'aviation sera longue et d'une ampleur telle qu’elle nécessite que nous prenions des mesures plus importantes.
 
Des mesures plus importantes qui passeraient par la suppression d'environ 10 % de ses effectifs (14 000 salariés) à travers le monde. Les sites d'Airbus à Toulouse devraient connaître d'ici jeudi dans quelle mesures ils seront concernés par ce plan de restructuration.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
aéronautique économie coronavirus/covid-19 santé société crise économique